20.11.2009
Le Off du Grand Prix. Faites vous connaître !
La sélection officielle réunit trente albums marquants de l'année, mais elle est loin d'être exhaustive. De nombreux autres disques sortis en 2009 et possédant un lien avec la Bretagne recèlent des trésors. Pour leur permettre de se faire mieux connaître dans l'environnement du Grand Prix du Disque du Télégramme, nous créons cette année un espace « Off ».
Les artistes concernés sont invités à nous envoyer un lien vers un site où l'on pourra écouter des extraits de leur nouvel opus. Pour se faire connaître, rien de plus simple, il suffit de déposer le message (Titre de l'album, nom de l'auteur, lien vers le site officiel, descriptif de l'album)dans la zone de commentaire ci-dessous.
Les internautes seront bientôt invités à voter sur le site du Telegramme.com pour donner leurs coups de coeur, sucités aussi bien par les albums de la « Liste officielle 2009 » que par ceux présentés sur le « Off 2009 ».
10:00 Publié dans Edition 2009 | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : le off, grand prix du disque du télégramme
13.11.2009
Pierrick Pédron. "Omry"

(PLUS LOIN MUSIC)
Le saxophoniste compositeur briochin Pierrick Pédron est l'une des figures les plus attachantes de la nouvelle génération du jazz hexagonal. Avec humilité et émotion, il aime à rendre hommage à ses influences musicales. Après deux puissants disques consacrés à ses racines be-bop, cet amoureux des mélodies présente une autre facette de son héritage: la pop et le rock progressif. Si le clin d'oeil à Pink Floyd est évident, avec parfois des solos «gilmouriens» de Chris de Pauw, on entend aussi dans cet «Omry» («La vie» en arabe), le côté sec et nerveux des enregistrements de Jim Black ou de Tim Berne à New York.
Totalement de son temps par sa manière de bâtir des passerelles entre jazz et sonorités d'aujourd'hui (une douce tonalité électro éclairée par la production d'Éric Legnini), Pierrick Pédron, avec la complicité du pianiste Laurent Coq et de Vincent Artaud, fait indéniablement bouger les lignes.
Jean-Luc Germain
06:15 Publié dans Edition 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jazz, saxophone, pierrick pédron, "omry", grand prix du disque du télégramme
Ars'ys. "Arcabaleno"

(COOP BREIZH)
« Arcobaleno » veut dire « arc-enciel » en italien. Mais c’est plus à un ciel breton, ensoleillé avec passages nuageux, que font rêver les nouvelles compositions du Quimpérois Hervé Lesvenan. Les dix instrumentaux du troisième album de l’inclassable Ars’ys portent des noms de couleurs.L’« ambre » y est réjouissant,le « vert » guilleret, le « bleu » mystérieux,le « blanc » paradoxalement sombre... Complexes et poétiques,subtils et dynamiques, les morceaux se développent en conciliant de multiples langages : contemporain,jazz, baroque, musique de film... Marta Giozzi (orgue positif),Loïc Bléjean (uilleann pipes, flûtes),Dominique Molard (percussions) et Vincent Guérin (contrebasse) sont les compagnons de voyage d’un Hervé Lesvenan (piano, célesta) libre et inspiré.
Frédéric Jambon
06:00 Publié dans Edition 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ars'ys, arcabaleno, grand prix du disque du télégramme
Ar Vreudeur Morvan
(COOP BREIZH)
Page "Interview" du Télégramme du 13 mai 2009
Les frères Morvan. "C'est la marche du temps"
Les frères Morvan sont les symboles des traditions vivantes en Bretagne. Pour marquer leurs 50 ans de kan ha diskan, Coop Breizh sort un double CD le 15 mai 2009. Il contient 32 morceaux, dont des trésors issus d’anciens collectages. On peut ainsi écouter la voix de leur mère, qui a transmis à ses fils son riche répertoire.
François, Henri et Yvon sont restés fidèles à la ferme familiale de Botcol, en Saint-Nicodème, en centre-Bretagne.
Dix ans après « Fest-noz à Botcol », vous allez sortir un nouvel album, le double CD « Un demi-siècle de Kan ha Diskan ». À quelle envie correspond ce disque ?
HENRI. Ce n’est pas nous qui l’avons demandé.
