14.02.2005
Miossec. "1964"
CHANSON FRANCAISE
(PIAS)
Lorsque Christophe Miossec décide d’enregistrer un cinquième album « Un petit peu plus positif que les précédents », il présente « 1964 ». Le titre fait référence à son année de naissance à Brest. Il donne le nom de sa ville à une des superbes ballades pop-rock qui balisent le disque. Cette chanson parle d’amour entre remords et nostalgie. D’autres morceaux explorent les multiples facettes du sentiment amoureux, les doutes, les plaisirs et les douleurs qu’il engendre : « Essayons », « Ta chair ma chère », « Je m’en vais », « Dégueulasse »… Miossec assemble ses mots en images d’une beauté saisissante, fulgurante, crue parfois. Il les chante de cette voix chaude et fragile qui sait si bien, sur le ton de la confidence, tailler dans le vif amer de l’émotion. Les mélodies sont belles à fendre l’âme, les arrangements pop, rock et classique à la hauteur. Un très grand disque.
Frédéric Jambon
ALBUM LAUREAT DU GRAND PRIX DU DISQUE 2004
Miossec
A Fleur de peau
1995 : « Boire » claque comme un coup de tonnerre –de Brest- dans le paysage de la chanson française. Il révèle un auteur-compositeur-interprète à la voix fragile et chaude. Un personnage à la sensibilité à fleur de peau qui lance un cri de rage d’une fulgurante beauté, susurré en images fortes, crues, limpides, poétiques.
En atteignant la trentaine, Miossec –Christophe de son prénom, dont il ne signe pas- entre en chanson pour ne plus la quitter. Auparavant, le CV du Brestois s’était déjà copieusement garni (« Trop ! », rit-il) : groupe de rock à l’adolescence (Printemps noir), études (jusqu’au DEA de sciences politiques), journalisme (à Paris avec un détour sous les Tropiques) et beaucoup de boulots occasionnels (saisonnier, peintre en bâtiment, calorifugeur de bateaux…).
Autodérision
« Boire » devient disque d’or (100.000 exemplaires vendus), comme les quatre albums qui vont suivre. Il aurait pu y en avoir un supplémentaire, mais entre « A prendre » et « Brûle », Miossec jette un disque entier à la poubelle, au mépris de ses finances de producteur. Et lorsqu’on lui fait remarquer que peu d’autres auraient eu ce panache, il répond simplement : « C’était une question de survie ».
Miossec est encore moins complaisant avec lui-même qu’avec les autres, plus porté à l’autodérision qu’à la provocation à laquelle il recourait assez souvent lors de ses premières années de concerts.
A bien des égards, on tient avec ce chanteur un héritier de Gainsbourg, et pas seulement parce que Jane Birkin lui demande des chansons. Ecrire pour les autres est un autre grand plaisir de Miossec : « Tu es au service, tu fais de l’artisanat, un peu de la broderie, explique-t-il. Tu essaies de ne pas être à côté de la plaque par rapport à ce que tu ressens de la personne et c’est toujours agréable de voir que ce que tu avais pensé colle à peu près ».
Et ça a déjà collé pour des personnalités aussi contrastées que Johnny Hallyday, Alain Bashung, Juliette Gréco –entre autres- et bientôt le groupe de metal Mass Hysteria. « Ce qui est bien en tant qu’auteur, c’est de pouvoir se trimballer dans plein de genres de musiques différentes. C’est toujours excitant d’entrer dans un autre univers ».
En attendant, l’univers dont il nous ouvre les portes en prenant son micro est de plus en plus fréquenté. « 1964 » a été disque d’or bien plus vite que ses prédécesseurs. Miossec est entré de plain-pied dans la cour des très grands de la chanson.
F.J.
INTERVIEW DE CHRISTOPHE MIOSSEC
« C’est du blues »
Christophe Miossec, le Brestois nomade, aime se poser à Ouessant. Il y a préparé sa tournée en trio dans treize pays d’Afrique Orientale. Nous l’avons retrouvé sur l’île le temps d’un entretien.
