31.01.2008
Interview des frères Guichen : "Ca finit toujours par sonner breton"
Jean-Charles et Fred Guichen ont la Bretagne au cœur. S’ils aiment s’échapper vers le groove, le battement de pied de la gavotte finit toujours par les rattraper. Les deux frères nous ont raconté le rapport passionnel qu’ils entretiennent avec la musique bretonne.
Le titre anglais de votre album « Dreams of Brittany » signifie « Rêves de Bretagne ». Est-ce l’illustration de la Bretagne telle que vous la rêvez ?
FRED.- Telle qu’on la rêve, mais aussi telle qu’on veut la montrer aux gens.
JEAN-CHARLES.- Nous sommes très fiers de la Bretagne. Par rapport aux autres pays que l’on a pu voir, on trouve que c’est un paradis. Alors, ça nous fait plaisir de la raconter, d’expliquer l’ouverture de sa culture, et d’essayer d’en être modestement des ambassadeurs lorsqu’on joue à l’étranger.
F.- Oui, c’est l’un des buts de l’album : faire imaginer la Bretagne aux publics qu’on rencontre en Europe, au Canada ou en Asie. Pour compléter les images musicales, on a rajouté dans le coffret douze photos de paysages qu’Hervé Moreau a prises spécialement pour l’occasion.
Vous ne jouez que des compositions. Comment les faire sonner breton ?
JC.- C’est naturel, on a ça dans nos entrailles. Quand je joue de la guitare, il y a toujours un moment où ça va finir par sonner breton. Je ne pourrais pas faire partie d’un groupe de blues américain par exemple. Le rock pur, je finirais par le transformer en musique bretonne. Même sur des chansons de Madonna à la radio, je fais lalalalélo (rires) !
F.- Lorsqu’on part dans un univers différent, forcément, par un battement de pied, quelque chose nous ramènera à la gavotte. Notre musique traduit l’énergie qui nous est insufflée ici. Nous sommes sensibles à ce qu’on y voit, ce qu’on y entend, à la musique bretonne jouée par d’autres aussi. Dès l’enfance, nous avons été inspirés par Alan Stivell.
Du coup, ça a été un véritable honneur de jouer avec lui en 2000 sur son disque « Back to Breizh ».
La musique bretonne est donc la matrice de tous vos morceaux ?
F.- La musique, mais aussi la danse. Nous sommes très attachés au fest-noz parce qu’au-delà du fait de danser, c’est une véritable communion qui mène vers la transe.
Comment composez-vous ? Prenons l’exemple du morceau que vous avez intitulé « Dreams of Brittany».
JC.- C’est un andro né d’un riff de guitare. Une fois que j’ai trouvé le riff, j’ai imaginé l’histoire, des suites d’accords, en essayant que ce soit joli (rires). Puis j’ai montré la grille à Fred. Il a fait la mélodie sur cette base. Ensuite, on a pris le temps de tout décortiquer note à note. Cet andro-là a été long à élaborer, parce qu’il est complexe.
F.- Nous travaillons beaucoup. Pour ma part, je fais de l’accordéon tous les matins dès 6 h 30. Et je joue longtemps. On parle de transe en fest-noz, je ressens alors quelque chose de similaire. Des géométries apparaissent. A un moment, j’en choisirai un segment qui deviendra le début d’un thème.
D’autres fois, un morceau peut jaillir d’un seul coup. C’est le cas lorsque je ressens une émotion forte, un coup de colère ou un coup de cœur.
Combien de temps avez-vous mis pour élaborer votre disque ?
JC.- Deux ans. Contrairement au précédent où on avait travaillé en groupe, on a composé et arrangé celui-ci tous les deux. On ne voulait pas que quelqu’un transforme notre musique en l’entraînant vers le jazz ou ailleurs. Ensuite, notre complice bassiste Etienne Callac est intervenu sur nos grilles d’accords. Avec sa patte magique, il a évidemment amélioré le truc.
F.- Un an plus tard, notre producteur Jacques Bernard a invité l’Irlandais Ray Fean à jouer sur nos enregistrements. Il l’a fait en notre absence. Lorsque nous avons découvert le résultat, on est tombé par terre ! C’était vraiment ce à quoi nous rêvions ! Nous voulions un super batteur-percussionniste, nous avons été servis !
La touche finale a été apportée par de petites interventions de Philippe Turbin au piano et d’Hervé Le Lu à la bombarde. Parce qu’on ne pouvait tout de même pas imaginer un rêve de Bretagne sans bombarde !
Propos recueillis par Frédéric Jambon
Site officiel : www.freresguichen.com
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Jean-Pierre Riou, de Red Cardell : "Les Guichen sont une référence"
Le lauréat du Grand Prix du Disque du Télégramme se voit proposer la présidence de l’édition suivante. Comme ses prédécesseurs, Red Cardell a joué le jeu. Le trio a participé à l’aventure avec un réel plaisir. Le jour de la délibération du jury, Jean-Pierre Riou, le chanteur-guitariste, a pris part aux débats : « C’était très intéressant d’avoir l’avis de tout le monde. C’est aussi étonnant de voir les cinq albums qui sont à l’arrivée. 39 artistes cités au premier tour pour le Grand Prix, 19 pour celui du meilleur premier album : ça prouve la diversité des goûts des membres du jury. Tout le monde s’exprime avec sincérité : c’est rigolo et serein à la fois ».
Au nom de Red Cardell, Jean-Pierre Riou a entériné avec bonheur la victoire de « Dreams of Brittany » : « L’album qui est élu représente vraiment la qualité de la production bretonne. Les Guichen sont une référence en Bretagne, ils prennent des risques, continuent à chercher de nouvelles manières de travailler. Ils ont soigné la production pour que cet album soit un moment fort à partager avec l’auditeur. C’est mon disque préféré de cette sélection 2007 ».
10:30 Publié dans Edition 2007 | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Jean-Pierre Riou, Red Cardell, Grand Prix du Disque du Télégramme, Guichen, "Naître", "Dreams of Brittany"







