18.10.2009
Ar Vreudeur Morvan
(COOP BREIZH)
Page "Interview" du Télégramme du 13 mai 2009
Les frères Morvan. "C'est la marche du temps"
Les frères Morvan sont les symboles des traditions vivantes en Bretagne. Pour marquer leurs 50 ans de kan ha diskan, Coop Breizh sort un double CD le 15 mai 2009. Il contient 32 morceaux, dont des trésors issus d’anciens collectages. On peut ainsi écouter la voix de leur mère, qui a transmis à ses fils son riche répertoire.
François, Henri et Yvon sont restés fidèles à la ferme familiale de Botcol, en Saint-Nicodème, en centre-Bretagne.
Dix ans après « Fest-noz à Botcol », vous allez sortir un nouvel album, le double CD « Un demi-siècle de Kan ha Diskan ». À quelle envie correspond ce disque ?
HENRI. Ce n’est pas nous qui l’avons demandé.
YVON. En fait, c’est Coop Breizh qui nous poussait depuis longtemps à sortir un nouveau disque pour marquer nos 50 ans à chanter.
D’où viennent les 32 morceaux ? Êtes-vous allés en studio en enregistrer de nouveaux ?
Y. Il n’y a pas vraiment de nouveautés. Il ne peut pas y en avoir d’ailleurs, puisque tout ce que nous chantons, c’est ce que nous a transmis notre mère qui le tenait elle-même de nos grands-pères. Ce qu’on peut quand même considérer comme des « nouveautés », ce sont des enregistrements qu’a retrouvés Jean-Yves Le Corre, de Coop Breizh.
H. Il y en a même qui avaient été enregistrés à notre insu. On ne savait pas qu’ils existaient.
Y. C’est le cas du « Bloavezh mat » que chante notre mère, seule. On ne l’avait jamais entendu. Il vient probablement d’un collectage qu’avait fait Claudine Mazéas ici même, à la maison, à la fin des années 50. C’est elle qui avait organisé notre tout premier enregistrement et aussi le disque « En passant par la Bretagne » de 1962. Elle a donné tous ses collectages à Dastum Rennes.
C’est émouvant d’entendre la voix de votre mère...
H. Ah oui alors.
Y. En plus de « Bloavezh mat », il y a le morceau que la mère chante avec Henri, mais celui-là, on le connaissait déjà.
H. Peut-être le regret, c’est de ne pas avoir de kan ha diskan avec elle comme on le pratique maintenant. On n’en a pas d’enregistrement alors qu’on l’interprétait ensemble.
Y. J’ai commencé à aider ma mère à traire les vaches à l’âge de 13 ans et je me rappelle que, dans l’étable, on chantait. C’est comme ça que j’ai appris. Le soir aussi, après la soupe. On ne peut pas se rendre compte étant jeune comme ça peut venir vite ! En deux ou trois soirs, on connaissait une chanson.
H. Et si on se trompait, la mère disait : « Attention, vous avez passé un couplet ! ». Et elle nous montrait.
Parmi les chansons que l’on trouve dans le nouveau disque, quelles sont la plus récente et les plus anciennes ?
Y. La chanson sur la guerre 39-45 est la plus récente, c’est sûr.
H. Il y en a beaucoup du XIXe siècle, voire avant. Comme la gwerz « Ar plac’h libertin ». Elle raconte un drame qui s’est passé en 1743. Une jeune fille avait mis au monde cinq enfants et les avait tous tués. Elle avait été jugée à Rennes.
La chanson « Menez Bre » est un chant à danser, mais ce n’est pas du kan ha diskan. Comment appelez-vous ce style ?
Y. « A-bep eil poz ». C’est le système ancien tel que le pratiquaient ensemble nos grands-pères, dans les années 1870/1875. Ça ne date pas d’hier ! Un commençait, et l’autre, au lieu de répéter la phrase comme dans le kan ha diskan, la continuait.