YVON. En fait, c’est Coop Breizh qui nous poussait depuis longtemps à sortir un nouveau disque pour marquer nos 50 ans à chanter.
D’où viennent les 32 morceaux ? Êtes-vous allés en studio en enregistrer de nouveaux ?
Y. Il n’y a pas vraiment de nouveautés. Il ne peut pas y en avoir d’ailleurs, puisque tout ce que nous chantons, c’est ce que nous a transmis notre mère qui le tenait elle-même de nos grands-pères. Ce qu’on peut quand même considérer comme des « nouveautés », ce sont des enregistrements qu’a retrouvés Jean-Yves Le Corre, de Coop Breizh.
H. Il y en a même qui avaient été enregistrés à notre insu. On ne savait pas qu’ils existaient.
Y. C’est le cas du « Bloavezh mat » que chante notre mère, seule. On ne l’avait jamais entendu. Il vient probablement d’un collectage qu’avait fait Claudine Mazéas ici même, à la maison, à la fin des années 50. C’est elle qui avait organisé notre tout premier enregistrement et aussi le disque « En passant par la Bretagne » de 1962. Elle a donné tous ses collectages à Dastum Rennes.
C’est émouvant d’entendre la voix de votre mère...
H. Ah oui alors.
Y. En plus de « Bloavezh mat », il y a le morceau que la mère chante avec Henri, mais celui-là, on le connaissait déjà.
H. Peut-être le regret, c’est de ne pas avoir de kan ha diskan avec elle comme on le pratique maintenant. On n’en a pas d’enregistrement alors qu’on l’interprétait ensemble.
Y. J’ai commencé à aider ma mère à traire les vaches à l’âge de 13 ans et je me rappelle que, dans l’étable, on chantait. C’est comme ça que j’ai appris. Le soir aussi, après la soupe. On ne peut pas se rendre compte étant jeune comme ça peut venir vite ! En deux ou trois soirs, on connaissait une chanson.
H. Et si on se trompait, la mère disait : « Attention, vous avez passé un couplet ! ». Et elle nous montrait.
Parmi les chansons que l’on trouve dans le nouveau disque, quelles sont la plus récente et les plus anciennes ?
Y. La chanson sur la guerre 39-45 est la plus récente, c’est sûr.
H. Il y en a beaucoup du XIXe siècle, voire avant. Comme la gwerz « Ar plac’h libertin ». Elle raconte un drame qui s’est passé en 1743. Une jeune fille avait mis au monde cinq enfants et les avait tous tués. Elle avait été jugée à Rennes.
La chanson « Menez Bre » est un chant à danser, mais ce n’est pas du kan ha diskan. Comment appelez-vous ce style ?
Y. « A-bep eil poz ». C’est le système ancien tel que le pratiquaient ensemble nos grands-pères, dans les années 1870/1875. Ça ne date pas d’hier ! Un commençait, et l’autre, au lieu de répéter la phrase comme dans le kan ha diskan, la continuait.
H. Il faut vraiment que les compères connaissent bien la chanson et s’appliquent, parce que c’est assez compliqué de reprendre juste après l’autre.
Le livret d’une soixantaine de pages présente toutes les paroles, des dessins et des photos récentes et anciennes. Comme celle de votre maman près de la cheminée, ou celle d’Yves, le quatrième frère Morvan aujoud’hui décédé, chantant avec vous.
Y. C’est pour imager un petit peu ces cinquante ans. C’est la marche du temps !
Est-ce que ce « demi-siècle de Kan ha Diskan » a passé vite ?
H. Oui ! Les premières années, c’était plus cool bien sûr. On chantait deux trois fois dans l’année, en hiver, et puis c’est tout. Puis tous les ans, ça a augmenté.
Y. On n’aurait jamais pu imaginer que 50 ans après, on aurait sillonné la Bretagne comme on l’a fait, et que le public continuerait à venir danser comme ça.
H. Non, ça, on ne pouvait pas l’imaginer, c’est formidable. D’autant plus que juste après la guerre, ceux qui chantaient en breton dans les mariages n’étaient plus toujours écoutés, et hués parfois ! À ce moment-là, les gens voulaient du français.
Grâce à des gens comme vous, le patrimoine culturel a pu perdurer...