Comment réagissez-vous à l’obtention du Grand Prix du Disque ?
J’ai toujours un peu de mal avec la notion de prix parce que ce qu’on fait ce n’est pas de l’athlétisme, c’est de la musique. Maintenant, si le Grand Prix permet aussi de mettre en valeur la production discographique de l’année en Bretagne- la région de France la plus monstrueuse en terme de créativité musicale !- alors, c’est super bien.
Parmi les candidats, il y a pas mal de choses que je ne connais pas. Mais on sait bien que ce ne sont pas les gros tirages qui font les bons disques. Ce qui est marrant, c’est que ça part dans tous les sens : du trad, du rock, etc. Ce n’est pas show-biz en fait.
Quelle est la genèse de « 1964 », l’album lauréat ?
Le point de départ est une commande de l’Orchestre Lyrique d’Avignon qui voulait reprendre les plus grands succès que j’ai jamais eus (rires) dans le cadre d’une tournée commune. Mais je me suis dit que c’était un peu couillon…
Ça fait un peu formol, je trouve, de reprendre de vieux morceaux dans une version classique. Du coup, la commande a été vraiment une bonne excuse et un excitant pour créer un répertoire complètement nouveau. Je n’ai pas fait que des bons disques, et heureusement (rires). Aussi, d’avoir une carotte, ça motive. Du coup, je suis devenu complètement stakhanoviste.
Est-ce totalement différent de chanter avec un orchestre classique et un groupe guitare-basse-batterie ?
Oui : l’orchestre a été une super thérapie pour ma gueule. Je ne me suis jamais assumé en tant que chanteur, je me suis toujours senti un peu ridicule ou imposteur dans ce rôle mais, là, quand tu joues avec 60 personnes, tu es vraiment obligé d’assumer. Plus question de faire de l’impro (rires). Finalement, ça m’a fait du bien de me prendre un peu en main.
Pourquoi l’orchestre n’intervient-il pas sur tous les morceaux du disque ?
Avec Joseph Racaille, qui a écrit les arrangements, on a préféré le retirer sur plusieurs morceaux pour donner plus de couleurs à l’album. C’est drôle d’ailleurs de passer d’une musique soit disant savante à quelque chose de beaucoup plus basique. Je trouve ça plutôt rigolo de pouvoir aller d’un genre à l’autre. C’est un des gros avantages de la chanson française.
« 1964 » est un disque plus positif que ses prédécesseurs. Entrez-vous « En quarantaine » avec sérénité ?
J’en avais un peu marre de jouer à la chialeuse de service, ça peut être très agaçant. Il y avait une envie d’ouvrir, d’épurer, de laisser de la place à la musique plutôt qu’à une logorrhée. Quant à la quarantaine dans laquelle je rentre, je n’en reviens pas ! C’est un boulot qui a tendance à infantiliser. Là, ça me fait dix ans de musique. Je suis arrivé dans la chanson un peu par hasard et je pensais dégager tout de suite. Et puis il se trouve que tu restes, et qu’à la demande générale tu n’est pas viré (rires). C’est une drôle de situation de faire un boulot où le fait de continuer dépend des gens et pas du tout de toi.
Lorsque vous avez sorti « Boire », en 1995, vous étiez présenté avec Dominique A comme « le chef de file de la nouvelle chanson française ». Qu’en pensez-vous aujourd’hui ?
Ça fait rire ! Ce sont des termes qui ont disparu. La chanson française est devenue une évidence aujourd’hui. Ça ne l’était pas forcément à l’époque d’essayer de se casser le cul pour faire des textes pas trop mal. C’était plutôt la variété qui dominait. Entre elle et le poids des chanteurs revendicatifs des années 70, ce n’était pas flagrant de trouver une voie médiane. Aujourd’hui, on voit plein de mecs qui chantent en français sans complexe. Si avec Dominique A on a un petit peu pu faire avancer le schmilblick là-dessus, c’est très bien.
La relation amoureuse demeure le thème essentiel de vos chansons. Est-ce parce qu’elle permet d’exprimer tous les sentiments, du plus radieux au plus noir ?
