21.02.2008
Les lauréats en vidéo
Le cinquième Grand Prix du Disque du Télégramme a été attribué à Jean-Charles et Fred Guichen pour leur album "Dreams of Brittany". Ils sont ici entourés par deux membres du groupe Red cardell, lauréat l'an passé.
13:00 Publié dans Edition 2007 | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, Frères Guichen, Grand Prix du Disque, Le Télégramme
09.01.2008
Bill Ebet Band. "Klemedenn er blei"
(COOP BREIZH)
A lire le générique du livret on sait où l'on va côté qualité. Et l'on y entre d'emblée !
Emporté par le sax d'introduction, les percus et la contrebasse, l'auditeur pourrait s'attendre à un parcours de jazz classique jusqu'à ce que le rythme « s’engavottise ». Il ouvre alors une voie royale à la bombarde qui, même en retrait, vient métisser, sans complexe aucun, ses notes aiguës au tempo. La couleur définitive de l'opus, parmi les plus originaux de ces dernières productions en région, est alors avancée. Il reste à Gildas Le Buhé à placer son timbre vocal vannetais incomparable et à déguster le déroulé des
morceaux. Parmi eux, on reconnaît quelques classiques subtilement revisités par neuf
musiciens qui n'avaient plus qu'à se rencontrer pour réaliser ce disque divin.
Gérard Classe
11:00 Publié dans Edition 2007 | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Bill Ebet Band, Grand Prix du Disque
19.09.2007
Cinquième édition
La cinquième édition du Grand Prix du Disque du Télégramme est lancée. Elle désignera le meilleur album possédant un lien avec la Bretagne, sorti entre janvier et décembre 2007.
Le lauréat du cinquième Grand Prix du Disque du Télégramme inscrira son nom dans une prestigieuse lignée. Les quatre premières éditions ont, en effet, récompensé des albums magnifiques : « Sarac'h » de Denez Prigent (le prix concernait des CD sortis en 2003), « 1964 » de Miossec (disques de 2004), « Les retrouvailles » de Yann Tiersen (2005) et « Naître » de Red Cardell (2006). Le succès de ces opus ne relevait pas d’effets de mode. Ils demeurent toujours en bonne place dans les rayons des disquaires.
Du sang, du son ou du cœur
A partir de la seconde édition, le Grand Prix du Disque du Télégramme a souhaité également distinguer le meilleur premier album parmi les candidats. « Elovation », du groupe brestois Sheer.K, a ouvert le palmarès, suivi de « Décembre en été » de Da Silva puis de « Repenti » de Renan Luce.
Nous proposons au vainqueur du Grand Prix du Disque du Télégramme de devenir le président de l'édition suivante. Comme l'avaient fait Denez Prigent, Christophe Miossec et Yann Tiersen, le groupe Red Cardell a accepté le rôle.
Le Grand Prix du Disque du Télégramme vise toujours à récompenser le meilleur album sorti au cours de l'année civile - en l'occurrence 2007 -, quel que soit son style et son producteur, pourvu qu'il remplisse la condition sine qua non : posséder un lien avec la Bretagne.
Ce lien peut être de différentes natures : du sang (si l'artiste est breton), du son (si la musique possède des racines armoricaines) ou, tout simplement, du cœur (affinité forte revendiquée avec la Bretagne).
Les compilations et singles sont exclus de la sélection. 63 albums ont concouru la première année, 64 la seconde, 65 la troisième, 70 l’an dernier, témoignant ainsi de l'extraordinaire dynamisme des musiciens de Bretagne.
Qualité, créativité, diversité ont à chaque fois été au rendez-vous.
Dès le début, Le Télégramme a tenu à associer ses lecteurs au jury. Leur indispensable présence permet de refléter le plus fidèlement possible les goûts des très nombreux passionnés de musique vivant en Bretagne. Amateurs dans le sens le plus noble du terme, les personnes sélectionnées sur courrier garantissent la crédibilité et la transparence du Grand Prix.
Supplément spécial
Quant aux artistes désireux de présenter un opus, nous les remercions de bien vouloir l'adresser en quinze exemplaires (un par membre du jury) à l’adresse indiquée en note.