Y. Maintenant, on se rend compte qu’on a pu transmettre un patrimoine régional, même s’il n’existait pas partout. Il y avait des endroits où on ne trouvait pas de chanteurs de kan ha diskan. Déjà juste au nord de chez nous, vers Bulat-Pestivien, ce n’était pas vraiment connu.
H. Nous, nous avons eu la chance qu’ici, il y avait un noyau de villages, quelques fermes, où plusieurs familles de chanteurs avaient gardé la tradition de l’ancien temps.
L’interprétation des frères Morvan possède une cohésion et une couleur uniques. Comment l’expliquez-vous ?
Y. Par le fait que nous soyons toujours restés ensemble. Si chacun avait eu sa maison, sa famille, on n’aurait pas pu faire ce que l’on a fait. François a arrêté d’aller au fest-noz avec nous, mais pendant 41 ans, à part peut-être deux ou trois fois où l’on n’avait chanté qu’à deux, nous avons été tout le temps tous les trois.
Samedi 18 juillet 2009 , vous jouerez avec Les Tambours du Bronx sur la plus grande scène du Festival des Vieilles Charrues à Carhaix, qui souhaitait vous rendre hommage. Que préparez-vous alors ?
Y. Pour l’instant, on ne prépare rien, on attend. Jean-Jacques Toux et Jean-Philippe Quignon (NDLR : les programmateurs des Vieilles Charrues), sont venus nous voir au mois de novembre avec une question : « Si on vous demandait de monter une fois sur la grande scène, accepteriez-vous ? ». Alors Henri a répondu : « Oh, je crois qu’elle ne sera pas assez solide pour moi ! » (rires).
H. Il fallait bien aussi que je dise quelque chose (rires) !
Y. Ils ont ajouté : « Vous jouerez avec Les Tambours du Bronx ». Nous, on se regardait : on se demandait ce que ça allait être. On ne les connaît pas. Les deux nous ont demandé de prendre le temps de réfléchir, mais je leur ai dit : ce n’est pas la peine d’attendre, je vais vous donner une réponse tout de suite. Parce que ça ne sert à rien de rester huit jours à se demander ce qu’on va décider, on n’en saura pas plus que maintenant. Puisque vous venez pour nous demander d’aller, je suis presqu’obligé de dire oui.
Si on avait promis de chanter dans un autre endroit ce jour-là, on n’aurait pas pu. Mais puisqu’on était libre, alors on a accepté.
Qu’est-ce que vous chanterez alors ?
Y. Ce qui est prévu, c’est de faire une répétition avant avec Les Tambours du Bronx. Jean-Jacques Toux leur a envoyé des enregistrements de nous, ils vont choisir dans nos morceaux ceux auxquels ils ont envie de s’adapter.
Vous chanterez tous les deux sur le devant de la scène Glenmor ?
H. Oui, et Les Tambours du Bronx seront autour. Ils joueront certainement seuls aussi à certains moments. Le concert durera une heure.
Vous êtes des habitués des Vieilles Charrues : c’est toujours vous qui tracez le premier sillon marquant l’ouverture du festival...
H. Oui, et on le fera cette année encore. Mais ça au moins, ce n’est pas compliqué !
Propos recueillis par Frédéric Jambon
REPERES
Naissance. Les frères Morvan sont nés dans leur village de Botcol, en Saint-Nicodème : François le 4 décembre 1923, Henri le 5 octobre 1931 et Yvon le 30 septembre 1934.
Discographie. « Ar Vreudeur Morvan » (1974), « Fest-noz à Botcol » (1999). Ils apparaissent sur d’autres disques dont « En passant par la Bretagne » (1962). Sortie officielle du double CD « Un demi-siècle de Kan ha Diskan » (Coop Breizh) le vendredi 15 mai 2009.
05:00 Publié dans Edition 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : les frères morvan, musique bretonne, "un demi-siècle de kan ha diskan", grand prix du disque du télégramme
Monsieur Roux. "Un été caniculaire"
(MERCURY)
En 2006, MonsieurRoux, alias Erwan Roux, se voyait grand et beau. Trois ans plus tard, il nous annonce «Un été caniculaire» (puisse-t-il être entendu). Musicalement plus fouillé («Tant de chiens») et plus riche (le piano déglingué sur «C'était mieux avant», les vagues électriques sur «Fais-moi peur»), ce nouvel opus est également plus abouti.
