28.01.2008

Lebowski. "La vie est une blague"

medium_CD_LEBOWSKI_07.jpg(ABLOKOUBIEN/AVEL OUEST)

Accordéon omniprésent, guitares, basse, batterie et deux voix : celle de Fanny, douce, l’autre de Mikaël, rocailleuse. Ainsi armés, les Scaërois de Lebowski (nom clin d’œil au film de Joel Coen « The Big Lebowski »), tracent leur sillon dans une chanson française poético-réaliste. La valse s’y encanaille de rock et de swing. Les musiques figuratives font penser aux Têtes Raides ou à Yann Tiersen. Pas de doute, le premier album de Lebowski est une - bonne -  blague.

Frédéric Jambon

 

ALBUM COUP DE COEUR 2007

Coup de coeur de Franck Geiswiller (directeur de Paroles & Musique à Vannes) : « Dans la lignée des Têtes Raides ou de La Tordue, Lebowski donne dans une chanson néo-réaliste française avec des textes plutôt sympas et une voix intéressante. C’est tout sauf de la varièt’. Pour un premier album, je trouve que c’est prometteur ».

 

Site : www.myspace.com/groupelebowski


 

23.01.2008

Abomifreux. "Atrocious dreadful"

medium_CD_ABOMIFREUX_07.jpg(AUTOPRODUCTION)

Une énergie dévastatrice traverse les onze titres tonitruants du premier album des Douarnenistes. Lorsqu’ils démarrent enfin un morceau (« Human’s phobia ») par quelques notes de guitare sèche, ce n’est qu’une ruse pour mieux exploser ensuite. Si, au départ, le sextet se réclamait des Ramones, il s’épanouit désormais dans un metal sans œillères, goulu de punk-rock, de scratch et d’électro. Abomifreux qualifie son style d’« Epouvantros Muzic ». Fanch, le chanteur, y hurle en anglais.

Frédéric Jambon  

 

Site : www.myspace.com/abomifreux

22.01.2008

Fannytastic. "Plusieurs"

medium_CD_FANNYTASTIC_07.jpg(PUDDING)

 Quelle Fannytastic ? Celle à la voix grave, sensuelle, parfois inquiétante, ou bien celle qui se balade avec légèreté dans les aigus ? Les deux et toutes les autres, tant la Rennaise révèle  dans ce décoiffant album rock-jazz-cabaret son habileté à être  « Plusieurs » ! La chanteuse-pianiste-accordéoniste crée  des histoires de solitude, de colère et de mariée-fantôme qu’elle interprète avec flamme et folie. Une forte personnalité, quelque part entre Gréco et Rita Mitsouko... 

Frédéric Jambon

 

Site : www.fannytastic.fr

 

ALBUM COUP DE COEUR 2007

Coup de coeur de Jason Robert (lecteur de Quimper) : « J’aime l’originalité d’un nom imprononçable, ce grain de folie proche de Camille ou Brigitte Fontaine. Elle est un peu la Arthur H au féminin. Je trouve son album audacieux, original, vivant, entraînant. J’ai plaisir à le réécouter à outrance ».

 

10.01.2008

Ministère de la Magouille et de la Jeunesse. "Ecoute ta mère et mange ton short"

medium_CD_ECOUTETA_MERE_07.jpg(LILLICO / AVEL OUEST)

 

"Ecoute ta mère et mange ton short " : le conseil du Ministère de la Jeunesse et de la Magouille aux six ans et plus est à l’image de ses concerts : loufoque et décalé. Ce live ébouriffant permet de revivre le grand show que les rockeurs rennais ont donné au festival costarmoricain Zik o’Loustic. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les gamins ne s’y sont pas ennuyés : vacances, discothèque, « Simone Dion » et même sauvetage du monde étaient au programme...

 

Frédéric Jambon

 

Site : http://ministere.magouille.free.fr

Dominic Sonic. "Phalanstère # 7"

medium_CD_DOMINICSONIC_07.jpg(WAGRAM)

Dominic Sonic est de retour. Et quel retour ! Après le fameux « Cold tears » (presque
10 ans déjà), l'ex-Kalashnikov signe un album rock de très belle facture. Enregistré à Rennes, en compagnie des Sonic Machine (Yves-André Lefeuvre à la batterie, Franck Hamel et Patrick Sourimant aux guitares), « Phalanstère # 7 » propose 11 titres taillés dans le rock : « Fuel », « Blush », « She comes from » sans oublier « Down and low » qui ouvre l'album. Titres en anglais ou morceaux chantés en français, à l'image de « La terre », digression électro aux maux qui interpellent, ce nouvel opus s'offre également deux ballades. La première, un peu blues, est empruntée à John Lennon (« Mother »). Une habitude pour Sonic qui en 1989 reprenait déjà « Cold turkey ». La seconde, qui clôt l'album, est livrée acoustique (« Je suis comme un chat »). Assurément, une des belles surprises de l'automne 2007.

