25.01.2008

Dan Ar Braz. "Les Perches du Nil"

c66ded5e3ad4435381bdf74da9dd518b.jpg(COLUMBIA/SONY BMG)

 

INTERVIEW DE DAN AR BRAZ PARUE LE 28 MARS 2007 DANS SORTIES

 

 

 

 UN NOUVEL ALBUM TOURNE VERS L'AFRIQUE

Trois ans après « A toi et ceux », Dan Ar Braz livre un album de chansons, « Les perches du Nil ». Sans renier son héritage folk-blues-rock anglo-saxon, ni son esprit celtique, le Quimpérois colorie ses compositions de touches africaines. Citoyen en alerte, il évoque l'exil, le temps qui passe, le pillage des ressources naturelles et humaines. Engagé et chatoyant, irrigué du son de guitare si caractéristique de l'artiste, l'opus est plus proche de Dire Straits que de la chanson française actuelle.


Y a-t-il eu un élément déclenchant à l'élaboration de votre nouvel album ?
La toute première chose à signaler, c'est que Sony, ma maison de disques, m'a proposé de réaliser un nouvel album. A une époque où le marché est en crise, où l'on a vu des gens plus connus que moi se faire virer, ça a été une marque de confiance forte qui m'a vraiment porté. Maintenant, quel album concevoir ? Même si je ne me considère pas vraiment comme un chanteur - encore qu'actuellement on entend bien qu'il n'est plus vraiment besoin d'être chanteur pour chanter (rires) ! - j'ai eu envie de faire un disque de chansons. Cela répondait aussi à une attente qui me surprenait un peu et qu'on m'a souvent formulée en Bretagne : « Mais pourquoi ne chantes-tu pas plus ? ». L'élément déclenchant des premiers textes, ça a été de revoir à la télé le film d'Hubert Sauper, « Le cauchemar de Darwin »*. J'ai demandé à Clarisse Lavanant de m'écrire un texte sur ce thème. Elle est allée le voir et dans la foulée a tout de suite écrit « Les perches du Nil ».


Clarisse Lavanant est l'auteur de la moitié des chansons du disque. Parce qu'elle a le don de trouver les mots de ce que vous ressentez ?
Oui : si j'étais Voulzy, elle serait ma Souchon ! C'est un bonheur d'avoir trouvé ses mots comme à une autre époque j'avais pu trouver ceux de Xavier Grall. Elle est extraordinaire, il n'y a qu'à lire ses textes.


Trois textes sont de vous. Vous reprenez également deux chansons de Melaine Favennec, et interprétez un titre de Christian Lemoine. Pourquoi ces choix ?
« Regarde autour » et « De la lune à la lune » de Melaine sont des chansons que j'avais vraiment envie de reprendre depuis longtemps. Elles s'intègrent parfaitement dans le contexte de ce disque. Christian Lemoine est un éducateur basé en région parisienne qui m'envoie des textes régulièrement. Son morceau « Le nom du vent » est magnifique. C'est d'ailleurs le seul extrait du nouvel album que j'ai choisi d'interpréter à la Nuit de la Saint-Patrick à Bercy.


« Les perches du Nil » vous éloignent des « green lands » celtiques que vous fréquentez habituellement. Vous aviez envie de nouveaux horizons ?
J'ai eu envie de me « délocaliser », dans le bon sens du terme, d'aller me chercher ailleurs où je ne suis jamais allé, en Afrique. Je suis d'un naturel casanier, Une bernique en quelque sorte. Heureusement, je regarde beaucoup Arte qui m'apporte une vision du monde. Par rapport à la Bretagne, j'ai l'impression d'avoir déjà exprimé tout ce que j'espère. Je l'ai chantée dans tous les sens, et notamment dans la chanson intitulée « Bretagnes » en 2000. Mon propos ne va pas changer d'une année à l'autre, je n'avais pas de raison d'y revenir. En mettant le cap ailleurs, en m'« africanisant », je me rends compte en fait que je ne parle que d'exil. L'exil existant et l'exil à venir. Lorsque dans « Qu'ai-je fait », j'évoque Shishmaref et Tuvalu, deux îles, l'une en Alaska, l'autre en Polynésie, amenées à disparaître à cause du réchauffement climatique et de la montée des eaux, je parle d'exil. C'est comme si on nous disait qu'il va falloir évacuer Sein et Ouessant. Sauf que là tout le monde s'en fout.


Est-ce l'album d'un citoyen en alerte ?
En alerte totale, oui, dans ma tête tous les compteurs sont au rouge ! Mais je commence par m'accuser moi-même. Dans la chanson « Qu'ai-je fait » qui ouvre l'album, je m'interroge sur ma part de responsabilité, parce que ce serait aussi trop facile de tout rejeter sur les autres.


