18.09.2007

Nolwenn Korbell & Soïg Sibéril

7d79d3f1cdd9ed7a9d7963b5bb5d4365.jpg(COOP BREIZH)

INTERVIEW DE NOLWENN KORBELL ET SOIG SIBERIL PARUE LE 28 NOVEMBRE 2007 DANS SORTIES

 

L'association entre la chanteuse et le guitariste a rassuré ceux qui pouvaient se poser la question quant à l'intérêt d'un album aussi dépouillé. Un an après l'excellent « Bemdez c'houlou », Nolwenn Korbell explose son art de l'interprétation avec « Red ». Divinement soutenue par la complicité de son maître musicien, elle entre, puissante et subtile à la fois, chez son auditeur subjugué. Un disque sublime !

 

Que signifie « Red », le titre de l'album, qui n'est pas celui d‘un morceau ?
Nolwenn Korbell.- En breton, c'est « le cours », celui du temps. Je l'ai aussi choisi parce qu'il peut faire penser à « rouge » en anglais. J'adore la confusion des langues.


« Bugale Breizh », le premier titre, a-t-il été placé volontairement en début ?
NK.- Oui, c'est indéniable. D'abord pour ce qu'il représente dans son drame révoltant mais aussi parce que chaque fois que nous l'interprétons en scène, le public réagit très fort.
Soïg Sibéril.- Et en plus, j'adore cette chanson. C'est mon coup de coeur et je crois qu'on lui a donné sa juste place.


C'était aussi l'occasion pour l'auteur militante Nolwenn Korbell de faire référence au naufrage de l'identité ?
NK.- « Enfants de Bretagne » c'est en effet tout ça. On a courbé l'échine en servitudes, en humiliations, on est tombés rouges de honte pour un drapeau tricolore, on a appris les mots étrangers qui nous traitaient de cochons, et ça continue avec ce drame... « sur la coque il y a beaucoup de traces ! ».


Douze titres en breton, une reprise en anglais et... un instrumental de Soïg, c'est pour l'entracte ?
NK.- Quand on possède un tel guitariste, la moindre des choses c'est aussi de l'écouter...
SS.- En fait, j'inaugure une nouvelle technique sur « Daoulamm ruz » que j'appellerais « percussive ».
NK.- Ça sonne bien, non ?


Soïg, vous abordez là un challenge nouveau avec l'accompagnement pur. Quelles sensations ?
SS.- Franchement, cela ne me pose aucun problème technique. Il suffit de coller à son interprète, même en breton. Et lorsque celle-ci a la classe de Nolwenn, c'est moi qui fais tout pour être au niveau ! Vous savez, j'ai quand même l'expérience de Kornog, Lors Jouin, Les Ours du Scorff, Denez Prigent...

Quand la décision d'enregistrer ensemble a-t-elle été prise, si vite après le disque précédent ?
NK.- Nous y avons vite songé après le succès de nos concerts. Mais la décision finale date du début 2007. Jean-Yves Le Corre, de Coop Breizh, a aussitôt donné son accord.

On y trouve autant de titres d'albums précédents que de nouveaux. Pourquoi pas tout l'un ou tout l'autre ?
NK.- Nous pensions d'abord ne reprendre que des anciens morceaux, sous cette forme nouvelle. Mais il m'a tout de même semblé intéressant d'inclure des nouveautés, ce qui nous a doublement motivés.

Y compris, et c'est aussi surprenant qu'agréable, une reprise de « Turn, turn, turn » de Pete Seeger. C'est arrivé comment ?
NK.-Parce que j'adore Seeger tout autant que Cohen. Et comme je suis fan de Dylan, en lisant un bouquin sur lui, j'ai su qu'il s'était inspiré de Pete Seeger. J'en ai parlé à Soïg.
SS.-Si je joue de la guitare, c'est grâce aux chansons de Pete Seeger, Woodie Guthrie et les autres. Et je trouve que les chansons de Nolwenn sont dans la lignée des protest-songs. C'est la même âme.

L'album comporte aussi un DVD. Qu'y a-t-il dessus ?
NK.-On y trouve des séances de travail en compagnie de Patrice Marzin à Quimper, quelques propos et deux chansons enregistrées au Festival de Cornouaille. C'est aussi pour donner envie d'aller aux concerts.

Que représente ce nouvel album pour vous deux ?
NK.- Un nouveau pas qui nous permettra de continuer.
SS.- Je dois dire qu'il est très important dans mon parcours.

Propos recueillis par Gérard Classe

 

Sites : www.myspace.com/nolwennkorbell

www.soigsiberil.com

 

28.02.2004

Soïg Sibéril. "Du côté de chez Soïg"

medium_03_SOIG.jpgRENCONTRE

(SIAM PRODUCTIONS / COOP BREIZH)

Né d’une « Carte blanche » donnée au maître-guitariste Soïg Sibéril le 16 mars 2003, à l’Espace Glenmor de Carhaix, ce CD live est le reflet d’une très belle rencontre.

Une musique à la fibre bretonne y sympathise avec les atmosphères arabo-africaines qu’apporte le guitariste-percussionniste algérien Camel Zekri. Le bassiste Alain Genty et le saxophoniste Karl Gouriou sont aussi du voyage auquel ils donnent des nuances jazz.

Les percussions de Pierre-Yves Prothais complètent ce groupe d’un soir au nom breton incontestable : « Digor », ce qui veut dire « ouvert ». L’improvisation se taille la part belle dans cet album de plénitude.

 

ALBUM COUP DE COEUR 2003