15.01.2008
Jacky Molard. "Acoustic Quartet"
(INNACOR)
Depuis deux bonnes décennies, le violoniste Jacky Molard est de toutes les grandes aventures innovantes en matière de musique bretonne. Mais il n’avait encore jamais fondé de groupe sous son nom. C’est chose faite avec le quartet que complètent Hélène Labarrière (contrebasse), Yannick Jory (saxophones) et Janick Martin (accordéon diatonique). Ils forment un ensemble voyageur d’une cohésion remarquable. Jacky Molard maîtrise les traditions bretonnes, irlandaises et balkaniques. Les beaux thèmes de
ses compositions expriment ces goûts sans s’y arrêter. Manifestant son sens de l’improvisation et du groove, le quartet s’autorise de libres détours par le jazz et
la musique contemporaine. Aux 11 titres de l’album s’ajoute un reportage vidéo où les artistes donnent les clés de leur univers original.
Frédéric Jambon
Site : www.innacor.com
06:15 Publié dans Edition 2007 | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Jacky Molard, Yannick Jory, Hélène Labarrière, Janick Martin, musique ethnique, jazz, Grand Prix du Disque du Télégramme
11.01.2008
Good Time Jazz. "Go Good Time !"
(AUTOPRODUCTION)
A l’instant d’écouter le « Monday Date » d’attaque (Hines, Robin et Zanini) du second album du plus éclaté des sextets New Orleans du Grand Ouest, on sent qu’on va y rester scotché. Enregistré dans l’arrière-salle du « Drosera » de Brasparts, cet album ne se contente pas de reprendre les tubes ancestraux des folles épopées du style. Non, il les habille façon grande classe signée : Pikey Butler, so british frenchie (ex « Darts), adorable
dans l’interprétation du « Grand café » de Trénet, Sylvain Duthuillé, piano, Gérard Macé, batterie, Sandric Devillers, trombone, Michel Audoire, trompette et Trevor Stent à la clarinette. Dur de ressortir un titre plutôt qu’un autre. Mais quand même, « Lady Madonna » des Beatles, ou le « Perdido » d’Armstrong, sonnent terribles sur la qualité des 15 plages à passer en boucle.
Gérard Classe
Site : www.goodtimejazz.net
07:15 Publié dans Edition 2007 | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Good Time Jazz, Grand Prix du Disque du Télégramme, jazz, Peter Butler
17.09.2007
Jacques Pellen. "Lament for the children"
(NAIVE)
Jacques Pellen renoue avec la formule du trio. Le guitariste brestois entraîne le contrebassiste Gilda Boclé et le batteur Marcello Pelliteri dans une odyssée exaltante. En plus de compositions de Jacques Pellen et d’une de la regrettée Kristen Nogues, les musiciens s’approprient des thèmes popularisés par Alan Stivell, un standard de Billie Holiday, des pièces classiques de Duruflé et Alain. Ils les dénudent et les réinventent pour en faire la base d’improvisations méditatives, infiniment poétiques.
Frédéric Jambon
ALBUM COUP DE COEUR 2007
Coup de coeur de Yann Audran (lecteur de Morlaix) : « Guitariste hors pair au toucher sensible, Jacques Pellen est un musicien bien ancré dans les traditions bretonnes. A partir de ce matériau, il fait un jazz planant qu’il partage avec d’excellents complices et exporte dans le monde entier ».
Site : www.myspace.com/jacquespellen
14:55 Publié dans Edition 2007 | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Grand Prix du Disque du Télégramme, jazz, Marcello Pelliteri, Gildas Boclé
07.02.2007
Pierrick Pedron. "Deep in a dream"
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JAZZ
(NOCTURNE)
Sur les photos de la pochette, le musicien regarde avec humilité son alto avec l’air de lui dire « merci, mon ami fidèle, je te dois tant ». De fait, d’un souffle presque magique, le bon génie enfermé dans ce saxophone en forme de lampe merveilleuse a transporté le Briochin de l’autre côté de l’Atlantique. A New-York, un rêve bercé de mélodies d’Irvin Berlin et Rodgers and Hart l’attendait : deux jours d’enregistrement avec deux pointures américaines du jazz, le batteur
Lewis Nash et le pianiste Mulgrew Miller, ainsi que le contrebassiste Thomas Bramerie. Il en résulte un distillat de swing, de l’essence de feeling velouté, un concentré de partage et de connivence qui donnent le sentiment que ce quartet écume les clubs depuis des lustres. « Deep in a dream », disque magnifiquement produit, confirme la place nullement usurpée de Pierrick Pedron dans le très haut de gamme.