Stéphane Guihéneuf

Site : www.myspace.com/dominicsonic

 

ALBUM COUP DE COEUR 2007

Coup de coeur de Caroline Margheriti (lectrice de Bourg-Blanc) : « J’aime dans cet album la multiplicité des ambiances, le son bien rock avec les guitares saturées et la musique électro. Je trouve que c’est vraiment l’artiste qui représente bien le rock vintage, presque grunge, en Bretagne ».

 

15.09.2007

Matmatah. "La cerise"

medium_CD_MATMATAH_07.jpg(UNIVERSAL)

 INTERVIEW DE MATMATAH PARUE LE 21 FEVRIER 2007 DANS SORTIES

 

 

« LA CERISE » : ROCK PUR JUS !

 

Lundi 5 mars 2007 sort « La cerise », quatrième album studio de Matmatah. S'ils ne déroutent pas, les Brestois surprennent par leur phénoménale habileté à se renouveler. Blues, mambo, balade au piano, fantaisie cajun enrichissent de nouvelles couleurs la palette résolument pop et rock de Matmatah, avec 11 titres d'une incandescente puissance. En répétition la semaine dernière à Plougastel-Daoulas (près de Brest), les quat' zefs ont pris le temps d'effeuiller pour nous cette « Cerise » rafraîchissante, gorgée de rock vintage et de folie foudroyante. A croquer !

Comment s'est passé l'enregistrement de « La cerise » ? Stan.- Après la tournée « Archie Kramer », on a commencé à maquetter les nouvelles chansons au printemps 2006. Et puis on a rencontré le directeur artistique Thierry Garacino et le mixeur américain Scott Greiner. Ils nous ont rejoints à la fin de l'été au studio Vega à Carpentras pour réaliser l'enregistrement.
Eric.- Au studio, on a essayé d'enregistrer au maximum en live parce que Thierry souhaitait retrouver et révéler sur cet album les personnalités des musiciens et toute l'énergie de la scène. On a surtout enregistré les rythmiques à Carpentras et on est revenu finir à Brest.
 

Est-ce que vous vous êtes fixé des objectifs artistiques pour ce nouvel album ? Stan.- Oui, tout à fait. On s'est dit : « On va faire du rock, comme on faisait jeunots dans le garage : basse, batterie, deux guitares. Et c'est tout ». Mais une fois au studio, on a rajouté des accords, des intervenants, des arrangements, des couleurs et du coup, on ne s'est absolument pas tenu à notre objectif initial.

Comme sur « Archie Kramer », on retrouve plusieurs invités. Comment s'est fait le choix ? Stan.- On nous a parlé du trompettiste brestois Philippe Champion : on s'est dit que ce pouvait être intéressant d'utiliser la trompette dans un nouveau registre.
Eric.- Et puis il y a certains musiciens qu'on voulait faire revenir comme Nobby Clarke ou Jacky Bouilliol. Cette fois-ci, Nobby fait du hooliganisme avéré en jouant de tout ! Quant à Jacky Bouilliol, il s'est imposé naturellement sur plusieurs morceaux. Pour le mambo « La serpeta del barrio » par exemple, on voulait un piano cubain. Et quand on voit Jacky jouer avec Los Manchacouillous, on se dit qu'il est l'homme qu'il nous faut. Tout au long de l'album, on a cherché les évidences.

L'album ouvre avec « La cerise », premier single et titre du CD, qui suscite déjà le débat autour de la religion. Etait-ce votre ambition ? Stan.- Ça faisait longtemps que je voulais écrire sur la religion. Mais cette chanson a été composée bien avant les polémiques sur les caricatures. De toute façon, des polémiques, il y en a toujours eu. Mais « La cerise », c'est plus une réflexion sur les incertitudes. On ne peut savoir s'il y a ou pas quelque chose après la mort. Donc on interroge notre conscience. Plus que la religion en elle-même, on évoque les doutes sur l'existence de quelque chose après la mort.