H. Il faut vraiment que les compères connaissent bien la chanson et s’appliquent, parce que c’est assez compliqué de reprendre juste après l’autre.
Le livret d’une soixantaine de pages présente toutes les paroles, des dessins et des photos récentes et anciennes. Comme celle de votre maman près de la cheminée, ou celle d’Yves, le quatrième frère Morvan aujoud’hui décédé, chantant avec vous.
Y. C’est pour imager un petit peu ces cinquante ans. C’est la marche du temps !
Est-ce que ce « demi-siècle de Kan ha Diskan » a passé vite ?
H. Oui ! Les premières années, c’était plus cool bien sûr. On chantait deux trois fois dans l’année, en hiver, et puis c’est tout. Puis tous les ans, ça a augmenté.
Y. On n’aurait jamais pu imaginer que 50 ans après, on aurait sillonné la Bretagne comme on l’a fait, et que le public continuerait à venir danser comme ça.
H. Non, ça, on ne pouvait pas l’imaginer, c’est formidable. D’autant plus que juste après la guerre, ceux qui chantaient en breton dans les mariages n’étaient plus toujours écoutés, et hués parfois ! À ce moment-là, les gens voulaient du français.
Grâce à des gens comme vous, le patrimoine culturel a pu perdurer...
Y. Maintenant, on se rend compte qu’on a pu transmettre un patrimoine régional, même s’il n’existait pas partout. Il y avait des endroits où on ne trouvait pas de chanteurs de kan ha diskan. Déjà juste au nord de chez nous, vers Bulat-Pestivien, ce n’était pas vraiment connu.
H. Nous, nous avons eu la chance qu’ici, il y avait un noyau de villages, quelques fermes, où plusieurs familles de chanteurs avaient gardé la tradition de l’ancien temps.
L’interprétation des frères Morvan possède une cohésion et une couleur uniques. Comment l’expliquez-vous ?
Y. Par le fait que nous soyons toujours restés ensemble. Si chacun avait eu sa maison, sa famille, on n’aurait pas pu faire ce que l’on a fait. François a arrêté d’aller au fest-noz avec nous, mais pendant 41 ans, à part peut-être deux ou trois fois où l’on n’avait chanté qu’à deux, nous avons été tout le temps tous les trois.
Samedi 18 juillet 2009 , vous jouerez avec Les Tambours du Bronx sur la plus grande scène du Festival des Vieilles Charrues à Carhaix, qui souhaitait vous rendre hommage. Que préparez-vous alors ?
Y. Pour l’instant, on ne prépare rien, on attend. Jean-Jacques Toux et Jean-Philippe Quignon (NDLR : les programmateurs des Vieilles Charrues), sont venus nous voir au mois de novembre avec une question : « Si on vous demandait de monter une fois sur la grande scène, accepteriez-vous ? ». Alors Henri a répondu : « Oh, je crois qu’elle ne sera pas assez solide pour moi ! » (rires).
H. Il fallait bien aussi que je dise quelque chose (rires) !
Y. Ils ont ajouté : « Vous jouerez avec Les Tambours du Bronx ». Nous, on se regardait : on se demandait ce que ça allait être. On ne les connaît pas. Les deux nous ont demandé de prendre le temps de réfléchir, mais je leur ai dit : ce n’est pas la peine d’attendre, je vais vous donner une réponse tout de suite. Parce que ça ne sert à rien de rester huit jours à se demander ce qu’on va décider, on n’en saura pas plus que maintenant. Puisque vous venez pour nous demander d’aller, je suis presqu’obligé de dire oui.
Si on avait promis de chanter dans un autre endroit ce jour-là, on n’aurait pas pu. Mais puisqu’on était libre, alors on a accepté.
Qu’est-ce que vous chanterez alors ?
Y. Ce qui est prévu, c’est de faire une répétition avant avec Les Tambours du Bronx. Jean-Jacques Toux leur a envoyé des enregistrements de nous, ils vont choisir dans nos morceaux ceux auxquels ils ont envie de s’adapter.