Cette fois encore, Le Télégramme assurera une importante promotion du Grand Prix du Disque, de son lauréat et de tous les albums participants en leur consacrant un supplément spécial. Il devrait paraître le jeudi 31 janvier 2008, en même temps que sera révélé le nom du successeur de Red Cardell.
France Bleu Breiz Izel suivra l’évolution du Grand Prix sur ses ondes.
Chaque année, un plasticien breton crée librement l’œuvre remise au lauréat. Après Kito, Paul Bloas, Michel Thamin et Yvon Joncourt, la Costarmoricaine Danielle Le Bricquir a accepté de réaliser un trophée original.
Adresse d’envoi des CD : Le Télégramme/Sorties - Grand Prix du Disque - BP 67243 - 29672 Morlaix cedex.
16:15 Publié dans Edition 2007 | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : grand prix du disque, denez prigent, miossec, yann tiersen, red cardell, sheer.K, Da Silva
Red Cardell : " Le Grand Prix du Disque a aussi un sens à l’étranger "
Red Cardell prépare actuellement l’album de ses quinze ans en studio à Plestin-les-Grèves. Nous y avons récemment retrouvé deux membres du trio : l’accordéoniste Jean-Michel Moal et le chanteur-guitariste Jean-Pierre Riou. Entretien.
14:15 Publié dans Edition 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : grand prix du disque, red cardell, Thomas Fersen, Gérard Blanchard, Yann Tiersen, Dan Ar Braz, frères Guichen
Yvon Jézéquel : "Un rapport vrai et profond avec la musique"
Directeur de Dialogues-Musiques à Brest, Yvon Jézéquel fait partie de la partie « professionnelle » du jury du Grand Prix. Il le vit depuis la première édition et repart pour une cinquième aventure.
13:15 Publié dans Edition 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Grand Prix du Disque, Dialogues-Musiques
17.09.2007
Trophée du Grand Prix du Disque : une oeuvre unique
Le lauréat du Grand Prix du Disque du Télégramme reçoit un trophée original, une oeuvre unique créée spécialement pour l'occasion par un grand artiste breton.
2007 : UNE CREATION COLOREE DE LA COSTARMORICAINE DANIELLE LE BRICQUIR
Le trophée qui récompense le lauréat 2007 du Grand Prix du Disque du Télégramme porte les couleurs de l’Art Singulier. Il est signé Danielle Le Bricquir, peintre et plasticienne costarmoricaine. Grande voyageuse, elle travaille dans ses ateliers de Paris et de Perros-Guirec. Elle a créé dans cette dernière cité une galerie associative nommée Home’Art. Elle expose également au Japon, en Allemagne et aux Etats-Unis.
L’artiste transforme le quotidien en morceaux de poésie doux et colorés, emplis d’espièglerie. Elle a conçu pour le Grand Prix du Disque du Télégramme une œuvre mêlant bois, collages et peinture, une musicienne dont la tête rêveuse est traversée d’un oiseau. La sculpture porte un lézard, l’animal fétiche de Danielle Le Bricquir (récurrent dans ses tableaux et dans de nombreuses mythologies), qu’elle brandit comme un trophée.
Pierre-Yves Collinet
Site internet de l’artiste : www.lebricquir.com
2006 : UNE SCULPTURE EN CUIVRE ET LAITON DE ROGER JONCOURT
Après le galet du Costarmoricain Kito, la faïence HB Henriot du peintre brestois Paul Bloas et le granit du Morbihannais Michel Thamin, c’est une œuvre en cuivre et laiton du sculpteur léonard Roger Joncourt qui récompense le lauréat 2006 du Grand Prix du Disque du Télégramme.
Œuvres monumentales
L’ancien élève du grand Zadkine a créé un trophée qui reflète par chacune de ses facettes la richesse créative musicale liée à la Bretagne. Planté sur son socle granitique, il symbolise une Victoire brandissant le CD de l’année.
Originaire de Moëlan-sur-Mer, Roger Joncourt réside à Mespaul, entre Morlaix et Plouescat, où il a son atelier. Il y modèle la terre, sculpte le bois ou la pierre, coupe et assemble les métaux. Ses œuvres sont en général monumentales car il travaille essentiellement pour de grandes commandes publiques. En témoignent des sculptures réparties sur le territoire national : le fier postier breton Paotr Mad (Landivisiau), les bustes et statues de Xavier Grall (Landivisiau), Théodore Hersart de la Villemarqué (Quimperlé), Jacques Godet (Hautes-Pyrénées), ou des œuvres très symboliques : « Comme un air de Liberté » (Plourin-lès-Morlaix), « L’arbre » (Brasparts)...