Comme à son habitude, le garçon s'appuie sur des textes qui égratignent. Quitte à se fâcher avec l'ancien hôte de la maison blanche («Le Cow-Boy Bling Bling»). Un brin malpoli, le bonhomme dénonce tout de go, le JT anxiolytique de Pernaut («Fais-moi peur») comme les adeptes du «C'était mieux avant».
Dans leur construction, les mots ou la mélodie de certains titres, comme «Dans la lune», «Monsieur Berger» ou encore l'anthropophage «Marie-Chantal», évoquent Thomas Fersen. Comme lui, Monsieur Roux raconte des histoires horribles en attendant le purgatoire sur le très Lennonien «Bienvenue au paradis» et se fait provocateur («Un été caniculaire»). Est-ce la faute «Des Araignées au Plafond», qui évoque quant à lui l'ami Paul Mc Cartney ? Peut-être.
Stéphane Guihéneuf
03:00 Publié dans Edition 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : monsieur roux, "un été caniculaire", chanson rock, grand prix du disque du télégramme
Miossec. "Finistériens"

(PIAS)
Article paru le 12 septembre 2009 en dernière page du Télégramme
Le septième album de Christophe Miossec, «Finistériens», sort lundi. Un opus resserré, intense, co-composé avec un partenaire unique: YannTiersen.
Depuis la sortie de «Boire» en 1995, ChristopheMiossec a chamboulé le paysage de la chanson française avec son écriture poétique à vif. Chacun de ses albums est devenu une référence. Sorti chezPIAS France, son septième opus sera disponible lundi. Un disque, cette fois, construit à deux, avec le musicien Yann Tiersen. Son nom: «Finistériens». «Le titre tombait sous le sens, confie ChristopheMiossec. Yann est né à Brest, moi aussi. Le fait que je sois revenu vivre au bout du Finistère a également joué. Et puis c'est un joli mot. On n'a pas passé des nuits à gamberger».
Tension retenue
Un sens de l'évidence qui a marqué toute la réalisation de l'album. Dès que Yann Tiersen a proposé à Christophe Miossec de faire un disque ensemble, celui-ci a acquiescé, sans autre forme de discussion. «Mais je ne pensais pas que ça se passerait comme ça, rapporte-t-il. J'imaginais monter un groupe. Seulement, Yann a dit, non, on le fait vraiment à deux! Je savais qu'il jouait de nombreux instruments, mais quand même pas à ce point-là. Où il m'a bluffé, c'est lorsqu'il s'est mis aussi à la batterie!». Yann Tiersen a habillé les mots de son ami d'un pop-rock mélodique, où intros de piano, harmonies de cordes et gimmicks de guitare électrique naviguent entre mélancolie et tension retenue. Les chansons ont pris forme au studio parisien de Yann, celui d'Ouessant, pressenti au départ, ne disposant pas encore du matériel suffisant. ChristopheMiossec a amené des paroles et des notes et ciselé d'autres textes sur les thèmes qu'apportait YannTiersen. «J'aime bien écrire sur une musique, avoue le chanteur. Je ne le vis pas comme une contrainte. C'est même mieux, on sait dans quelle direction aller». Les directions qu'il a empruntées dans «Finistériens» l'éloignent parfois de son registre habituel. «Je n'avais pas envie de revenir à mon fonds de commerce du bluesman malheureux, sourit-il. C'est facile de radoter. J'ai essayé de diversifier le propos».
Onze chansons
Sur les onze chansons de l'album, le sentiment amoureux demeure une source d'inspiration vive. Parce qu'il permet d'éclairer au plus profond l'âme humaine. Miossec chante la rupture, subie (avec rage dans «A Montparnasse»), ou choisie (la fuite sans désespoir de «Seul ce que j'ai perdum'appartient à jamais»). L'usure des vieux couples s'exprime à travers plusieurs morceaux: «Nos plus belles années»; «Fermer la maison», qu'il avait d'abord prévu pour Alain Bashung; «Hais-moi», avec son refrain «L'amour et la haine ne font qu'un parfois».