L’amour, c’est du blues. Les gens qui me demandent si je n’ai pas envie de chanter autre chose me font marrer. A-t-on jamais demandé à un bluesman, à BB King par exemple, s’il ne voulait pas changer de disque ? La musique populaire est basée sur l’amour : le flamenco, ce n’est que ça, comme le raï. Parce que dans l’amour, il y a toute la gamme humaine. Et puis, cela n’empêche pas d’exprimer un contexte social derrière.
Votre base actuelle est Bruxelles. Envisagez-vous de revenir vivre en Bretagne ?
La Belgique, c’est une idée comme une autre. Quant à un retour en Bretagne, je répondrai que je n’ai pas envie d’emmerder les gens, en fait. Ou alors, ce serait pour aller vivre à Ouessant. C’est le plus beau coin de France, et de loin ! Et puis j’aime bien le côté anar’ des gens, la liberté qui y règne. Il y a aussi le pied de prendre le bateau. A Ouessant, tu as vraiment l’impression d’être à l’abri. J‘adore aussi parce que quand tu y es, tu te fous du temps qu’il fait : il peut flotter quinze jours, ce n’est pas grave, ça a toujours un charme. J’aime bien le sentiment de voyage immobile qu’on y éprouve.
F.J.
Interview de Denez Prigent
« Un superbe album !»
Le lauréat du Grand Prix du Disque se voit proposer d’être le président du jury de l’édition suivante. Denez Prigent a accepté le rôle et nous a confié ses impressions.
Le fait d’être le lauréat du premier Grand Prix du Disque Le Mag’Le Télégramme a-t-il eu un impact auprès du public ?
Oui, les gens m’en ont beaucoup parlé et m’en parlent encore, après les concerts notamment. Ils sont contents pour moi. C’est pour eux, comme pour moi, une très belle reconnaissance pour mon travail de composition qui s’efforce d’être le plus ouvert possible. Cela m’encourage à tenter de nouveaux paris.
Comment avez-vous vécu l’expérience d’être le président du jury de cette seconde édition ?
C’était une expérience enrichissante. J’ai pu rencontrer des gens, des sensibilités musicales différentes, chacun échangeant ses réflexions sur tel ou tel artiste dans un esprit d’ouverture. L’atmosphère était conviviale et détendue, le vote s’est effectué dans le respect du choix de chacun.
Que pensez-vous du nouveau lauréat, Miossec, pour son album « 1964 » ?
Je trouve que c’est un superbe album. En plus des textes toujours aussi bien composés, je trouve que les mélodies sont très belles. Elles ont chacune une couleur instrumentale qui lui est propre et une émotion particulière. J’aime beaucoup la nostalgie contenue dans la chanson « Brest ». Je l’écoute souvent.
16:50 Publié dans Edition 2004 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chanson française, lauréat grand prix du disque, pop, rock, classique
Sheer.K. "Elovation"
TRIP HOP - GROOVE
(ARKAL/COOP BREIZH)
Après deux années de gestation, les Brestois de Sheer.K enfantent un premier beau bébé. "Elovation" distille une atmosphère envoûtante et sensuelle. Stéphanie (chanteuse à la voix soul qui s'exprime en anglais) et ses complices présentent onze composition hypnotisantes à dominante trip hop. Des ambiances hip hop et jazzy, tendant parfois vers la jungle et la drum'n bass, épicent les mélodies planantes. Le groove est massif, puissant, captivant. Une révélation !
ELU MEILLEUR PREMIER ALBUM 2004
« Elovation », de Sheer.K
Le jury du Grand Prix du Disque Le Mag’Le Télégramme a innové cette année en consacrant également le meilleur premier album parmi les 64 candidats. Le vainqueur de cette catégorie est « Elovation », du groupe Sheer.K.
Dix-sept des albums postulant au Grand Prix étaient des premiers disques : le riche vivier breton est prometteur de lendemains qui chantent, qui dansent et qui groovent.