Le sculpteur a aussi créé du mobilier religieux pour les églises de Plouescat et du Folgoët. Il est également le co-auteur, avec Patrig ar Goarnig et Michel Thamin, des œuvres aux couleurs de la Bretagne qui ornent les deux rond-points près de la voie express Brest-Quimper, à hauteur de Châteaulin. Il travaille actuellement pour la ville de Carhaix sur un projet de sculpture rendant hommage aux trois sœurs Goadec, véritables icônes du chant traditionnel breton.
Discret, Roger Joncourt est un artiste militant d’une belle efficacité à qui l’on doit, avec Morley Troman et Patrig ar Goarnig, la création et le dynamisme de l’association Sculpteurs Bretagne.
Brisant sans cesse pour mieux reconstruire, il s’est récemment associé à Jean-Claude Faujour, Michel Lancien et Jean-François Chaussepied pour former les quatre éléments libres d’un même mouvement artistique nommé « Les Fraktals».
P-Y. C.
2005 : LE "PASSAGE" EN GRANIT DE MICHEL THAMIN
Pour la troisième année, un trophée unique, créé par un plasticien breton, récompensera le vainqueur du Grand Prix du Disque Le Mag' Le Télégramme 2005. Il est l'oeuvre du sculpteur morbihannais Michel Thamin. Le lauréat 2004 Christophe Miossec le remettra à son successeur en février.
Un trophée signé du sculpteur costarmoricain Kito avait récompensé l'album « Sarac'h » de Denez Prigent en 2003. Le peintre brestois Paul Bloas s'était associé l'année dernière aux faïenceries quimpéroises HB Henriot pour créer l'oeuvre remise à Christophe Miossec pour son album « 1964 ». Leur rencontre a d'ailleurs donné naissance à la création de la pochette du prochain disque de Miossec qui sortira en février prochain.
Un Petit Poucet A l'envers
Résidant à quelques dizaines de kilomètres de Langonnet, dans le Morbihan, le sculpteur Michel Thamin récompensera d'une de ses oeuvres en granit. Le jury de professionnels et de lecteurs du Télégramme délibérera fin janvier. Michel Thamin est un vrai poète.
« Je suis un ramasseur de cailloux », dit-il modestement. « Depuis 40 ans, je suis une espèce de petit poucet à l'envers ». De ses nombreuses promenades dans la nature, il ramène toujours des pierres chez lui qu'il dispose dans son jardin très zen, à la japonaise. Il cultive également la passion des bonsaïs qu'il réalise lui-même. Parfois il ramène les pierres dans son atelier.
« Je les ouvre. Je les fends. Je les travaille et après je les remonte avec un lien végétal. Et quand je vais me balader, je les repose où je les ai trouvées »;Une porte entrouverte pour nos rêves Le trophée 2005 a une forte consonance bretonne mais, comme les musiques métissées, son granit vient de terre d'Afrique.
« J'ai pensé que ce "passage" brut d'un côté et poli de l'autre était comme une fenêtre, avec plusieurs vues différentes, ouverte sur le monde, comme une musique ou une chanson peut être une porte entrouverte pour nos rêves », dit son créateur.
Dans ses oeuvres récentes, Michel Thamin plante en terre des silhouettes de pierre finement élancées vers le ciel. Elles dressent fièrement leur fragile humanité sous le nom d'homolithiques. Parfois, elles laissent sur les murs quelques empreintes de leur passage. L'artiste confectionne également de petites boîtes ou des livres en pierre et nous convie, en les ouvrant, à découvrir les mystères de la vie. Michel Thamin a été invité par l'Alliance culturelle française pour exposer en Tchéquie en avril prochain. Il montre régulièrement ses oeuvres en Suisse avec le collectif Cairn dont il fait partie aux côtés de Rodolphe Le Corre, Jean-Pierre Baillet, Philippe Leconte, Heinz Altenhofer et René Guignard.