Dimension sociale
Le chanteur livre aussi des interrogations: sur la quête de chacun («Les joggers du dimanche»), sur l'avenir dans sa chanson «C.D.D.». Elle ouvre sur un inquiétant: «Jusqu'à présent, tout va bien». Autre titre à dimension sociale, «Les chiens de paille» plonge dans les tourments d'employés au bout du rouleau. Sans lourdeur, ni pathos. L'écriture de Miossec est trop fine et sensible pour enfoncer des portesouvertes. «Depuis le début, j'essaie de faire des chansons sociales, mais c'est super casse-gueule, commente-t-il... Il faut vraiment trouver un angle pour éviter une certaine démagogie. Je préfère le filigrane ou l'arrière-plan». Parsemés d'images fulgurantes, les mots de Christophe Miossec puisent ici leur force dans leur concision et leur simplicité. «Le fait d'avoir travaillé à deux donne quelque chose de très compact.J'ai l'impression que si on n'aime pas une chanson, on n'aimera pas l'album», pronostique-t-il. Mais si on en aime une...
Frédéric Jambon
02:00 Publié dans Edition 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : christophe miossec, yann tiersen, grand prix du disque du télégramme, chanson française
Adèle. "Garden Partie"

(COOP BREIZH)
Trois ans après « Bleu », la belle Adèle vire au rouge. Feu vert pour un succès qui ne ferait pas tache, le contenu de son nouvel opus carmin est un régal ! Une grenadine à siroter sans modération. Il expose, en douze tableaux imagés, des états d'âme très féminins car criants de réalisme. Du délectable «C'est du toc » au très direct «Tube de colle », en passant par «La p'tite amoureuse » qui bouffe du lapin, Adèle excelle dans la mise en scène des situations coutumières. Y compris lorsque sa belle écriture entre en poésie (« Le p'tit buffet »). Portées par des arrangements en totale connivence avec son univers, ses nouvelles chansons ont le niveau des plus grands. Bravo Petite !
Gérard Classe
00:00 Publié dans Edition 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : adèle, chanson française, "garden partie", grand prix du disque du télégramme
12.11.2009
Pascal Lamour. "Avais-je rêvé ?"

(BNC PRODUCTIONS)
L'électro-shaman vient de sortir «Avais-je rêvé ? ». Un neuvième album que le chanteur et musicien vannetais présente dans un coffret CD/DVD richement illustré.
«J'ai choisi cette thématique il y a deux ans, explique PascalLamour. Et en cette période de crise, c'est le moment ou jamais pour rêver!». Le chanteur vannetais, surnommé «l'électro-shaman», sort dix nouveaux titres en gardant son univers sonore unique. Cet alchimiste des sons prend toujours un malin plaisir à marier les musiques électroniques aux instruments traditionnels celtiques.
Le morceau «Avais-je rêvé?», qui donne son nom à l'album, est le premier rédigé dans la langue de Molière: «J'ai voulu écrire une chanson en français tout en gardant l'état d'esprit et la rêverie propres au breton, afin que tout le monde puisse comprendre». Le reste de l'album est en breton. Pour la musique, PascalLamour s'est entouré de sa bande habituelle: Mourad Aït Abdelmalek à la batterie et aux percussions, André Le Meut au biniou et à la bombarde, ainsi qu'Yvonnick Le Nédic, Daniel Millarec et Iwan Kalvez aux caisses claires écossaises. Mais sur certains morceaux, il a aussi invité quelques amis à se greffer au groupe: Louise Ebrel, Nolwenn Korbell, Jo Le Sergent et Marcel Jaffré prêtent leur voix de bonne grâce, et Raphaël Chevalier, habitué à jouer avec Da Silva ou Denez Prigent, use de son violon enchanteur.
PascalLamour a mûri ces chansons lors d'une résidence au centre Amzer Nevez à Ploemeur. Puis, il s'est enfermé pendant trois mois pour enregistrer et mixer le tout. «C'est un luxe d'avoir mon propre studio pour prendre le temps d'aller au bout de mes idées», reconnaît-il. Outre un livret de 48 pages, illustré des photos de Myriam Jégat, le coffret contient un DVD de plus d'une demi-heure. On y découvre notamment des extraits du concert donné en octobre2007 au Théâtre Anne de Bretagne à Vannes, la vidéo de son passage à la Beaujoire à Nantes pour Celtica, un reportage sur sa démarche musicale, une interview et le clip du titre «Kornig en Diaoul ». Avec la tournée au Maroc et au Vietnam qui se prépare pour 2010, l'électro-shaman n'a pas fini de rêver éveillé...