Jean-Luc Germain
ALBUM COUP DE COEUR 2006
Coup de coeur de Franck Geiswiller, directeur de Paroles & Musique à Vannes
« C’est tout ce que j’aime dans le jazz : un mélange de standards et de compositions. Pierrick Pédron appartient à cette nouvelle génération de jazzmen qui sont à la hauteur des Américains. Il a un phrasé extraordinaire, élégant, à la fois chaud et sensible, fluide et fiévreux. Je pense qu’il compte parmi les vrais espoirs du jazz français ».
Site officiel : www.pierrickpedron.com
20:15 Publié dans Edition 2006 | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jazz, alto, grand prix du disque, Lewis Nash, Mulgrew Miller, Thomas Bramerie, saxophone
14.12.2006
Jacky Bouilliol. "Palettes de jazz"
Compositeur inspiré, encyclopédie ambulante du jazz, doté d'un doigté
caressant qui a toujours fait la joie des blanches et des noires, Jacky
Bouilliol n'est pas seulement un formidable accompagnateur, comme l'avait si
joliment dit la chanteuse Sheila Jordan. C'est aussi, et peut-être surtout, un joyeux luron. Un gaillard qui, depuis toujours, aborde la façade de notre Himalaya ordinaire qu'est la vie par sa face souriante, colorée, euphorisante. Alors, forcément, sa musique lui
ressemble. Elle est faite d'amitié, de scat, de rythmes brésiliens,
d'onomatopées, de soleil, de swing et de ce trésor qu'aucune fortune ne
pourra jamais acheter : le feeling. Qu'il reprenne une ballade irlandaise
avec son amie Hildegarde, qu'il cite Tom Jobim, Cole Porter ou Fats Waller,
aux commandes d'un joli bolide brésilien ("En revenant de chez Mil"), au
fender, au piano solo (décoiffante "Tempête sur Lampaul"), ou lorsqu'il
salue celle à qui il doit son bonheur de vivre d'un touchant « Merci maman
», tout ici sonne et respire la joie à plein nez. Cet arc-en-ciel musical,
léger, tendre et pétillant, bénéficie, qui plus est, de la prise de son
subtile de Patrick Audouin et de l'équipe d'Amadeus. Un régal.
Jean-Luc Germain
14:40 Publié dans Edition 2006 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jazz, swing, feeling, grand prix du disque, Tom Jobim, Fats Waller, piano
08.12.2006
Adèle. "Bleu"
Après avoir longtemps mis en valeur les textes des autres, Adèle, artiste briochine, s'est décidée à chanter les siens. Le résultat c'est « Bleu », un album de 13 chansons nobles et sentimentales. Elle est drôle, Adèle, mais aussi romantique - c'est son côté fleur bleue - et un rien mélancolique. « Bleu », c'est finalement le parfait reflet de son auteur. Un disque où elle dévoile ses bleus à l'âme autant que ces jolis coins de ciel... bleu. Faut suivre. Ce « Bleu » n'est pourtant pas monochrome. L'album est habillé de couleurs jazz, musette, manouche, cabaret et java (rouge !). La chanteuse s'y met à poil (« Lucy ») mais pas totalement à nu. Il y a de la tendresse gouailleuse de Pierre Perret dans ce disque. Il faut dire qu'Adèle a plus d'un point commun avec l'auteur de « Lily » et de « L'amie Adèle » (ça ne s'invente pas) : une capacité à tricoter de jolis textes, un goût des jeux de mots, une tendresse à fleur de texte, un goût prononcé pour la rigolade. L'album est disponible pour le moment chez les disquaires briochins ou par internet.
Samuel Uguen
Site officiel : http://adelechante.monsite.wanadoo.fr
10:55 Publié dans Edition 2006 | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chanson française, bleu, grand prix du disque, java, jazz, cabaret
07.12.2006
Christofer Bjurstrom. "Piano solo"
Suédois d’origine, le pianiste Christofer Bjurström vit en Bretagne depuis une dizaine d’années. Il y construit un univers singulier, au confluent de la musique contemporaine, de l'improvisation et du jazz.
Son premier album en solo ouvre de grands espaces, propices à la méditation jusqu’à ce qu’un coup d’éclat rythmique ou dissonant vienne tirer l’auditeur de sa rêverie.