P-Y.C
2004 : UN PLAT HB HENRIOT DU PEINTRE PAUL BLOAS
Paul Bloas avait carte blanche pour créer le trophée du deuxième Grand Prix du Disque Le Mag’Le Télégramme. Il a choisi une réalisation en faïence.
Le peintre brestois Paul Bloas signe cette année la réalisation du trophée récompensant l’album de Miossec « 1964 », lauréat de la deuxième édition du Grand Prix du Disque Le Mag‘Le Télégramme.
Si les deux artistes partagent le même lien avec la cité du Ponant, ils ont aussi en commun un certain rapport à l’humanité. Ils pétrissent tous deux la chair et cisèlent par leur art, toujours en partance, d’éternelles déchirures. Par le geste ou par le mot et la musique, ils dessinent toute la beauté et la fragilité humaines.
Titans aux pieds d'argile
Depuis vingt ans, Paul Bloas crée à travers le monde un road-movie mythologique très charnel en marouflant sur les murs ses titans de papier aux pieds d’argile. Mi-hommes, mi-bêtes, tels des fantômes, ces derniers hantent les lieux qu’ils habitent. Le temps et les intempéries marquent leur destin pour une seconde mort, pour mieux crier la vie.
Des ruines de la prison brestoise de Pontaniou à celles du camp de la légion française dominant la baie de Diego Suarez (Madagascar), en passant par Berlin, Belgrade, Budapest ou Beyrouth, Paul Bloas marque avec force et poésie son passage. Il prend pour toile les paysages qu’il traverse et leur rend hommage.
Pour la réalisation originale du trophée, Paul Bloas nous offre aussi la primeur d’un nouveau medium, la faïence. Pour l’occasion, il a merveilleusement apprivoisé la matière, les couleurs et les techniques à Quimper, chez HB Henriot. « J’ai vraiment envie de continuer la faïence et travailler la notion de paysage ou la symbolique des choses à travers de petites histoires », confie l’artiste à l’issue de cette première prise de contact, très ludique.
On retrouve dans cette faïence toute la spontanéité du peintre, exprimée tant par la forme que l’élan du trait. Il nous fait partager ce moment magique du spectacle vivant, celui de la communion de l’artiste et du public.
P-Y.C
2003 : UNE "CLE DE SOL" DE KITO EN BOIS, METAL ET GALET POLI
Kito a spécialement créé pour le Grand Prix du Disque Le Mag’Le Télégramme un trophée aux couleurs de l’Armorique qu’il a intitulé « Clé de Sol ».
D’Argoat et d’Armor, le socle est en bois de prunier et la pierre ronde et sensuelle provient de la Plage des Galets Bleus, non loin de la Pointe de Bilfot, où réside le sculpteur, à Plouézec, près de Paimpol.
Le galet se fait ici lecteur de CD et la clé qui y est insérée ouvre alors les portes de tous les paradis, de toutes les rencontres possibles car la musique transporte vers tous les univers et se fait vecteur de l’âme, de découvertes et de partages.
Kito est le nom d’artiste de Christophe Antoine qui doit ce surnom à une sœur trop jeune qui n’arrivait pas à prononcer son prénom.
Prince de la sculpture et poète gorgé d’humour, Kito fait voler ou pleurer des pierres de plusieurs tonnes qu’il déshabille avec sensualité d’une fermeture éclair ou de boutons.
Il dit volontiers que le sculpteur Etienne Martin fut son mentor. La dualité est très présente dans le travail de Kito, que ce soit la vie et la mort ou à travers les Janus (hommes à deux visages) ou même dans son utilisation des matériaux en réussissant presque la fusion de la pierre et du bois tant les deux éléments semblent se mêler dans ses créations.
P-Y.C
09:50 Publié dans Trophée | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sculpture, cuivre, laiton, danielle le bricquir, fraktals, grand prix du disque, kito
08.02.2007
Edition 2006
RED CARDELL, PREMIER GROUPE LAUREAT DU GRAND PRIX DU DISQUE DU TELEGRAMME
Après Denez Prigent (pour l’album « Sarac’h »), Miossec (« 1964 ») et Yann Tiersen (« Les retrouvailles »), précédents vainqueurs du Grand Prix du Disque du Télégramme, Red Cardell devient le premier groupe à inscrire son nom au palmarès. Avec son opus « Naître », le trio gagne une quatrième édition particulièrement relevée. Elle a été marquée par la participation record de 70 albums.