Laurent Guenneugues
Interview parue le 27 août dans la série "Bretagne multisonore" du Télégramme
Pascal Lamour. "Je préfère l'être à l'avoir"
Le musicien et producteur PascalLamour est le dernier invité de notre série d'été «Bretagne multisonore». Riche d'une formation classique et moderne, ce sonneur émérite maîtrise aussi l'électro. Il crée une musique onirique enracinée, flattant l'imaginaire et l'esprit de transe, comme dans son dernier opus, «Avais-je rêvé».
Comment vous présenteriez-vous à quelqu'un qui ne vous connaît pas ?
Je souscris complètement à l'appellation d'«électro-shaman» que m'a donnée un journaliste de RFI. Parce que je présente un mélange de musique électronique et de musique traditionnelle bien ancrée dans la terre bretonne. C'est peut-être la musique traditionnelle de demain...
Votre nouvel album «Avais-je rêvé» en offre une illustration pleine de magie. Cherche-t-il à ouvrir l'imaginaire de ses auditeurs ?
Voilà ! On a un imaginaire extraordinaire en Bretagne mais il peut aussi être mal compris. Parce que je me rends compte que le cinéma ou la télé tendent à imposer leurs propres images à des gens qui, lisant moins, n'auraient pas encore développé leurs visions personnelles. Alors, je souhaitais attirer l'attention sur cet élément particulier : c'est important de savoir créer ses propres rêves à partir de l'imaginaire collectif de Bretagne.
Vos morceaux ont un effet hypnotique. Recherchez-vous la transe ?
Oui, depuis plusieurs albums déjà, et sur scène également. La composition particulière de mon groupe y prédispose avec trois joueurs de caisses claires de bagad qui utilisent aussi des toms, un batteur, et Dédé Le Meut aux biniou et bombarde, à mon côté, où je chante et joue de divers instruments.
C'est une formation de scène étonnante, sans basse, sans guitare...
Je n'en connais pas d'autres comme celle-là. Je dis souvent que ce sont les caisses claires qui nous servent de guitares. Nous jouons ensemble depuis plusieurs années et même plus de vingt dans le cas de Mourad, le batteur. Cela nous a permis de trouver un son de groupe. Il illustre le côté personnel, «électro-shaman», d'une musique correspondant à mes influences artistiques, mais aussi à mes propres recherches en médecine traditionnelle par exemple.
Chantez-vous en vannetais en raison des sonorités de la langue ?
Je défends le fait que la langue bretonne soit universelle pour tous les Bretons. Mais il y a des dialectes dans toutes les régions. Le nôtre, le vannetais, a un côté très fluide. Son chuintement donne une couleur avec laquelle on peut créer facilement des rythmiques.
Quand avez-vous commencé à unir machines électroniques et musique bretonne ?
En 1986. Nous avons été précurseurs avec le groupe Arkan, au temps des rave-noz. Mais pour moi, les machines ne sont rien d'autre qu'une lutherie, un instrument aux possibilités de synthèse et de rythmiques incroyables, qui s'étudie et se travaille au même titre que les autres.
En plus de vos activités de musicien, vous avez fondé le label BNC. Que signifie ce sigle ?
«Bénéfice non commercial ». C'est une façon d'affirmer que le bénéfice de la musique ne se comptabilise pas forcément d'une manière commerciale. Le label fonctionne par coups de coeur et rencontres. Comme en période de crise du disque, le nombre de producteurs diminue, je suis de plus en plus sollicité. Il y a actuellement une douzaine d'artistes sur le label BNC. Et j'ai dû réaliser une centaine d'albums dans mon studio d'enregistrement. La dernière production est l'album de Myrdhin, «D'île en île».
N'avez-vous jamais regretté de quitter le confort de votre pharmacie pour le monde plus aléatoire de la musique ?