Guizmo du groupe Tryo et la Camerounaise Sally Nyolo jouent sur votre album. Comment s'est passée votre collaboration ?
Au commencement, j'ai fait des maquettes des chansons à Lampaul avec Patrick Péron, comme d'habitude. Dans le studio, j'avais fait tout seul des petites voix qui pouvaient faire africaines autour de certaines chansons. Je n'en menais pas large lorsque j'ai présenté ces maquettes à la maison de disques, mais l'adhésion a été enthousiaste. Valérie a dit, j'ai une idée, il faudrait créer une rencontre entre toi et Guizmo. Elle a eu lieu, nous avons beaucoup travaillé dans son studio près de Rennes, et c'est lui qui a eu l'idée d'inviter Sally Nyolo à venir chanter et faire des percussions. On a joué ensemble sur les couleurs. Ceci dit, si j'aime ces arrangements, il était fondamental pour moi que les morceaux soient suffisamment solides pour pouvoir être interprétés simplement en guitare-voix. Il faut qu'une chanson tienne la route jouée en acoustique. Ce n'est pas parce que tu vas mettre un grand orchestre qu'elle va être meilleure. Dans ce disque, je suis revenu à mes origines, à ce qui a fait le fond de mon répertoire : blues-rock, folk-rock acoustique.

Propos recueillis par Frédéric Jambon


* Il rapporte comment l'introduction de la perche du Nil en Tanzanie a abouti à une catastophe écologique et humaine pour les habitants.

ALBUM COUP DE COEUR 2007

Coup de coeur de Frédéric Jambon (Le Télégramme) : « Sans renier l’héritage celtique, Dan Ar Braz revient dans ce disque de chansons à ses fondamentaux blues-rock et folk-rock acoustique, tout en s’ouvrant à la world. Avec ses complices inattendus, Guizmo et Sally Nyolo, il livre ici un morceau d’anthologie : l’écologique "Terres vertes unies vertes" ».

 

19.09.2007

Red Cardell : " Le Grand Prix du Disque a aussi un sens à l’étranger "

Red Cardell prépare actuellement l’album de ses quinze ans en studio à Plestin-les-Grèves. Nous y avons récemment retrouvé deux membres du trio : l’accordéoniste Jean-Michel Moal et le chanteur-guitariste Jean-Pierre Riou. Entretien.

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30.11.2006

Mars. "Dragonfly"

medium_CD_Mars.jpgEntre tradition et modernité, pop et jazz, ce premier album solo de Mars, alias Marcel Aubé, a de quoi étonner. Si on se laisse facilement apprivoiser par le «erhu», un violon chinois à deux cordes, du musicien brestois, on n’en est pas moins séduit par la légèreté et la finesse des 11 compositions de cet opus. Bassiste attitré d’Etienne Daho et de nombreux autres (Zazie, Dan Ar Braz...), Mars livre ici l’accomplissement d’un rêve qu’il mûrit depuis de longues années : mettre en avant cet instrument méconnu et lui rendre un hommage digne de ses sonorités si envoûtantes et apaisantes. Etienne Daho, les chanteuses Jia jia et Jia Zhong ainsi que le trompettiste Eric Le Lann ne s’y sont pas trompés, et apportent leur touche personnelle à l’universalité musicale de «Dragonfly». Une vraie réussite !
François Alaouret

Site : www.maquismusic.com

17.02.2006

Clarisse Lavanant. "Vers l'imaginaire"

medium_05LAVANANT.jpgCHANSON

CRÉON MUSIC / AVEL OUEST

Originaire de la baie de Morlaix, Clarisse Lavanant possède une belle voix « à l’irlandaise », même si elle s’exprime en français. L’artiste se double d’un auteur à l’écriture sensible, grave et légère à la fois. Un maître ne s’y est pas trompé : Dan Ar Braz. Le Quimpérois a réalisé l’opus de la jeune femme, composant la plupart des musiques et illuminant de ses guitares ce bouquet de 13 ballades pop à la grâce nostalgique.

 

Site officiel : www.clarisselavanant.com

27.02.2004

Carlos Nunez. "Un Galicien en Bretagne"

medium_03_CARLOS_NUNEZ.jpgMUSIQUE BRETONNE

(SAINT-GEORGE / SONY MUSIC)

Nourri depuis son plus jeune âge de musique celtique, Carlos Nuñez a toujours cherché, au fil de ses albums, à l’enrichir, la métisser pour la sublimer. Cette fois, le prince de la gaïta (cornemuse espagnole) rend hommage à cette terre où « les musiques et les chansons dévoilent une palette d’états d’âme : la joie, l’intimité, le drame, la fête… ». Il a travaillé pendant près de sept ans à l’élaboration de ce disque. Parcourant la Bretagne, recueillant auprès des maîtres de la tradition (Polig Montjarret, Donatien Laurent) de superbes trésors, l’artiste a fui la facilité pour offrir aux 12 titres de l’album un écrin d’une respectueuse délicatesse. De prestigieux invités auréolent ce disque d’une vaporeuse magie : Alan Stivell, Gilles Servat en duo avec Bleunwenn, Dan Ar Braz qui a spécialement composé « Une autre fin de terre » et « Un Galicien libre à Paris », les Kanerion Pleuigner pour le saisissant cantique « Karante doh doue », Liam O’Flynn, Patrick Molard et le maître de la viole de gambe Jordi Savall. Traditionnel dans l’âme, éclairé d’une douce lumière galicienne, ce Tro Breizh musical se fait miroir des émotions d’un Galicien pour qui la Bretagne s’est transformée en en muse gracile.