Tous remplissaient les critères d’admission : être sorti au cours de l’année 2006 et posséder un lien avec la Bretagne. Un lien à définition ouverte puisqu’il peut être aussi bien du sang (si le groupe est breton, quel que soit son style), du son (il vient d’ailleurs mais intègre des éléments de musique bretonne à son répertoire) que du cœur (condition : posséder de réelles affinités avec notre région).
L’ambition du Grand Prix du Disque est de refléter et partager les goûts des lecteurs du Télégramme passionnés de musique. D’où leur indispensable présence dans le jury. Quatre femmes et trois hommes âgés de 16 à 56 ans ont ainsi été sélectionnés sur lettre de motivation. Ils formaient la moitié du jury, l’autre étant constituée de disquaires, président de festival et journalistes-chroniqueurs du Télégramme.
Red Cardell est un superbe gagnant. Au fil de délibérations où plus de trente albums ont été mis en exergue, le trio s’est échappé d’un quinté de tête éclectique. En effet, le chanteur traditionnel Yann-Fañch Kemener (« Dialogues »), l’Ensemble Matheus (opéra « Griselda »), le jazzman Pierrick Pédron (« Deep in a dream ») et Renan Luce (« Repenti ») le complétaient.
Dernier nommé, le jeune chanteur morlaisien ne rentre pas bredouille puisqu’il remporte le prix du meilleur premier album. Da Silva (« Décembre en été ») l’an passé, et Sheer.K (« Elovation ») en 2005, avaient préalablement reçu cette distinction.
10:55 Publié dans Edition 2006 | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Red Cardell, Renan Luce, Yann Tiersen, grand prix du disque
07.02.2007
Red Cardell. "Naître"
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ETHNO ROCK CHANSON
(KELTIA MUSIQUE)
Après deux live rapprochés, le nouveau bébé de Red Cardell est un « pré-mature-live » du bal-spectacle, dans le désordre et sans les images. Mais « Naître » est d'abord et surtout un virage pour le groupe. Et moins par le concept que par l'ouverture sur de nouveaux - et grands - espaces : ceux que dévoilent les choeurs « balkaniques » ou orientaux - non, non, Penfleps n'est pas mort... -, la fusion magique entre les voix ukrainiennes et celle de Louise Ebrel, des cuivres chaleureux, le talentueux touche-à-tout instrumentiste Pierre Sangra, des scratchs incisifs et, plus lumineux que jamais, un accordéon-caméléon multiculturel (Europe de l'Est, Bretagne, Argentine, Maghreb...). Autant de moyens pour éclairer des morceaux unis dans la diversité des styles (rock, rap, valse, kazaktchok, techno-world...), et pour en sublimer certains (« Coeur léger », « Poitou », « Là où je vais »). Si l'on savait déjà que Jean-Pierre Riou, dont « Voir » magnifie l'émotion à fleur de peau, et Jean-Michel Moal - le silence qui suit « Le sable » est encore de lui - avaient besoin l'un de l'autre pour se révéler, on sait aussi maintenant que Red Cardell avait besoin de Manu Masko pour être mis aux - nouveaux - mondes. Re- « naître » et devenir grand.
Pascal Cabioch
ALBUM LAUREAT DU GRAND PRIX DU DISQUE DU TELEGRAMME 2006
RED CARDELL : "CA DONNE LA PECHE !"
«Recevoir le Grand Prix du Disque du Télégramme, c’est valorisant, on en est très fier. La première chose qu’on s’est dite en apprenant qu’on était les lauréats, ça a été : ça donne la pêche ! ». Juste retour des choses puisque donner une pêche d’enfer à son public est l’une des caractéristiques du trio breton. Et cela dure depuis quinze ans.
Le mélange d’ethno-rock-chanson française propre à Red Cardell fait mouche à tout coup. Le Locquirécois Jean-Pierre Riou (chant, guitare, bombarde), le Quimpérois Jean-Michel Moal (accordéon chromatique et MIDI) et le Niortais Manu Masko (batterie, programmations) en sont à leur troisième participation au Grand Prix du Disque du Télégramme. A chaque fois, ils ont fait chavirer le jury. En 2004, il lui a décerné un coup de cœur pour l’album « Sans fard », puis un autre l’année suivante pour le live « Bal à l’Ouest ». L’obtention du Grand Prix apparaît comme un aboutissement logique.