On trouve trois titres en anglais sur cet album, dont le furieux « Now we have a pen » qui incite à faire tomber les armes. A qui s'adresse ce message ? Stan.- C'est sûrement lié au contexte international. On a eu beau faire « Alzheimer » sur le précédent disque, il y a toujours la guerre. Et c'est même pire aujourd'hui. Alors on remet une couche. Ça peut paraître facile ou démago, mais en même temps, c'est une évidence. Et on avait envie de le dire.
 

Autre morceau en anglais : le blues « Pony the Pra ». Quelle est l'histoire de ce morceau ? Stan.- Je suis tombé sur « Book of blues » de Jack Kerouac, un recueil de « chorus » (comme il les appelle) qui sont en quelque sorte des poèmes. En lisant le poème « Pony the Pra », l'idée m'est venue de le mettre en musique. Et je trouvais que ça sonnait vraiment blues. Le teexte de Kerouac est en intégralité dans le dernier couplet de la chanson. J'ai écrit les deux premiers couplets. Je les ai montrés aux Américains et ils ont donné leur accord. Alors on l'a fait. Ce qui est marrant dans cette histoire, c'est que le poème a été écrit en anglais par Jack Kerouac, auteur américain aux origines bretonnes. Et aujourd'hui, son texte est repris en anglais et montré aux Américains par des Bretons. Le parallèle est amusant. Pour la musique, on a choisi de faire un blues parce qu'on aime ça depuis toujours. Or c'est vrai qu'on en a rarement fait. Mais maintenant, on est assez adultes pour faire du blues (sourire).

Au-delà des nouveaux instruments, vous semblez avoir pris plaisir à ajouter, par exemple, des claps de mains sur plusieurs titres. Est-ce pour leur côté ludique ? Eric.- Ça va avec la couleur un peu vintage de l'album.
Stan.- Les claps de mains apportent une fraîcheur, un côté organique. Ça réhumanise un peu. Les Stooges faisaient beaucoup ça : ils étaient très électriques et ajoutaient quelques touches pour rendre ça plus ludique. On aime bien s'amuser avec ça : apporter aux textes un peu sombres un contre-pied musical plus léger, plus frais. Même si ça semble anachronique, ça colle bien.
Eric.- Ça nous a toujours plu, la musique qui arrive en contre-pied du texte. Il y a des groupes français qui estiment que si le texte est sombre, la musique doit l'être aussi. Mais si on ne fait que ça, c'est à se tirer une balle à la fin. A l'inverse, nous on préfère dédramatiser le texte avec une musique totalement décalée. C'est rigolo. Ça donne une profondeur, un second degré.
 

Vous allez partir en tournée dès le mois d'avril 2007. Est-ce que ça vous manque de jouer dans des petits bars ? Eric.-Non, parce que ce n'est pas la taille de l'endroit qui compte. Que l'on joue dans des petites ou des grandes salles, c'est toujours devant des inconnus. Et c'est toujours le même plaisir.
Stan.- Et puis quand on joue à l'étranger où on est moins connu, c'est un peu comme si on débutait. Ça nous fait le même effet.

Propos recueillis par Gwenaëlle Fleur

 

Site officiel : www.matmatah.com

 

ALBUM COUP DE COEUR 2007

Coup de coeur de Gwénaëlle Fleur (Le Télégramme) : «Le groupe brestois a annoncé sa séparation pour la fin de l’été 2008 après 4 albums-studio et 13 ans d’activisme réjouissant sur les scènes internationales. Ce dernier CD est un véritable bijou taillé dans le rock ! Bouillonnant d’influences 70’s, truffé de subtiles harmonies vocales, il séduit par ses audaces (aaah, « Le festin de Bianca »). Quelque part entre Stooges, Bowie et Beatles, cette « Cerise » a un goût sauvage. A croquer d’urgence ! ».