Vous chanterez tous les deux sur le devant de la scène Glenmor ?
H. Oui, et Les Tambours du Bronx seront autour. Ils joueront certainement seuls aussi à certains moments. Le concert durera une heure.
Vous êtes des habitués des Vieilles Charrues : c’est toujours vous qui tracez le premier sillon marquant l’ouverture du festival...
H. Oui, et on le fera cette année encore. Mais ça au moins, ce n’est pas compliqué !
Propos recueillis par Frédéric Jambon
REPERES
Naissance. Les frères Morvan sont nés dans leur village de Botcol, en Saint-Nicodème : François le 4 décembre 1923, Henri le 5 octobre 1931 et Yvon le 30 septembre 1934.
Discographie. « Ar Vreudeur Morvan » (1974), « Fest-noz à Botcol » (1999). Ils apparaissent sur d’autres disques dont « En passant par la Bretagne » (1962). Sortie officielle du double CD « Un demi-siècle de Kan ha Diskan » (Coop Breizh) le vendredi 15 mai 2009.
18:27 Publié dans Edition 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : les frères morvan, musique bretonne, "un demi-siècle de kan ha diskan", grand prix du disque du télégramme
Pascal Lamour. "Avais-je rêvé ?"

(BNC PRODUCTIONS)
L'électro-shaman vient de sortir «Avais-je rêvé ? ». Un neuvième album que le chanteur et musicien vannetais présente dans un coffret CD/DVD richement illustré.
«J'ai choisi cette thématique il y a deux ans, explique PascalLamour. Et en cette période de crise, c'est le moment ou jamais pour rêver!». Le chanteur vannetais, surnommé «l'électro-shaman», sort dix nouveaux titres en gardant son univers sonore unique. Cet alchimiste des sons prend toujours un malin plaisir à marier les musiques électroniques aux instruments traditionnels celtiques.
Le morceau «Avais-je rêvé?», qui donne son nom à l'album, est le premier rédigé dans la langue de Molière: «J'ai voulu écrire une chanson en français tout en gardant l'état d'esprit et la rêverie propres au breton, afin que tout le monde puisse comprendre». Le reste de l'album est en breton. Pour la musique, PascalLamour s'est entouré de sa bande habituelle: Mourad Aït Abdelmalek à la batterie et aux percussions, André Le Meut au biniou et à la bombarde, ainsi qu'Yvonnick Le Nédic, Daniel Millarec et Iwan Kalvez aux caisses claires écossaises. Mais sur certains morceaux, il a aussi invité quelques amis à se greffer au groupe: Louise Ebrel, Nolwenn Korbell, Jo Le Sergent et Marcel Jaffré prêtent leur voix de bonne grâce, et Raphaël Chevalier, habitué à jouer avec Da Silva ou Denez Prigent, use de son violon enchanteur.
PascalLamour a mûri ces chansons lors d'une résidence au centre Amzer Nevez à Ploemeur. Puis, il s'est enfermé pendant trois mois pour enregistrer et mixer le tout. «C'est un luxe d'avoir mon propre studio pour prendre le temps d'aller au bout de mes idées», reconnaît-il. Outre un livret de 48 pages, illustré des photos de Myriam Jégat, le coffret contient un DVD de plus d'une demi-heure. On y découvre notamment des extraits du concert donné en octobre2007 au Théâtre Anne de Bretagne à Vannes, la vidéo de son passage à la Beaujoire à Nantes pour Celtica, un reportage sur sa démarche musicale, une interview et le clip du titre «Kornig en Diaoul ». Avec la tournée au Maroc et au Vietnam qui se prépare pour 2010, l'électro-shaman n'a pas fini de rêver éveillé...
