13.11.2009

Miossec. "Finistériens"

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(PIAS)

Article paru le 12 septembre 2009 en dernière page du Télégramme

Le septième album de Christophe Miossec, «Finistériens», sort lundi. Un opus resserré, intense, co-composé avec un partenaire unique: YannTiersen.

Depuis la sortie de «Boire» en 1995, ChristopheMiossec a chamboulé le paysage de la chanson française avec son écriture poétique à vif. Chacun de ses albums est devenu une référence. Sorti chezPIAS France, son septième opus sera disponible lundi. Un disque, cette fois, construit à deux, avec le musicien Yann Tiersen. Son nom: «Finistériens». «Le titre tombait sous le sens, confie ChristopheMiossec. Yann est né à Brest, moi aussi. Le fait que je sois revenu vivre au bout du Finistère a également joué. Et puis c'est un joli mot. On n'a pas passé des nuits à gamberger».


Tension retenue

Un sens de l'évidence qui a marqué toute la réalisation de l'album. Dès que Yann Tiersen a proposé à Christophe Miossec de faire un disque ensemble, celui-ci a acquiescé, sans autre forme de discussion. «Mais je ne pensais pas que ça se passerait comme ça, rapporte-t-il. J'imaginais monter un groupe. Seulement, Yann a dit, non, on le fait vraiment à deux! Je savais qu'il jouait de nombreux instruments, mais quand même pas à ce point-là. Où il m'a bluffé, c'est lorsqu'il s'est mis aussi à la batterie!». Yann Tiersen a habillé les mots de son ami d'un pop-rock mélodique, où intros de piano, harmonies de cordes et gimmicks de guitare électrique naviguent entre mélancolie et tension retenue. Les chansons ont pris forme au studio parisien de Yann, celui d'Ouessant, pressenti au départ, ne disposant pas encore du matériel suffisant. ChristopheMiossec a amené des paroles et des notes et ciselé d'autres textes sur les thèmes qu'apportait YannTiersen. «J'aime bien écrire sur une musique, avoue le chanteur. Je ne le vis pas comme une contrainte. C'est même mieux, on sait dans quelle direction aller». Les directions qu'il a empruntées dans «Finistériens» l'éloignent parfois de son registre habituel. «Je n'avais pas envie de revenir à mon “fonds de commerce” du bluesman malheureux, sourit-il. C'est facile de radoter. J'ai essayé de diversifier le propos».

Onze chansons

Sur les onze chansons de l'album, le sentiment amoureux demeure une source d'inspiration vive. Parce qu'il permet d'éclairer au plus profond l'âme humaine. Miossec chante la rupture, subie (avec rage dans «A Montparnasse»), ou choisie (la fuite sans désespoir de «Seul ce que j'ai perdum'appartient à jamais»). L'usure des vieux couples s'exprime à travers plusieurs morceaux: «Nos plus belles années»; «Fermer la maison», qu'il avait d'abord prévu pour Alain Bashung; «Hais-moi», avec son refrain «L'amour et la haine ne font qu'un parfois».

Dimension sociale

Le chanteur livre aussi des interrogations: sur la quête de chacun («Les joggers du dimanche»), sur l'avenir dans sa chanson «C.D.D.». Elle ouvre sur un inquiétant: «Jusqu'à présent, tout va bien». Autre titre à dimension sociale, «Les chiens de paille» plonge dans les tourments d'employés au bout du rouleau. Sans lourdeur, ni pathos. L'écriture de Miossec est trop fine et sensible pour enfoncer des portesouvertes. «Depuis le début, j'essaie de faire des chansons sociales, mais c'est super casse-gueule, commente-t-il... Il faut vraiment trouver un angle pour éviter une certaine démagogie. Je préfère le filigrane ou l'arrière-plan». Parsemés d'images fulgurantes, les mots de Christophe Miossec puisent ici leur force dans leur concision et leur simplicité. «Le fait d'avoir travaillé à deux donne quelque chose de très compact.J'ai l'impression que si on n'aime pas une chanson, on n'aimera pas l'album», pronostique-t-il. Mais si on en aime une...