Indépendance
La satisfaction des membres de Red Cardell est d’autant plus légitime qu’ils ont conçu « Naître » à 100 %. En plus de l’écriture et de la composition des morceaux, ils ont réalisé seuls la production, l’enregistrement et le mixage de cet album paru sous licence chez Keltia Musique.
Est-ce le signe d’une farouche volonté d’indépendance ? « Le choix nous a été un petit peu imposé par un marché où il est de plus en plus difficile de trouver une production », constate Jean-Pierre Riou. « Au-delà de l’idée d’indépendance qui relève d’un concept plus philosophique, nous avons conçu un système garantissant la pérennité du groupe. Le principe, c’est de créer l’actualité en sortant un album tous les ans. Cela permet de maintenir vivant tout un réseau de gens qui s’intéressent à notre travail ».
1.500 concerts
Depuis sa création en 1992, Red Cardell (la traduction de ce nom anglo-breton est « Fumier Rouge ») a conquis son public sur scène grâce à des prestations rayonnant d’énergie et de créativité. Avec 1.500 concerts au compteur, le groupe a fidélisé des inconditionnels en Bretagne, dans toute la France, à l’étranger également. Ainsi, en 2006, le trio s’est produit en Allemagne, en Suisse et en Ukraine. Une véritable histoire d’amour semble lier Red Cardell à l’ancienne république soviétique. Tout a commencé par l’invitation qu’un groupe ukrainien rencontré à Douarnenez 2004 a lancée aux Bretons. Ils ont alors participé à un festival à Kiev devant 30.000 personnes conquises. Depuis, ils retournent régulièrement jouer dans ce pays où les médias les suivent de près.
Toujours gourmand de nouveaux métissages, Red Cardell a intégré une parcelle d’Ukraine dans « Naître », et pas seulement sur la pochette qu’illustre une jeune fille en habit traditionnel.
Le groupe projette de tourner cet été dans les festivals français avec des musiciens ukrainiens présents sur l’album.
L’année 2007 sera décidément un grand cru. Pour fêter ses quinze ans d’existence, Red Cardell sortira son dixième album en compagnie d’invités avec lesquels des sympathies se sont nouées au fil du temps. Marcel Azzola, Dan Ar Braz, Stéphane Mellino des Négresses Vertes, Gérard Blanchard en seraient... Mais c’est déjà une autre histoire.
Frédéric Jambon
INTERVIEW DE RED CARDELL
" NOTRE FORCE, C'EST D'ETRE UN GROUPE DE SCENE "
Red Cardell a le don d’intégrer toutes sortes d’influences sans jamais y perdre son âme. Dressé depuis longtemps, le constat n’a jamais été aussi vrai qu’avec « Naître ». Jean-Pierre Riou revient sur l’histoire de ce disque magistral.
Comment est né « Naître » ?
C’est l’album-studio du spectacle « Red Cardell fait son bal », même si les morceaux ne sont pas présentés dans le même ordre. On a pu l’élaborer à Quimper grâce à la confiance du Théâtre de Cornouaille. Pendant un an et demi, on s’y est retrouvé à raison de trois ou quatre jours de répés par mois. On y a créé et enregistré tous les titres. C’est là aussi que j’ai écrit les textes.
Quel est le thème du spectacle et de l’album ?
La transmission. On s’est dit que ce serait bien de bâtir une histoire et on a choisi d’illustrer la vie d’un individu, depuis le moment où il est dans le ventre maternel jusqu’à celui où lui-même devient parent. L’idée a permis de cadrer les thèmes des chansons ainsi que l’évolution du spectacle.
La transmission renvoie également à toutes les influences musicales qui nourrissent les trois membres de Red Cardell. Nos goûts à chacun, notre façon d’interpréter, sont aussi le résultat de ce qui nous a été légué. L’identité du groupe résulte de notre manière de réunir toutes ces influences en nous mettant d’accord sur les couleurs, les sons, les productions.
Ukrainiennes, bretonnes, rock, hip hop, africaines... : les influences à l’intérieur de « Naître » sont multiples. Comment procédez-vous pour créer un morceau ?