 

07.02.2007

Red Cardell. "Naître"

 

medium_CDREDCARDELL06.jpg

ETHNO ROCK CHANSON

(KELTIA MUSIQUE) 

 

Après deux live rapprochés, le nouveau bébé de Red Cardell est un « pré-mature-live » du bal-spectacle, dans le désordre et sans les images. Mais « Naître » est d'abord et surtout un virage pour le groupe. Et moins par le concept que par l'ouverture sur de nouveaux - et grands - espaces : ceux que dévoilent les choeurs « balkaniques » ou orientaux - non, non, Penfleps n'est pas mort... -, la fusion magique entre les voix ukrainiennes et celle de Louise Ebrel, des cuivres chaleureux, le talentueux touche-à-tout instrumentiste Pierre Sangra, des scratchs incisifs et, plus lumineux que jamais, un accordéon-caméléon multiculturel (Europe de l'Est, Bretagne, Argentine, Maghreb...). Autant de moyens pour éclairer des morceaux unis dans la diversité des styles (rock, rap, valse, kazaktchok, techno-world...), et pour en sublimer certains (« Coeur léger », « Poitou », « Là où je vais »). Si l'on savait déjà que Jean-Pierre Riou, dont « Voir » magnifie l'émotion à fleur de peau, et Jean-Michel Moal - le silence qui suit « Le sable » est encore de lui - avaient besoin l'un de l'autre pour se révéler, on sait aussi maintenant que Red Cardell avait besoin de Manu Masko pour être mis aux - nouveaux - mondes. Re- « naître » et devenir grand.

Pascal Cabioch

 

ALBUM LAUREAT DU GRAND PRIX DU DISQUE DU TELEGRAMME 2006

 

RED CARDELL :  "CA DONNE LA PECHE !"

«Recevoir le Grand Prix du Disque du Télégramme, c’est valorisant, on en est très fier. La première chose qu’on s’est dite en apprenant qu’on était les lauréats, ça a été : ça donne la pêche ! ». Juste retour des choses puisque donner une pêche d’enfer à son public est l’une des caractéristiques du trio breton. Et cela dure depuis quinze ans.

Le mélange d’ethno-rock-chanson française propre à Red Cardell fait mouche à tout coup. Le Locquirécois Jean-Pierre Riou (chant, guitare, bombarde), le Quimpérois Jean-Michel Moal (accordéon chromatique et MIDI) et le Niortais Manu Masko (batterie, programmations) en sont à leur troisième participation au Grand Prix du Disque du Télégramme. A chaque fois, ils ont fait chavirer le jury. En 2004, il lui a décerné un coup de cœur pour l’album « Sans fard », puis un autre l’année suivante pour le live « Bal à l’Ouest ». L’obtention du Grand Prix apparaît comme un aboutissement logique.


Indépendance


La satisfaction des membres de Red Cardell est d’autant plus légitime qu’ils ont conçu « Naître » à 100 %. En plus de l’écriture et de la composition des morceaux, ils ont réalisé seuls la production, l’enregistrement et le mixage de cet album paru sous licence chez Keltia Musique.
Est-ce le signe d’une farouche volonté d’indépendance ? « Le choix nous a été un petit peu imposé par un marché où il est de plus en plus difficile de trouver une production », constate Jean-Pierre Riou. « Au-delà de l’idée d’indépendance qui relève d’un concept plus philosophique, nous avons conçu un système garantissant la pérennité du groupe. Le principe, c’est de créer l’actualité en sortant un album tous les ans. Cela permet de maintenir vivant tout un réseau de gens qui s’intéressent à notre travail ».

1.500 concerts

Depuis sa création en 1992, Red Cardell (la traduction de ce nom anglo-breton est « Fumier Rouge ») a conquis son public sur scène grâce à des prestations rayonnant d’énergie et de créativité. Avec 1.500 concerts au compteur, le groupe a fidélisé des inconditionnels en Bretagne, dans toute la France, à l’étranger également. Ainsi, en 2006, le trio s’est produit en Allemagne, en Suisse et en Ukraine. Une véritable histoire d’amour semble lier Red Cardell à l’ancienne république soviétique. Tout a commencé par l’invitation qu’un groupe ukrainien rencontré à Douarnenez 2004 a lancée aux Bretons. Ils ont alors participé à un festival à Kiev devant 30.000 personnes conquises. Depuis, ils retournent régulièrement jouer dans ce pays où les médias les suivent de près.
Toujours gourmand de nouveaux métissages, Red Cardell a intégré une parcelle d’Ukraine dans « Naître », et pas seulement sur la pochette qu’illustre une jeune fille en habit traditionnel.
Le groupe projette de tourner cet été dans les festivals français avec des musiciens ukrainiens présents sur l’album.
L’année 2007 sera décidément un grand cru. Pour fêter ses quinze ans d’existence, Red Cardell sortira son dixième album en compagnie d’invités avec lesquels des sympathies se sont nouées au fil du temps. Marcel Azzola, Dan Ar Braz, Stéphane Mellino des Négresses Vertes, Gérard Blanchard en seraient... Mais c’est déjà une autre histoire.