Laurent Guenneugues
Interview parue le 27 août dans la série "Bretagne multisonore" du Télégramme
Pascal Lamour. "Je préfère l'être à l'avoir"
Le musicien et producteur PascalLamour est le dernier invité de notre série d'été «Bretagne multisonore». Riche d'une formation classique et moderne, ce sonneur émérite maîtrise aussi l'électro. Il crée une musique onirique enracinée, flattant l'imaginaire et l'esprit de transe, comme dans son dernier opus, «Avais-je rêvé».
Comment vous présenteriez-vous à quelqu'un qui ne vous connaît pas ?
Je souscris complètement à l'appellation d'«électro-shaman» que m'a donnée un journaliste de RFI. Parce que je présente un mélange de musique électronique et de musique traditionnelle bien ancrée dans la terre bretonne. C'est peut-être la musique traditionnelle de demain...
Votre nouvel album «Avais-je rêvé» en offre une illustration pleine de magie. Cherche-t-il à ouvrir l'imaginaire de ses auditeurs ?
Voilà ! On a un imaginaire extraordinaire en Bretagne mais il peut aussi être mal compris. Parce que je me rends compte que le cinéma ou la télé tendent à imposer leurs propres images à des gens qui, lisant moins, n'auraient pas encore développé leurs visions personnelles. Alors, je souhaitais attirer l'attention sur cet élément particulier : c'est important de savoir créer ses propres rêves à partir de l'imaginaire collectif de Bretagne.
Vos morceaux ont un effet hypnotique. Recherchez-vous la transe ?
Oui, depuis plusieurs albums déjà, et sur scène également. La composition particulière de mon groupe y prédispose avec trois joueurs de caisses claires de bagad qui utilisent aussi des toms, un batteur, et Dédé Le Meut aux biniou et bombarde, à mon côté, où je chante et joue de divers instruments.
C'est une formation de scène étonnante, sans basse, sans guitare...
Je n'en connais pas d'autres comme celle-là. Je dis souvent que ce sont les caisses claires qui nous servent de guitares. Nous jouons ensemble depuis plusieurs années et même plus de vingt dans le cas de Mourad, le batteur. Cela nous a permis de trouver un son de groupe. Il illustre le côté personnel, «électro-shaman», d'une musique correspondant à mes influences artistiques, mais aussi à mes propres recherches en médecine traditionnelle par exemple.
Chantez-vous en vannetais en raison des sonorités de la langue ?
Je défends le fait que la langue bretonne soit universelle pour tous les Bretons. Mais il y a des dialectes dans toutes les régions. Le nôtre, le vannetais, a un côté très fluide. Son chuintement donne une couleur avec laquelle on peut créer facilement des rythmiques.
Quand avez-vous commencé à unir machines électroniques et musique bretonne ?
En 1986. Nous avons été précurseurs avec le groupe Arkan, au temps des rave-noz. Mais pour moi, les machines ne sont rien d'autre qu'une lutherie, un instrument aux possibilités de synthèse et de rythmiques incroyables, qui s'étudie et se travaille au même titre que les autres.
En plus de vos activités de musicien, vous avez fondé le label BNC. Que signifie ce sigle ?
«Bénéfice non commercial ». C'est une façon d'affirmer que le bénéfice de la musique ne se comptabilise pas forcément d'une manière commerciale. Le label fonctionne par coups de coeur et rencontres. Comme en période de crise du disque, le nombre de producteurs diminue, je suis de plus en plus sollicité. Il y a actuellement une douzaine d'artistes sur le label BNC. Et j'ai dû réaliser une centaine d'albums dans mon studio d'enregistrement. La dernière production est l'album de Myrdhin, «D'île en île».
N'avez-vous jamais regretté de quitter le confort de votre pharmacie pour le monde plus aléatoire de la musique ?
Non, parce qu'un revenu monétaire, c'est bien, mais ce n'est pas suffisant. Je ne suis, de toute façon, pas quelqu'un qui nourrit des regrets et j'aurais été beaucoup plus malheureux de ne pas tenter l'expérience. Disons que je préfère l'être à l'avoir.