Fin mélodiste, Christofer Bjurström n’hésite pas à prolonger ses notes de silences.
INTERVIEW DE CHRISTOPHER BJURSTROM
Votre album diffuse des atmosphères différentes : il peut être rythmique en jouant sur les dissonances, d'autres fois très aérien. Vous semblez beaucoup apprécier les silences. Est-ce pour laisser respirer la musique ?
Pour moi, les silences font intégralement partie de la musique. Comme le fait d'étirer les sonorités, pour suspendre le temps. C'est un travail comparable à celui d'un peintre : sur la matière, la texture, la couleur, sur l'espace qu'il s'agit notamment de transformer en temps... En faisant cet album solo, mon premier puisqu'auparavant j'ai enregistré en sextet puis en duo avec le clarinettiste Christophe Rocher, j'avais plusieurs préoccupations : m'exprimer vraiment, sans chercher à développer une esthétique particulière, en acceptant le fait d'avoir plusieurs facettes. Une autre envie était d'explorer le plus profondément possible le côté intime existant entre le pianiste et son instrument. En évitant toute démonstration technique.
Quel public visez-vous ?Je ne sais pas, ce n'est pas une question que je me pose a priori. Parce qu'on joue devant des gens mais que le but est d'abord d'être le plus profondément soi-même.
De quels pianistes vous sentez-vous proche ?Il y en a beaucoup dont je me sens proche, mais jamais complètement. Ça peut aller de Thelonious Monk aux pianistes classiques. Je pense aussi avoir été influencé par les minimalistes, des gens comme John Cage par exemple. C'est difficile d'expliquer ce que l'on fait, parce qu'il y a tellement d'éléments qui ont contribué à vous fabriquer !
Qu'est-ce qui vous a attiré en Bretagne au point de vous y établir il y a une dizaine d'années ?Beaucoup de choses : des raisons sentimentales, d'autres liées à la présence du vent et de la mer... Musicalement, j'ai aussi toujours été attiré par des rencontres. En arrivant en Bretagne, j'ai trouvé une ouverture, tout un réservoir d'expériences différentes possibles. Avant, j'étais en région parisienne où les musiciens fonctionnaient en clans extrêmement cloisonnés. En Bretagne, où j'ai par exemple accompagné le chanteur Manu Lann Huel, j'ai trouvé une ouverture qui me va bien.
Propos recueillis par Frédéric Jambon
Site officiel : www.marmouzic.org
17:25 Publié dans Edition 2006 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jazz, piano solo, improvisation, musique contemporaine, grand prix du disque
13.11.2006
Didier Squiban. "La plage"
Des vagues de jazz, de classique et de musique bretonne caressent « La plage » que le pianiste Didier Squiban parcourt en quartet.
Didier Squiban avait d’abord pensé appeler son nouvel album « Da lec’h all » (« Autres directions» en breton) : « Ça aurait été symbolique de ce disque où je change de cap tout en me rapprochant de mes origines jazz avec la formule sax-contrebassebatterie-piano ». Finalement, il est resté fidèle à son principe de baptiser ses opus du nom du lieu où il les a enregistrés (« Molène », « Porz Gwenn », etc...). « La plage » dont il est question ici n’est pas une étendue de sable mais une guinguette située à Pléchâtel, sur la Vilaine. Le pianiste l’a investie à la morte saison avec de fidèles complices : Bernard Le Dréau (saxophones) et Jean Chevalier (percussions), ainsi qu’un nouveau venu dans son univers, Simon Mary (contrebasse).
Le disque ouvre sur « Quatuor les Sept Iles », invitation à une visite onirique de l’archipel des Sept Iles au large de Perros-Guirec. « Le point de départ de ces sept compositions, raconte Didier Squiban, est une commande du Quatuor de Chartres. Cette formation classique professionnelle m’a demandé une oeuvre originale d’une vingtaine de minutes pour quatuor à cordes. Je l’ai écrite mais sa création a été retardée. Et puisque j’enregistrais un disque, je me suis amusé à reprendre les thèmes développés pour le quatuor à cordes en les arrangeant cette fois pour quatuor... de jazz ».