La grande force de Red Cardell, c’est d’être un groupe de scène dont les membres jouent ensemble depuis très longtemps. On sait que sur trois jours de répés, on aura toujours la faculté de sortir des nouveaux titres parce qu’ils s’appuient sur le travail effectué en concert et pendant les balances qui les précèdent. Quand une balance marche bien, on règle notre son de scène en dix minutes. Et comme une séance dure une heure et quart, on en profite alors pour tenter de nouvelles expériences. Manu envoie un sample qu’on n’a encore jamais entendu et on commence à tricoter dessus. Cela va donner une idée de mélodie à Jean-Michel et on va bosser dessus pendant une demi-heure. Du coup, lorsqu’on se retrouvera plus tard en répétition, on pourra s’appuyer sur ces bases-là.
Quelle est l’histoire de « Poitou », le morceau réjouissant qui ouvre l’album ?
Le point de départ est une trouvaille de Manu au Cerdo de Parthenay, qui est l’équivalent en Poitou de Dastum en Bretagne. Comme on faisait un travail sur la transmission, on a essayé de trouver des choses dans ces lieux de mémoire. Manu est tombé sur le sample d’un paysan nommé Léonce Létang, enregistré en 1972 par un collecteur. Léonce chante à son cheval. Il lui interprète un chant de labour où l’on ne sait pas trop s’il crie, parle ou chante. On entend bien une harmonie dans sa voix, alors on a commencé à bœufer dessus. On a ensuite essayé de mélanger ça à un plinn, puis d’y ajouter un riff un peu groove. Cela fonctionnait et a suggéré à Jean-Michel une autre mélodie. Il l’a travaillée de son côté et quand il nous en a montré la grille on s’est tous dit, bien sûr, évidemment, c’est ça !
Vous n’aviez jamais fait appel à des invités dans vos précédents albums. Sur « Naître », ils sont 14 ! Pourquoi ?
Le premier invité a été Pierre Sangra, qui joue souvent avec Thomas Fersen. Nous souhaitions qu’il nous apporte les couleurs de ses violon, ukulélé, mandoline et oud sur plusieurs morceaux.
Par ailleurs, nos voyages en Ukraine nous ont donné l’amour des musiques de ce pays, et tout particulièrement de ses chœurs. Ils arrangent les voix d’une façon très particulière. On a eu envie d’en intégrer à l’album. On a demandé à notre ami ukrainien Oleg, le chanteur du groupe Vopli Vidopliassova, de nous aiguiller vers des musiciens. Il nous a présenté des virtuoses de la trompette, du violon, du cymbalum ainsi que le groupe de chanteuses qui intervient sur « Naître ». Nous avons demandé aux filles d’interpréter un morceau en breton.
Les enregistrements ont été effectués à Kiev. A notre retour en Bretagne, on a proposé à Louise Ebrel, fille et nièce des sœurs Goadec, de chanter dessus. Elle a accepté et le résultat était hyper-magique ! Alors on s’est dit que ce serait bien de solliciter Farid Aït Siameur pour qu’il vienne poser des vocalises de chant arabo-andalou...
Quel accueil les Ukrainiens réservent-ils à votre musique ?
Fantastique ! Le public des gros festivals où nous avons joué, et où nous étions d’ailleurs le seul groupe d’Europe de l’Ouest à l’affiche, s’est montré enthousiaste. Il découvre les musiques du monde. Par exemple, il ne connaissait pas la musique maghrébine. La richesse mélodique de la musique bretonne ou le son de la bombarde lui plaisent énormément. Les Ukrainiens aiment l’idée du mélange. Et comme on intègre beaucoup de chanson française dans la musique de Red Cardell, voilà encore un aspect différent qui les séduit.
Etes-vous médiatisés dans ce pays ?
On passe à la télé, nos concerts sont retransmis... C’est étrange parce qu’en France, ça fait quinze ans qu’on a beaucoup de mal à avoir accès aux médias nationaux alors que là-bas, en seulement deux ans, on bénéficie d’une belle reconnaissance.
F.J.
COMMENTAIRE DE YANN TIERSEN : "UN VRAI SENS DE L'OUVERTURE"
Le lauréat du Grand Prix du Disque du Télégramme se voit proposer la présidence de l’édition suivante. Comme ses prédécesseurs Denez Prigent et Christophe Miossec, Yann Tiersen a accepté le rôle. Et c’est un président heureux qui a entériné la victoire de l’album « Naître » de Red Cardell.