Propos recueillis par Frédéric Jambon
16:59 Publié dans Edition 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pascal lamour, "avais-je rêvé ?", grand prix du disque du télégramme, électro-shaman, musique bretonne
Ampouailh. "Fest-noz ar Gêr Wenn"

(COOP BREIZH)
Pourquoi cette bande de chenapans (traduction du breton Ampouailh) centre-bretons fait-elle un tabac en fest-noz ? Parce que sa musique est un solide alliage d'énergie, de traditions et de créativité au groove rafraîchissant. Accordéon diatonique, guitare acoustique et batterie fine accompagnent le couple bombarde-saxophone dans ses voyages à travers les terroirs. Leurs kost ar c'hoat, rond de Saint-Vincent, laridé, suites plinn et gavotte s'écoutent avec autant de plaisir qu'ils invitent à la danse. Un détour par l'Irlande et ses «Jigs» est au programme. Les polkas d'«Ober troig mez», interprétées avec le bagad Kerlenn Pondi, sont un autre moment fort de l'album.
Frédéric Jambon
10:17 Publié dans Edition 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ampouailh, "fest-noz ar gêr wenn", musique bretonne, fest-noz
Pennou Skoulm. "Trinkan"
(INNACOR)
Ronan Le Bars (uilleann-pipes), Christian Lemaître (violon), Jacky Molard (violon, petite guitare), Nicolas Quéméner (guitare) et Jean-Michel Veillon (flûtes) sont les gardiens de l'esprit de Pennoù Skoulm. Fondée en 1982, cette formation à géométrie variable a apporté un souffle nouveau à la musique de fest-noz, qu'elle interprète sans chanteurs ni sonneurs de couple.
Le précédent enregistrement de Pennoù Skoulm a 20ans (15 dans sa version CD). Les amoureux de musique bretonne trinqueront donc à la sortie de «Trinkañ», florilège de ridées, plinn, polkas, an dro et ronds de Saint-Vincent, autant à écouter qu'à danser. Interprétés avec une énergie sans faille, les thèmes sont issus de la tradition ou de composition récente.
Frédéric Jambon
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09:57 Publié dans Edition 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pennou skoulm, "trinkan", musique bretonne, fest-noz
05.02.2009
Bertran Obrée Trio. "Olmon e Olva"
(COOP BREIZH)
Révélé dans Ôbrée Alie au début des années 2000, Bèrtran Ôbrée poursuit en trio l'élaboration d'une oeuvre unique. Elle s'articule autour d'un chant gallo enraciné et moderne, délicieusement poétique. Julien Stévenin (contrebasse) et Erwan Bérenguer (guitares) projettent les mots du chanteur à la voix haute aux confins de différents univers : jazz, blues, folk, funk, contemporain... Leurs musiques sonnent mystérieuses et familières, comme la langue de Haute-Bretagne dont on saisit le sens sans reconnaître tous les mots. « Olmon e Olva » veut dire « Vers le haut et vers le bas ». Le titre de l'album est aussi celui d'une chanson envoûtante, développée sur un blues-jazz cool.
Frédéric Jambon
Site : www.obree.fr
COUP DE COEUR 2008
Jeannine Raoul (lectrice de Crozon) : "Cet album est étonnant et envoûtant à la fois. On est d’abord surpris par le gallo, dont les consonnances peuvent paraître bizarres au début, mais on se laisse vite bercer par les chants. J’ai plongé dans le livret pour lire toutes les traductions et j’ai également découvert de très beaux textes. À chaque fois que j’écoute l’album, je trouve qu’il se termine trop vite, j’en voudrais davantage !"
11:45 Publié dans Edition 2008 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chant gallo, musique bretonne, Bertran Obrée, Grand Prix du Disque du Télégramme
Kristen Noguès. "Logodennig - 1952/2007"
(INNACOR RECORDS)
Le double CD que présente la maison de disques Innacor est l'oeuvre d'une vie. Voire même le chef-d'oeuvre. Posthume. Il est consacré à la harpiste et compositrice Kristen Noguès. Celle que ses amis surnommaient « Logodennic », « la petite souris », nous a quittés le 5 juillet 2007, à l'âge de 55 ans.