Frédéric Jambon

 

INTERVIEW DE RED CARDELL

" NOTRE FORCE, C'EST D'ETRE UN GROUPE DE SCENE "

 

Red Cardell a le don d’intégrer toutes sortes d’influences sans jamais y perdre son âme. Dressé depuis longtemps, le constat n’a jamais été aussi vrai qu’avec « Naître ». Jean-Pierre Riou revient sur l’histoire de ce disque magistral.

 

Comment est né « Naître » ?
C’est l’album-studio du spectacle « Red Cardell fait son bal », même si les morceaux ne sont pas présentés dans le même ordre. On a pu l’élaborer à Quimper grâce à la confiance du Théâtre de Cornouaille. Pendant un an et demi, on s’y est retrouvé à raison de trois ou quatre jours de répés par mois. On y a créé et enregistré tous les titres. C’est là aussi que j’ai écrit les textes.
Quel est le thème du spectacle et de l’album ?
La transmission. On s’est dit que ce serait bien de bâtir une histoire et on a choisi d’illustrer la vie d’un individu, depuis le moment où il est dans le ventre maternel jusqu’à celui où lui-même devient parent. L’idée a permis de cadrer les thèmes des chansons ainsi que l’évolution du spectacle.
La transmission renvoie également à toutes les influences musicales qui nourrissent les trois membres de Red Cardell. Nos goûts à chacun, notre façon d’interpréter, sont aussi le résultat de ce qui nous a été légué. L’identité du groupe résulte de notre manière de réunir toutes ces influences en nous mettant d’accord sur les couleurs, les sons, les productions.
Ukrainiennes, bretonnes, rock, hip hop, africaines... : les influences à l’intérieur de « Naître » sont multiples. Comment procédez-vous pour créer un morceau ?
La grande force de Red Cardell, c’est d’être un groupe de scène dont les membres jouent ensemble depuis très longtemps. On sait que sur trois jours de répés, on aura toujours la faculté de sortir des nouveaux titres parce qu’ils s’appuient sur le travail effectué en concert et pendant les balances qui les précèdent. Quand une balance marche bien, on règle notre son de scène en dix minutes. Et comme une séance dure une heure et quart, on en profite alors pour tenter de nouvelles expériences. Manu envoie un sample qu’on n’a encore jamais entendu et on commence à tricoter dessus. Cela va donner une idée de mélodie à Jean-Michel et on va bosser dessus pendant une demi-heure. Du coup, lorsqu’on se retrouvera plus tard en répétition, on pourra s’appuyer sur ces bases-là.
Quelle est l’histoire de « Poitou », le morceau réjouissant qui ouvre l’album ?
Le point de départ est une trouvaille de Manu au Cerdo de Parthenay, qui est l’équivalent en Poitou de Dastum en Bretagne. Comme on faisait un travail sur la transmission, on a essayé de trouver des choses dans ces lieux de mémoire. Manu est tombé sur le sample d’un paysan nommé Léonce Létang, enregistré en 1972 par un collecteur. Léonce chante à son cheval. Il lui interprète un chant de labour où l’on ne sait pas trop s’il crie, parle ou chante. On entend bien une harmonie dans sa voix, alors on a commencé à bœufer dessus. On a ensuite essayé de mélanger ça à un plinn, puis d’y ajouter un riff un peu groove. Cela fonctionnait et a suggéré à Jean-Michel une autre mélodie. Il l’a travaillée de son côté et quand il nous en a montré la grille on s’est tous dit, bien sûr, évidemment, c’est ça !
Vous n’aviez jamais fait appel à des invités dans vos précédents albums. Sur « Naître », ils sont 14 ! Pourquoi ?
Le premier invité a été Pierre Sangra, qui joue souvent avec Thomas Fersen. Nous souhaitions qu’il nous apporte les couleurs de ses violon, ukulélé, mandoline et oud sur plusieurs morceaux.
Par ailleurs, nos voyages en Ukraine nous ont donné l’amour des musiques de ce pays, et tout particulièrement de ses chœurs. Ils arrangent les voix d’une façon très particulière. On a eu envie d’en intégrer à l’album. On a demandé à notre ami ukrainien Oleg, le chanteur du groupe Vopli Vidopliassova, de nous aiguiller vers des musiciens. Il nous a présenté des virtuoses de la trompette, du violon, du cymbalum ainsi que le groupe de chanteuses qui intervient sur « Naître ». Nous avons demandé aux filles d’interpréter un morceau en breton.
Les enregistrements ont été effectués à Kiev. A notre retour en Bretagne, on a proposé à Louise Ebrel, fille et nièce des sœurs Goadec, de chanter dessus. Elle a accepté et le résultat était hyper-magique ! Alors on s’est dit que ce serait bien de solliciter Farid Aït Siameur pour qu’il vienne poser des vocalises de chant arabo-andalou...
Quel accueil les Ukrainiens réservent-ils à votre musique ?
Fantastique ! Le public des gros festivals où nous avons joué, et où nous étions d’ailleurs le seul groupe d’Europe de l’Ouest à l’affiche, s’est montré enthousiaste. Il découvre les musiques du monde. Par exemple, il ne connaissait pas la musique maghrébine. La richesse mélodique de la musique bretonne ou le son de la bombarde lui plaisent énormément. Les Ukrainiens aiment l’idée du mélange. Et comme on intègre beaucoup de chanson française dans la musique de Red Cardell, voilà encore un aspect différent qui les séduit.
Etes-vous médiatisés dans ce pays ?
On passe à la télé, nos concerts sont retransmis... C’est étrange parce qu’en France, ça fait quinze ans qu’on a beaucoup de mal à avoir accès aux médias nationaux alors que là-bas, en seulement deux ans, on bénéficie d’une belle reconnaissance.
F.J.