« Je trouve ça génial que le prix revienne à un groupe qui tourne depuis très longtemps et a déjà enregistré plein d’albums, s’enthousiasme Yann Tiersen. Surtout que dans "Naître", notamment par ses échanges avec des musiciens ukrainiens, Red Cardell témoigne encore d’un vrai sens de l’ouverture. Sa victoire me fait vachement plaisir ».
Les musiciens de Red Cardell ont accepté de devenir les présidents du cinquième Grand Prix du Disque du Télégramme qui consacrera le meilleur album possédant un lien avec la Bretagne sorti en 2007.
Site officiel : www.redcardell.com
23:10 Publié dans Edition 2006 | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rock, rap, valse, kazaktchok, techno-world, grand prix du disque, fusion
Pierrick Pedron. "Deep in a dream"
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JAZZ
(NOCTURNE)
Sur les photos de la pochette, le musicien regarde avec humilité son alto avec l’air de lui dire « merci, mon ami fidèle, je te dois tant ». De fait, d’un souffle presque magique, le bon génie enfermé dans ce saxophone en forme de lampe merveilleuse a transporté le Briochin de l’autre côté de l’Atlantique. A New-York, un rêve bercé de mélodies d’Irvin Berlin et Rodgers and Hart l’attendait : deux jours d’enregistrement avec deux pointures américaines du jazz, le batteur
Lewis Nash et le pianiste Mulgrew Miller, ainsi que le contrebassiste Thomas Bramerie. Il en résulte un distillat de swing, de l’essence de feeling velouté, un concentré de partage et de connivence qui donnent le sentiment que ce quartet écume les clubs depuis des lustres. « Deep in a dream », disque magnifiquement produit, confirme la place nullement usurpée de Pierrick Pedron dans le très haut de gamme.
Jean-Luc Germain
ALBUM COUP DE COEUR 2006
Coup de coeur de Franck Geiswiller, directeur de Paroles & Musique à Vannes
« C’est tout ce que j’aime dans le jazz : un mélange de standards et de compositions. Pierrick Pédron appartient à cette nouvelle génération de jazzmen qui sont à la hauteur des Américains. Il a un phrasé extraordinaire, élégant, à la fois chaud et sensible, fluide et fiévreux. Je pense qu’il compte parmi les vrais espoirs du jazz français ».
Site officiel : www.pierrickpedron.com
20:15 Publié dans Edition 2006 | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jazz, alto, grand prix du disque, Lewis Nash, Mulgrew Miller, Thomas Bramerie, saxophone
Plantec
MUSIQUE BRETONNE
(NOROIT/COOP BREIZH)
eux ans après son excellent «Reverzhi», Plantec signe et persiste dans sa démarche «festnozhard».
Compositeurs de l’ensemble de ce CD sans autre nom que celui du groupe, les cinq musiciens - à savoir les frères Odran (bombarde) et Yannick Plantec (guitare), Nicolas Le Millier (biniou), Christophe Hellec (basse) et le dernier arrivé Marc Gauvin «M-Kanik» (programmations) - réalisent encore une judicieuse alchimie. Celle de l’essence traditionnelle de morceaux dansants (andro, laridés, plinn, valse, ronds, scottish...) et de leur habillage aux couleurs rock.
A danser donc (soyez en bonne condition physique !), mais aussi à écouter comme le titre «Tant d’aime» que ne renierait en rien un certain Yann Tiersen.
Un nouvel opus bien dans la lignée innovante d’un groupe aussi attachant dans ses sillons que sur les scènes des festoù-noz.
Gérard Classe
ALBUM COUP DE COEUR 2006
Coup de coeur de Jean-Philippe Quignon (président du Festival des Vieilles Charrues)
« Avec les frères Plantec et leurs complices, les festoù-noz que l’on dit parfois moribonds s’inventent un avenir. On adhère totalement à leur palpitant mélange de musique celtique et d’électronique. Si son inspiration est solidement amarrée à la Bretagne, Plantec sait prendre le large avec une hardiesse et un enthousiasme qui nous font vibrer. Un joli tourbillon musical qui retient notre attention de bout en bout ».
Site officiel : www.plantec.new.fr
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