22.10.2008
Sheer.K. "Via"
18:50 Publié dans Edition 2008 | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : électro, trip-hop, hip-hop, jungle jazz, Sheer.K, Grand Prix du Disque du Télégramme
27.01.2008
Kohann. "Hypnotic"
(L'OZ PRODUCTION/COOP BREIZH)
INTERVIEW DE KOHANN PARUE LE 21 NOVEMBRE 2007 DANS SORTIES
Après cinq années de silence, Kohann réapparaît en livrant un disque envoûtant. La « Björk bretonne », appellation héritée de ses deux premiers albums, « Mil Bed » (1999) et « Don » (2002), a changé d’équipe musicale. Mais la chanteuse morbihannaise reste fidèle à un trip-hop organique, ouvert à une électro-pop volontiers dansante. Elle s’exprime toujours en bas-vannetais. Ses mots poétiques aux « r » roulés ouvrent grand les portes de l’imaginaire.
Remarquable de cohérence, le résultat est aussi « hypnotic » que le titre de l’album. Entretien avec Kohann, dont le nom signifie chat-huant en breton.
Les mélodies des dix chansons de votre nouvel album sont entêtantes. Elles sont si efficaces qu’on se dit qu’un arrangement guitare-voix aurait pu leur suffire. Pourquoi avez-vous fait le choix des musiques électroniques ?
Je voulais déjà m’inscrire dans la continuité de ce que j’ai fait précédemment. C’est moi qui écris et compose les chansons, mais je soumets les arrangements aux musiciens qui travaillent avec moi. Ces alchimistes expriment alors tout leur talent. Ils m’habillent sur mesure, c’est comme de la haute couture !
Par l’intermédiaire des machines, on peut produire des sons organiques : mer, vagues, coquillage... On peut même symboliser par des effets sonores la lune ou les étoiles, ce qu’il serait très délicat de faire juste dans un univers acoustique.
Les machines apportent une dimension à la fois intimiste et cinématographique.
Les éléments naturels tiennent-ils une large place dans vos chansons ?
Oui, je suis toujours dans l’amour de la nature, des éléments, de la sensualité.
Dans quelle langue écrivez-vous ?
En français. Ensuite mes textes sont traduits en bas-vannetais par Dominique Alain. Il les transcende. Parfois, il traduit mot pour mot ce que j’ai écrit, d’autres fois il me propose des images plus fortes encore que celles que j’avais osées. C’est un vrai travail de complicité.
Quand j’écris, je ne me pose pas la question de la sonorité que prendront mes mots en breton. C’est une langue qui sonne et pour moi, c’est une évidence que la transformation sera réussie.
Dans le titre « En Daolenn », vous chantez un peu en français et le résultat est convaincant. Ne toucheriez-vous pas un public plus vaste dans cette langue ?
Ça fait plaisir d’entendre que ça sonne bien en français, mais le breton est vraiment mon expression. C’est cette langue qui m’a fait naître vocalement. Elle est chatoyante et extrêmement gracieuse.
Le bas-vannetais m’a été transmis par ma grand-mère et instinctivement, j’ai éprouvé une grande facilité à chanter cette forme de breton. Elle représente pour moi une source intarissable et j’espère que ça va durer. Je n’ai pas pour objectif de faire plus tard un album tout en français. Maintenant, l’avenir m’apprendra le reste...
En plus de votre équipe composée d’Hervé Bruzulier, Konan et Gurvan Mevel, on note la participation à votre album de Myrdhin. Et ce qui étonne, c’est que ses harpes apportent des sonorités plus asiatiques que celtiques...
Myrdhin m’a fait l’honneur de sa présence sur les titres « Priñsez » et « Hypnotic ». Effectivement, dans le deuxième morceau, sa harpe m’a fait l’effet d’un koto. Cela me touche beaucoup parce que je suis très sensible à la culture japonaise. J’en suis imbibée depuis l’enfance. Le peuple japonais m’attire et me rend curieuse. Et j’ai un souvenir ému de l’accueil extraordinaire que le public japonais avait réservé à Kohann en 2000.
Votre voix est à la fois aérienne et enracinée, capable de monter haut, de prendre des accents enfantins. On pense forcément à Björk mais aussi à des chanteuses chinoises. Quelles influences reconnaissez-vous ?
Mon influence asiatique principale est celle de Ryuichi Sakamoto. On doit à ce compositeur et pianiste japonais les musiques des films « Furyo », du « Dernier Empereur », ainsi que l’album « Beauty » qui m’a marquée. On y retrouve un mix d’Iggy Pop et de chants traditionnels japonais. J’ai beaucoup répété ces chants. Ils font partie de mes influences.
Mais j’aime aussi la pop-dance, le rock. Kate Bush, Sinead O’Connor ou Björk font partie de mon univers, Madonna et Kylie Minogue aussi.
Je suis constituée de toutes ces influences. Et elles sont forcément compatibles puisqu’elles cohabitent à l’intérieur de la même personne !
Vous avez choisi de donner à votre album le titre de votre chanson « Hypnotic ». Est-ce l’effet que vous recherchez ?
Exactement. Mon souhait, c’est que l’auditeur se laisse emporter sans résistance dans mon univers (rires).
Propos recueillis par Frédéric Jambon
« Hypnotic » comprend un CD de dix chansons et un DVD présentant trois clips.
Site internet : www.myspace.com/kohann
ALBUM COUP DE COEUR 2007
Coup de coeur de Manu Masko (membre de Red Cardell, président du jury) : « Kohann n’a pas choisi la facilité en adoptant une musique déjà marquée par de grands noms, comme Portishead par exemple. Elle réussit parfaitement. Elle chante très bien. J’aime beaucoup ses mélodies, et je trouve le choix des effets très pertinent. De plus, elle interprète de vraies chansons, ce qui n’est pas toujours le cas des gens qui pratiquent ce style ».
19:05 Publié dans Edition 2007 | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : Grand Prix du Disque du Télégramme, kohann, chant breton, trip-hop








(LAST EXIT RECORDS)