 

COMMENTAIRE DE YANN TIERSEN : "UN VRAI SENS DE L'OUVERTURE"

Le lauréat du Grand Prix du Disque du Télégramme se voit proposer la présidence de l’édition suivante. Comme ses prédécesseurs Denez Prigent et Christophe Miossec, Yann Tiersen a accepté le rôle. Et c’est un président heureux qui a entériné la victoire de l’album « Naître » de Red Cardell.
« Je trouve ça génial que le prix revienne à un groupe qui tourne depuis très longtemps et a déjà enregistré plein d’albums,  s’enthousiasme Yann Tiersen. Surtout que dans "Naître", notamment par ses échanges avec des musiciens ukrainiens, Red Cardell témoigne encore d’un vrai sens de l’ouverture. Sa victoire me fait vachement plaisir ».
Les musiciens de Red Cardell ont accepté de devenir les présidents du cinquième Grand Prix du Disque du Télégramme qui consacrera le meilleur album possédant un lien avec la Bretagne sorti en 2007.

 

Site officiel : www.redcardell.com

 

 

 

 

Calibistrixe. "There won't be dead flowers in paradize anymore"

medium_CDCALIBISTRIX06.jpgELECTRO-ROCK

(BOCAL MUSIC)

 

Les Quimpérois de Calibistrixe livrent un premier album d’électro-rock déjà  mature. Leurs influences revendiquées vont de Sonic Youth à Abstrackt Keal Agram en passant par Radiohead,  Nirvana ou encore Archive.
Elles sont bien assimilées.  Le quartet habille ses textes en anglais de guitares et de machines. Il développe des atmosphères en clair-obscur, planantes et énergiques. Et si les textes s’interrogent sur le sens de la vie, ils demeurent porteurs d’espoir.

Frédéric Jambon

ALBUM COUP DE COEUR 2006

 

Coup de coeur de Patrice Le Berre (Le Télégramme)

«Intrigant, incisif, le premier album de ce jeune groupe d’électro-pop constitue une carte de visite singulièrement séduisante. Les compos, baignées d’éclairs rageurs et de lignes mélodiques lumineuses, surprennent par leur maturité et leur fluidité. Les influences sont évidentes mais bien digérées et jamais trop envahissantes. Avec autant de rares qualités en main, Calibistrixe semble promis à jouer rapidement des coudes en première division de la scène rock régionale ».