Frédéric Jambon

www.christophemiossec.com

 

 

10.12.2008

Red Cardell. "Le banquet de cristal"

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Sites : www.redcardell.com

www.myspace.com/redcardell

 

 

INTERVIEW PARUE LE  23 AVRIL 2008 DANS LA PAGE MUSIQUES DU TELEGRAMME

 

 

Du cristal pour fêter ses 15 ans et un banquet pour les amis : Tiersen, Miossec, Al K Traxx, Jimme O’Neill, Dan Ar Braz... Tous revisitent le répertoire de Red Cardell dans un album d’une richesse incroyable.

 

Le casting du « Banquet de Cristal » est impressionnant. Comment s’est fait le choix des invités ?

Pour la plupart, ce sont des gens que l’on connaît depuis longtemps. Comme c’était pour fêter nos quinze ans, on voulait se faire plaisir en invitant ceux avec lesquelson a sympathisé et partagéla scène. On retrouve ceux quiétaient déjà là sur l’album « Naître », comme Louise Ebrel, Al K Traxx et Farid Aït Siameur par exemple, mais aussi Stéphane Mellino, Oleg Skripka et Gérard Blanchard que l’on connaît depuis 20 ans. Par contre, on a rencontré Dr Das sur MySpace - Manu est fan d’Asian Dub Foundation -. On lui a proposé par mail de mixer un morceau et il était OK !

Avec Tiersen, Miossec, les frères Guichen et vous, ça fait quatre représentants du Grand Prix du Disque du Télégramme réunis à votre banquet. Vous vous connaissiez ? On connaissait les frères Guichen parce qu’on faisait souvent le boeuf ensemble du temps d’Ar Re Yaouank. On tenait vraiment à ce qu’ils soient présents. Pareil pour Christophe Miossec, on se connaissait un peu pour avoir partagé quelques scènes. Mais Yann Tiersen, on l’a vraiment rencontré quand il nous a remis le Grand Prix en 2007. C’est ce jour-là qu’on lui a demandé s’il voulait bien participer à notre projet.

Est-ce que le choix des morceaux leur a été imposé ?

Il y a des artistes à qui on voulait proposer des chansons comme Thomas Fersen. On trouvait sympa ’idée qu’il reprenne «Le p’tit bistrot » version yukulélé. À d’autres, on a envoyé plusieurs disques en leur demandant de choisir un titre. Yann Tiersen avait fait son choix dès le départ. Pour lui, c’était une évidence de reprendre «A Montparnasse ».

Quelle liberté avez-vous laissée aux invités pour les arrangements ?

Ce qui fait l’intérêt de cet album, c’est justement cette liberté. Le principe était de rentrer en studio ensemble et de travailler vraiment en collaboration. On laissait l’invité orienter le choix des arrangements, des instruments, de l’enregistrement…

C’était passionnant pour nous parce qu’ils ont tous des façons de faire différentes. On voulait que chacun d’entre eux

apporte sa touche personnelle. Nous, on a épousé les techniques et l’univers musical de chacun tout en gardant la base accordéon-guitare-batterie de Red Cardell. Le but, c’était d’arriver à une vraie fusion entre leurs univers et le nôtre.

Vous passez de la chanson à l’électro, du rock aux rythmes bretons, slaves et orientaux. Ça n’a pas été compliqué de s’adapter à d’autres codes musicaux ?

C’est toujours intéressant de voir comment les autres abordent les choses. Quand on commençait une prise, on ne savait pas toujours où on allait, mais on pouvait se laisser guider par le regard de l’autre. On était détendu, c’était cool. Quand on fait un disque avec Red Cardell, on se pose toujours plein de questions. Voir d’autres musiciens travailler, ça nous a beaucoup appris. Ça nous a conforté dans certains de nos choix et donné des idées pour l’avenir.