Joueuse de harpe celtique, chanteuse, compositrice, instigatrice de rencontres aussi insolites que magiques, Kristen Noguès a navigué sur plusieurs océans musicaux : traditionnel breton, jazz européen, contemporain... Au gré de son parcours, elle a planté son drapeau sur des terres inconnues.
Cinq chapitres
L'album-hommage « Logodennic » permet de réécouter des morceaux intemporels, dont on devine qu'ils n'ont pas encore livré tous leurs secrets. Il est découpé en cinq chapitres. Après une introduction en solo, à la légèreté cristalline, le premier est consacré à « Finis Terrae ». Avec ses complices Jacques Pellen, Patrick et Jacky Molard, la Bretonne avait composé une musique originale pour accompagner ce film muet d'Epstein, tourné en 1928 dans l'archipel de Molène et à Ouessant. Cinq extraits sont reproduits ici. Dont le si touchant « L'attente de femmes », en duo avec le clarinettiste italien Mauro Negri. Dans la biographie illustrée du copieux livret, Gérard Alle rapporte que Kristen Noguès, plutôt portée vers l'avenir, était indifférente au fait que d'autres jouent ses compositions. Pourtant, les morceaux du chapitre 2, « Les Autres », montrent combien des artistes comme Érick Marchand, Jean-Michel Veillon, Paolo Fresu, ou bien sûr Jacques Pellen, son compagnon, savent aussi servir la musicalité de ses thèmes. Kristen Noguès redevient la protagoniste du deuxième CD, témoin de quelques-unes de ses plus belles rencontres. Des plus créatives aussi, comme lorsqu'elle décollait au côté des maîtres du jazz européen : Jean-François Jenny Clarke, John Surman... Les chapitres 3 et 4 portent des titres sans équivoque sur l'esprit de recherche qui les habite : « Abstract » et « Improviser et le Trio ».
L'opus s'achève sur « La longueur des jours », douce conclusion en cinq étapes d'un voyage extraordinaire où l'artiste chante en breton. Son rire sonore s'est tu, mais ses fidèles complices vont continuer à faire vivre sa musique.
Frédéric Jambon
COUP DE COEUR 2008
Yvon Jézéquel (directeur de Dialogues Musiques à Brest) : "Kristen Noguès était une mélodiste et une compositrice extraordinaire. Bravo à Innacor pour ce très bel objet qui lui rend hommage. Le double album illustre l’étendue de ses talents sur 30 ans, de l’époque de la Coopérative Névénoé à ses rencontres avec John Surman ou Mauro Negri. Je suis persuadé que ses compositions resteront."
11:40 Publié dans Edition 2008 | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Kristen Noguès, harpe, jazz, musique bretonne, Jacques Pellen, John Surman, Grand Prix du Disque du Télégramme
Jean-Louis Le Vallégant. "Confidences sonores"
(1SI2LA)
Jean-Louis Le Vallégant collecte des instants de vie et les met en musique: dans son spectacle « Les confidences sonores » joué jusqu’au Vietnam, et dans cet album qui ne ressemble à aucun autre. Comment qualifier ses dix séquences ? De courts-métrages sonores ? De kaléidoscopes ? Leurs couleurs changeantes reflètent le riche parcours artistique de Jean-Louis Le Vallégant. Musique bretonne, jazz et fanfare y sympathisent avec d’autres univers : électro-world, indien aussi par la grâce des percussions de Jérôme Kerihuel. Dits ou chantés, en breton ou en français, les mots saisis résonnent avec un relief étonnant. Ils ne composent pas des chansons. Ce sont des traits d’humanité.