Non, parce qu'un revenu monétaire, c'est bien, mais ce n'est pas suffisant. Je ne suis, de toute façon, pas quelqu'un qui nourrit des regrets et j'aurais été beaucoup plus malheureux de ne pas tenter l'expérience. Disons que je préfère l'être à l'avoir.
Propos recueillis par Frédéric Jambon
22:00 Publié dans Edition 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pascal lamour, "avais-je rêvé ?", grand prix du disque du télégramme, électro-shaman, musique bretonne
Gwenaël Kerléo. "Pevar"

(COOP BREIZH)
Interview parue le 16 juillet 2009 dans la série "Bretagne multisonore" du Télégramme
Gwenaël Kerléo. "Plus festive"
Les compositions aux reflets celtiques et jazz de Gwenaël Kerléo prennent une coloration plus festive dans son nouvel album, «Pevar». Elle les présente à Carhaix et Quimper au sein de sa formation de huit musiciens. L'artiste aux doigts de fée est la nouvelle invitée de notre série estivale «Bretagne multisonore».
Comment vous présenteriez-vous à quelqu'un qui ne vous connaît pas ?
Je joue à la harpe celtique mes propres compositions. Elles reflètent mon univers intérieur, aux couleurs bretonnes parce que je baigne dans cette culture, mais aussi jazz et autres. J'écoute des musiques variées, je pense qu'il n'y a pas de frontières entre les genres. Une des nouveautés avec mon dernier album, «Pevar», c'est que j'y chante en langue bretonne.
Écrivez-vous les paroles des chansons ?
Non : j'ai mis en musique un poème d'Anjela Duval ainsi qu'un autre de Jakez Riou. J'ai demandé à Charlez An Dreo de mettre des mots sur une de mes compositions et j'ai repris une chanson traditionnelle pour laquelle j'ai créé une nouvelle mélodie.
Votre précédent album, «Yelen», était un disque solo. Vous revenez cette fois dans une formation de huit musiciens. Pourquoi ce changement ?
«Yelen» a été un temps fort pour moi. C'est une oeuvre en trois tableaux pour harpe solo où j'ai pu pousser la composition très loin. Elle m'a permis de tourner à l'étranger : Italie, Hongrie, Russie, Japon... Mais après avoir joué beaucoup en solo, je me suis rendue compte que je m'étais un peu isolée dans ma musique et j'ai ressenti le besoin de nouvelles rencontres musicales.
Sur quels critères avez-vous réuni vos complices de «Pevar» ?
J'ai contacté des artistes bretons de ma génération - ils ont tous entre 25 et 35 ans - possédant un univers musical propre et faisant de la création. Parce que l'idée, c'est l'échange !
En quoi vos nouvelles créations se distinguent-elles des précédentes ?
Elles sont plus festives. Par exemple, je suis accompagnée d'un batteur, ça donne déjà l'esprit ! Les musiques sont colorées de sonorités jazz et l'improvisation garde une place importante. C'est toujours le cas dans ma musique, et dans ce disque encore plus particulièrement. L'idée avec cette formation est de faire des scènes un peu plus grandes que celles où je me produisais habituellement.
Comme les Vieilles Charrues et le Festival de Cornouaille?
Exactement. Ce sont les deux occasions où nous jouerons avec la formation complète. Autrement, on présente l'album également en formule quatuor avec percussions, clarinette, accordéon diatonique et harpe-chant. Elle nous permet de jouer dans des lieux plus intimistes : églises, abbayes...
Vous tournez également en duo ?
Oui, dans Dorn ha Dorn, avec la violoniste d'origine australienne Shane Lestideau, qui participe également à «Pevar». C'est surtout axé sur le chant. Elle chante en anglais et moi en breton, nous mêlons parfois nos deux voix. C'est un duo féminin pour donner des petits concerts acoustiques dans les chapelles. Là aussi ce sont des compos.
Vous jouez avec une nouvelle harpe. Pourriez-vous la présenter ?
C'est une harpe de haute technologie, en fibres de carbone. Elle est toute légère puisqu'elle ne pèse que cinq kilos. Cela me permet de la porter contre moi avec une sangle. C'est très agréable pour jouer et faire de la scène avec beaucoup de musiciens. J'en suis très contente !