Qu’est-ce qui vous éclate le plus dans votre métier de musicien depuis 15 ans ?

Moi, c’est l’impression d’être comme au premier jour. Ce qui m’éclate, c’est d’avoir toujours autant de projets avec le groupe. On a encore la pêche et plein de trucs à dire. Là, on pense déjà au prochain album. On a l’intention de revenir à du Red Cardell, à quelque chose de plus simple, sans invités. On a beaucoup de chance, l’aventure Red Cardell est vraiment passionnante.

Propos recueillis par Catherine Richard

 

 

07.10.2008

Septième édition

Qui succédera à l'Ensemble Matheus, aux frères Guichen, à Red Cardell, Yann Tiersen, Christophe Miossec et Denez Prigent ? Réponse début 2010. Le septième Grand Prix du Disque du Télégramme devrait être officiellement lancé en septembre 2009. 


 

Le lauréat du septième Grand Prix du Disque du Télégramme inscrira son nom dans une prestigieuse lignée. Les six  premières éditions ont, en effet, récompensé des albums de toute beauté : « Sarac’h» de Denez Prigent (le prix concernait des CD sortis en 2003), « 1964 » de Miossec (2004), « Les retrouvailles» de Yann Tiersen (2005), « Naître» de Red Cardell (2006), « Dreams of Brittany » (2007) des frères Guichen et "Nisi Dominus Vivaldi Stabat Mater" de l'Ensemble Matheus (2008). Aucun de ces opus n’a pris une ride. Ils ne relevaient pas d’effets de mode et méritent toujours de figurer en bonne place dans les rayons de disquaires.
 

Du sang, du son ou du coeur

À partir de la seconde édition, le Grand Prix du Disque du Télégramme a souhaité également distinguer le meilleur premier album parmi les candidats. « Elovation », du groupe brestois Sheer. K, a ouvert le palmarès, suivi de « Décembre en été » de Da Silva, de « Repenti » de Renan Luce, d’« Addis Kan » du Badume’s Band et enfin de "Life is elsewhere" de Robin Foster. Nous proposons au vainqueur du Grand Prix du Disque du Télégramme de devenir le président de l’édition suivante. Comme l’avaient fait leurs prédécesseurs, les membres de l'Ensemble Matheus ont accepté le rôle. 

 Le Grand Prix du Disque du Télégramme vise toujours à récompenser le meilleur album sorti au cours de l’année civile - en l’occurrence 2009-, quel que soit son style et son producteur, pourvu qu’il remplisse la condition sine qua non: posséder un lien avec la
Bretagne. Ce lien peut être de différentes natures : du sang (si l’artiste est breton), du son (si la musique possède des racines armoricaines) ou, tout simplement, du coeur (affinité forte revendiquée avec la Bretagne). Les compilations et singles sont exclus de la sélection.

Sept représentants des lecteurs dans le jury

63 albums ont concouru la première année, 64 la seconde, 65 la troisième, 70 en 2006 et 73 en 2007 et 86 ’an dernier, témoignant ainsi de l’extraordinaire dynamisme des musiciens de Bretagne. Qualité, créativité, diversité ont à chaque fois été au rendez-vous.

Dès le début, Le Télégramme a tenu à associer ses lecteurs au jury. Leur indispensable présence permet de refléter le plus fidèlement possible les goûts des très nombreux passionnés de musique vivant en Bretagne. Amateurs dans le sens le plus noble du terme, les sept personnes sélectionnées sur courrier garantissent la crédibilité et la transparence du Grand Prix. Quant aux artistes désireux de présenter un opus, nous les remercions de bien vouloir l’expédier en quinze exemplaires (un par membre du jury) à l’adresse indiquée en note. Cette fois encore, Le Télégramme assurera une importante promotion du Grand Prix du Disque, de son lauréat et de tous les albums participant.

Le palmarès devrait être révélé en février 2010.

 

Le Télégramme, Grand Prix du Disque, BP 67243, 29672 Morlaix cedex

Tél. 02.98.62.75.69