Frédéric Jambon
Site : www.j2lv.eu
COUP DE COEUR 2008
Sébastien Kerdal (disquaire à la FNAC de Lorient). "Cet album est d’une grande beauté. Chaleureux, original, il nous fait voyager d’un titre à l’autre. Une vraie pépite. J’adore l’atmosphère qui s’en dégage. J’ai été pris aux tripes tout de suite. Je ne connaissais pas Jean-Louis Le Vallégant avant le Grand Prix et ça m’a donné envie de découvrir ce qu’il a fait avant « Confidence sonores ». Mais je vais déjà conserver celui-là précieusement."
11:25 Publié dans Edition 2008 | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Collectage, Grand Prix du Disque du Télégramme, saxophone, musique bretonne, jazz, Inde-Bretagne, Jean-Louis Le Vallégant
08.01.2009
La Bretagne des sonneurs. "Volume I"
(BNC PRODUCTIONS/COOP BREIZH)
Pascal Lamour est à l'origine de ce double album, indispensable à tous les sonneurs et autres amoureux de la relation passionnelle qu'entretiennent biniou et bombarde. Il a proposé à 20 couples et un trio de référence d'enregistrer deux morceaux. Le premier était à choisir parmi son propre répertoire de musique électronique. Le résultat donne le premier CD, « Sonenneu neue ». Il illustre la capacité des sonneurs de tradition à libérer leur créativité. On retrouve les mêmes interprètes dans le deuxième CD où ils jouent cette fois une danse de leur propre répertoire vannetais. Bel objet, le double album possède un livret d'une cinquantaine de pages, abondamment illustrées. On y lit la bio et le contact de chacun des sonneurs, sans oublier le couple de sonneuses que forment Anne-Marie Nicol et Céline Le Forestier, seules représentantes féminines de l'opus. Le titre « Volume 1 » laisse entendre que l'aventure ne fait que commencer.
Frédéric Jambon
Site : www.bncproductions.com
17:46 Publié dans Edition 2008 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Grand Prix du Disque du Télégramme, BNC Productions, sonneurs, musique bretonne, Pascal Lamour
Florence Pinvidic. "Chemins..."
(AUTOPRODUCTION)
Que les amateurs des « Potes Flor' » se rassurent, Florence Pinvidic n'a pas décidé de faire cavalière seule. Elle a bien sûr entraîné sa partenaire coutumière Florence Gorion sur ses « Chemins... » qui invitent au voyage et au rêve. Florence Pinvidic signe les douze compositions de cet album pour deux accordéons diatoniques. Leur beauté sans fard, la qualité, la diversité et la sensibilité des mélodies élargiront le cercle des amateurs de l'instrument. Qui attendront patiemment la suite puisque cet opus est annoncé comme le premier volume d'une collection « Accordéon diatonique à quatre mains ».
Frédéric Jambon
Site : http://diouflo.com
17:37 Publié dans Edition 2008 | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Florence Pinvidic, Florence Glorion, accordéon, Grand Prix du Disque du Télégramme, musique bretonne
26.12.2008
Mériadec Gouriou. "Another world"
(COOP BREIZH)
« Le piano du pauvre » chantait si bien Ferré ? Mais lorsque sa « boîte à punaises » (Pierre Perret) se déchaîne au service de ses compos perso, Meriadec ne joue plus de l’accordéon. Il est un univers symphonique à lui tout seul. Mieux : un opéra ! Car ses excentricités vocales par-dessus les lignes inventives de ses boutons de nacre, sont autant de tableaux mystiques aux tréfonds desquels on est libre de se laisser partir pour en revenir le plus tard possible. Cet « autre monde » de Meriadec Gouriou est une scène profonde où le créateur inventif n’a pas à forcer son talent pour qu’elle devienne espace de communion totale. Là, le public est forcément captivé par ce musicien hors prototypes. Dans un cas contraire, ne pas insister, ça ne le fera pas.
Gérard Classe
09:48 Publié dans Edition 2008 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : accordéon diatonique, Grand Prix du Disque du Télégramme, Mériadec Gouriou, musique bretonne