Propos recueillis par Frédéric Jambon
21:00 Publié dans Edition 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gwenaël kerléo, "pevar", grand prix du disque du télégramme, harpe celtique
Gwennyn. "Mammenn"
(KELTIA MUSIQUE)
La confirmation du premier album de Gwennyn « En tu all » est arrivée. Percutant dans ses arrangements signés Patrice Marzin, le second démarre plein pot par « Mammenn » (Matrice), son morceau propulseur, aux couleurs d'un ensemble tout aussi prenant et séduisant. D'autant plus, lorsque les Guichen, invités au coeur du beau plateau de complicités musicales très efficaces, s'engagent comme dans « Cyber Fest Noz », où la jolie voix de l'artiste convie l'auditoire à la danse, que l'on partage aussi par ailleurs.
Nous accorderons cependant un spécial jury à trois superbes ballades : « The child and the tree » signée des mots anglais de Gwennyn et à ceux, en breton, de Mandenn Glandour (« An evned ») et Naig Rozmor («Douarn ma zad »).
Gérard Classe
Interview parue le 20 août 2009 dans la série "Bretagne multisonore" du Télégramme
Gwennyn. "En prise directe avec le coeur"
Révélée par un duo avec Alan Stivell, la chanteuse Gwennyn apporte du sang neuf à la scène bretonne. Sa pop a résonné jusqu'en Suède où elle a défendu les pays celtiques avec brio lors du dernier Festival des langues minoritaires. L'artiste, dont le brodeur Pascal Jaouen signe la tenue de scène, est la nouvelle invitée de notre série «Bretagne multisonore».
Comment vous présenteriez-vous à quelqu'un qui ne vous connaît pas ?
Je suis chanteuse, auteur-compositeur-interprète. Je suis de la presqu'île de Crozon. Je parle breton depuis que je suis toute petite et ma musique est une pop rock bretonne, avec des côtés folk.
Pourquoi ce choix de chanter en breton ?
Parce que c'est ma langue maternelle ! Je n'ai démarré le français que vers l'âge de quatre ou cinq ans. Lorsque je chante en breton, c'est un peu ma madeleine de Proust : la langue réveille les émotions les plus pures de mon enfance. Elle est en prise directe avec le coeur. Je sens aussi que les sonorités du breton épousent à merveille les mélodies que j'ai dans la tête et qui me transportent. De plus, le breton a des phonèmes très intéressants, qui le rapprochent de l'anglais, autre langue dans laquelle j'aime bien chanter. Les mots coulent de source. C'est beaucoup moins rigide que le français. Mais ce n'est pas qu'une affaire de sonorité. Le simple fait d'utiliser le breton est une affirmation de l'existence de cette langue. Et même si je ne m'inscris pas dans la tradition, j'ai le sentiment d'être le prolongement d'un milieu culturel dynamique, qui fourmille d'idées.
Votre second album, sorti en juin, s'appelle «Mammenn»/«Matrice». De quoi y parlez-vous ?
De la transmission, de la mère, puisque dans «Mammenn» on trouve Mamm, qui veut dire maman. Il y a aussi une chanson sur l'émancipation de la communauté noire aux États-Unis. La grande émotion de l'élection d'Obama a déclenché son écriture. Je l'ai appelée «We can plinn».
Patrice Marzin est le co-compositeur de vos chansons. Comment vous êtes-vous rencontrés ?
J'ai écrit mon premier album «En tu all» fin 2006, essentiellement avec Yann Honoré. J'ai rencontré Patrice Marzin lorsqu'il en a assuré le mixage dans son studio de Quimper. Il a flashé sur cet univers de chansons en breton non traditionnelles. Patrice Marzin est le guitariste régulier de Gérard Manset, et il devait partir en tournée pendant six mois avec le chanteur. Coup de bol pour moi, la tournée a été annulée et je me suis retrouvée avec un guitariste-compositeur disponible pendant six mois ! Patrice m'a rejointe sur les gros festivals que je devais alors assurer : Vieilles Charrues, Kann al Loar, etc. Ils représentaient un sacré défi pour moi qui n'avais pas une grande expérience de la scène... C'est alors qu'est née l'idée du deuxième album. On a commencé à co-composer les morceaux avec Patrice dès la fin de l'été. «Mammenn» aura mis un an et demi à se faire.
Propos recueillis par Frédéric Jambon
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