 

 

 

Site officiel : www.calibistrixe.com

 

Merzhin. "Pieds nus sur la braise"

ROCK

(SONY BMG) 

 

 ALBUM COUP DE COEUR 2006

 

Coup de coeur de Nathalie Simon (lectrice de Landivisiau)

 «Cet album est génial. Il y a de l’énergie communicative, de l’acoustique et de l’électrique comme on les aime, surtout dans les sublimes titres "Fanny" et "Poussières". Un vent d’air breton souffle si fort sur ce disque et cet univers qu’on ne peut que se laisser emporter au large de notre imagination. Les portes d’une reconnaissance bien méritée n’ont jamais paru aussi proches pour Merzhin».

 

medium_merzhin.jpgLes rockeurs landernéens de Merzhin célèbrent leur dix ans d'existence en sortant leur troisième album : « Pieds nus sur la braise ».

« Pieds nus sur la braise » consacre la première décennie de Merzhin. Groupe de scène avant tout, tournant inlassablement dans des salles galvanisées par son énergie festive, le combo landernéen est estampillé « rock celtique » depuis ses débuts. Son nouvel opus décolle l'étiquette. Certes, Merzhin demeure adepte d'un « rock qui bombarde », mais sa palette de couleurs et d'émotions musicales s'est considérablement élargie. Le sextet conserve sa redoutable efficacité. Il gagne aussi en profondeur en abordant des zones plus sombres.

« On a voulu faire évoluer notre son parce qu'on pense que la musique bretonne est une musique d'ouverture

, explique Pierre, le chanteur et auteur des textes avec Vincent, l'un des deux guitaristes.

Nous avons marié la bombarde à d'autres instruments. Ludo joue également du saxophone et de la clarinette ».

Le changement s'entend dès les premières notes du disque où « Pavillons kamikazes » ouvre sur de la trompette avant de libérer un rock'n roll puissant. C'est l'une des chansons engagées de « Pieds nus sur la braise ». « Souriez » (contre la dérive sécuritaire des caméras), ou la reprise explosive des Shériffs « A la chaleur des missiles », sont d'autres traductions du regard inquiet que Merzhin porte sur notre monde.

Le septième homme

Le groupe aborde des thèmes divers : le jeu (« Fanny »), le refus de quitter l'enfance (« La cour des grands »), l'amour chaud («Torche vivante »), l'envie de partir sur la route (« Western »)... « Au bout de la scène » est un titre que le groupe dédie à son public. Pierre y chante d'une voix douce, légèrement en retrait, tandis que le sax fait tourner un thème traditionnel breton avant de céder la mélodie à une clarinette aux accents orientaux. Cette richesse de climats porte aussi la griffe de Matthieu Ballet. Merzhin a confié la réalisation de son album à cet arrangeur connu pour ses collaborations avec Miossec et Yann Tiersen.

« Il est venu avec nous dès les répétitions lorsqu'on en était encore à l'élaboration des morceaux,

raconte Pierre.

Il nous a apporté énormément : c'était un peu le septième homme du groupe. A six, on n'est pas toujours d'accord, lui savait trancher et rallier tout le monde ».

Frédéric Jambon 

Site officiel : www.merzhin.net

Frigo. "Funambul"

medium_frigo.jpgELECTRO-ROCK

 (BIG TRIP)

Il faut reconnaître un grand mérite à Frigo : celui de s'aventurer sur des territoires rarement explorés par des musiciens français. Car si le trio a vu le jour du côté de Quimper, on songe volontiers aux Allemands de Kraftwerk ou aux Ecossais de Boards of Canada à l'écoute de son post-rock éthéré et tendu, fait de nappes planantes et de guitares rageuses. Pour leur premier album long format, après plusieurs maxis très remarqués, les Bretons se sont donné les moyens de frapper un grand coup. Mixé par le très réputé Mario Thaler (The Notwist, Lali Puna...), « Funambul » fait la part belle à des collaborations très pertinentes (Tepr, Troy von Balthazar, Scoot Mc Cloud). Toujours sur un fil entre expérimentation et simplicité harmonique, les dix titres (chantés en anglais à l'exception de « Borderline ») séduisent par leur caractère hybride et leur atmosphère rêveuse. Bon voyage au-dessus des nuages..

Martin Vaugoude

 

ALBUM COUP DE COEUR 2006

 

Coup de coeur de Gaëlle Monfort (lectrice de Scaër)

« Je n’aime pas particulièrement l’électro. Mais les Quimpérois de Frigo nous emportent dans leur spleen électronique et nous font rêver à d’autres univers enchantés. Et moi, je pars avec eux ! ».

 

 

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