Sans désavouer sa partition, le compositeur convient qu’avec l’ouverture à l’improvisation, sa musique a gagné « 200% de liberté ». Chaque thème porte le nom d’une île. Nom qui a servi de point de départ à l’inspiration de Didier Squiban puisque le musicien confesse ne s’être jamais approché d’aucune des Sept Iles. Pour promener l’auditeur de Jantilez jusqu’à Riouzig, l’équipage louvoie entre jazz, classique et musique bretonne. Un choral façon Bach, un andro, une gavotte, une valse, des hommages à Bill Evans et même un clin d’oeil furtif à Jean-Jacques Goldman agrémentent la balade.
Le disque continue avec une « Suite marine » en trois morceaux. « Le premier, qui porte lui-même le nom de "La plage", est une petite mélodie, commente Didier Squiban. Je l’ai écrite en référence à "La mémoire et la mer" de Léo Ferré. J’ai pensé aussi aux climats dans lesquels le bassiste Gary Peacock aimait entraîner Keith Jarrett. Le second, "Le Café de l’ancre", part d’une ridée à six temps que j’ai voulu jouer en jazz en lui donnant un petit côté baluche. Le troisième, "Petit air marin", est la reprise d’une composition que je jouais en piano solo dans l’album Porz Gwenn ».
Bernard Le Dréau enrichit le thème d’un superbe solo de saxophone. L’appellation « Da lec’h all » figure bien dans le disque puisque c’est le sous-titre que le pianiste finistérien a donné à sa « Sonate en trio ». Les amateurs de musique bretonne y reconnaîtront le thème traditionnel de « Maro eo ma mestrez » ainsi que le « Tribut de Nominoë », une des pièces les plus anciennes consignées dans le recueil du « Barzaz Breiz ».
Féru de terminologie classique, l’opus s’achève sur une « Coda ». Entre l’intimité du piano solo et la luxuriance de l’orchestre symphonique de sa récente « Symphonie Iroise », Didier Squiban a retrouvé la formule du quartet avec un bonheur que ses fans internationaux partageront. La seule petite frustration du disque tient dans la minceur du
livret. Elle contraste avec les luxueux albums photos qui accompagnaient ses opus précédents.
Frédéric Jambon
Site : http://www.loz-production.com/didier_squiban
16:20 Publié dans Edition 2006 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : squiban, jazz, musique bretonne, classique, grand prix du disque, îles
17.02.2006
Régis Huiban. "Sans-sommeil"
JAZZ-GAVOTTE
AVEL OUEST
" Je pense qu’il est bon de se servir du passé comme d’une base". L’accordéoniste-compositeur Régis Huiban cite Mc Coy Tyner et applique son conseil tout au long de cet album à dominante jazz. Plusieurs morceaux partent de collectages effectués auprès de chanteurs traditionnels bretonnants dont on entend les voix. Régis Huiban présente des thèmes de toute beauté. Son quartet complice, parfois renforcé de cuivres, les développe avec une grande finesse et une vraie émotion. La composition « Swingavotte » offre un bon résumé de l’esprit du disque.
Site : www.regishuiban.com
ALBUM COUP DE COEUR 2005
21:50 Publié dans Edition 2005 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : musique bretonne, jazz, swing, gavotte, accordéon, grand prix du disque
Eric Le Lann. "Origines"
CHANT BRETON - JAZZ
H.M. / AVEL OUEST
Le jazzman Eric Le Lann est un trompettiste de classe mondiale, habitué à mêler son souffle aux notes d’Archie Shepp, Martial Solal et autres géants. Né en 1957 à Plœuc-sur-Lié, le Costarmoricain a eu envie de célébrer ses « Origines » bretonnes. D’où cet album étonnant, étrange et familier à la fois. Eric Le Lann l’a construit à partir du chant. Il a fait appel à deux voix bretonnantes : celle de Manu Lann Huel, minérale, et celle de Marthe Vassallo, ardente. Il a écrit les musiques de six morceaux et les arrangements des trois traditionnels, les chanteurs se sont chargés des textes. Ajoutez les interventions de chœurs de l’opéra de Rennes, une rythmique de jazzmen de très haut niveau (Lockwood au piano, Guérina à la basse et Véra à la batterie), la guitare de Marzin et les puissants chorus au lyrisme rugueux du trompettiste : vous obtenez un album fascinant qui ne ressemble à rien d’autre.
ALBUM COUP DE COEUR 2005
Site : www.ericlelann.com
21:05 Publié dans Edition 2005 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jazz, chant breton, trompette, manu lann huel, marthe vassallo, grand prix du disque