Pour désigner l’heureux élu de cette nouvelle catégorie, le jury n’a pas hésité longtemps. Le groupe Sheer.K l’a emporté haut la main. Un succès de plus pour une formation qui a vu le jour en 2003 à Brest et ne cesse depuis de rallier un nombre grandissant de fans à son trip hop soul et sensuel.
Sheer.K –nom choisi pour le simple plaisir de sa sonorité- envoûte partout où il se produit. En 2004, le groupe a été le lauréat du Tremplin des Jeunes Charrues, gagnant ainsi le droit d’ouvrir le Festival 2005 des Vieilles Charrues de Carhaix. Un grand rendez-vous à vivre après avoir connu l’émotion de représenter la Bretagne sur la scène Découverte du Printemps de Bourges.
Stéphanie (chant, percus), Florence (basse, trompette), Sébastien (guitare), Arthur O’Pop (machines, programmation) et Vincent (batterie, percus) auront bien d’autres occasions de partager avec le public les compos contrastées de leur premier album. Sorti en décembre, il s’intitule « Elovation ». Une synthèse judicieuse entre « élévation » et « love », qui traduit une quête légitime et bien engagée de reconnaissance et d‘amour.
Frédéric Jambon
16:45 Publié dans Edition 2004 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : grand prix du disque, trip hop, meilleur premier album, groove
12.02.2005
Jeanne Cherhal. "Douze fois par an"
CHANSON FRANCAISE
(TÔT OU TARD)
Après un premier album piano-voix live et volcanique, Jeanne Cherhal a sorti un second opus d’apparence assagie, accompagnée de fins musiciens : « Douze fois par an ». La jeune femme, originaire de la région nantaise, y éclabousse de nouveau la chanson française de son talent régénérant. L’auteur-compositrice-interprète est une espiègle observatrice de ses contemporains, dont elle dresse des portraits drôles, caustiques ou touchants (« Un couple normal », « Le petit voisin »…). Elle aime aussi jouer avec le sens des mots, des formules, doublant ses jeux langagiers de réjouissantes recherches sur les rythmes. Son inspiration ne souffrant pas de tabou (les douze fois du titre correspondent au cycle menstruel), elle consacre même une chanson à « La station » (d’épuration), destination de promenades dominicales en famille. Elle la chante aujourd’hui dans son style unique : « Devant les eaux stagnantes, je me sentais vivante, dans l’odeur du moisi, je me trouvais jolie ».
ALBUM COUP DE COEUR 2004
20:45 Publié dans Edition 2004 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chanson française, grand prix du disque, nantaise
BD Swing Orchestra. "En concert que c'est !"
MUSIQUE BRETONNE
(AN NAER PRODUKSION)
En Trégor, une quinzaine de jeunes musiciens ont décidé de mêler leurs bombardes, biniou, saxophone, violons, contrebasse, accordéons, flûtes traversières, chant et percussions pour fonder un big band traditionnel dépoussiérant. Ils revisitent le patrimoine breton en le repeignant de couleurs aussi vives que les tenues qu’ils portent en scène. Comme son titre l’indique, ce premier album jubilatoire est un livre.
ALBUM COUP DE COEUR 2004
20:35 Publié dans Edition 2004 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : musique bretonne, fest-noz, Trégor, grand prix du disque
Bugel Koar. "Nebaon !"
CHANSON EN BRETON
(AN NAER PRODUKSION)
Au chant : Marthe Vassallo, une des plus belles voix de Bretagne, ample, douce ou puissante, lyrique parfois. Elle s’exprime en breton, contant, tout au long de cet album intime et bigarré, l’espoir, la nuit, le sang, la caresse… Quelques textes sont issus du répertoire traditionnel, la chanteuse est l’auteur des autres. A ses côtés : Philippe Ollivier, compositeur inspiré aux accordéons polyglottes. Avec la complicité de musiciens invités, le duo Bugel Koar a su créer un univers profondément original, cohérent, bouleversant, d’une force émotionnelle universelle. Et si la peur est là, tout finit heureusement bien par une célébratrion de l’amour de la vie. Alors, « Nebaon ! » : ne t’inquiète pas !
ALBUM COUP DE COEUR 2004
20:30 Publié dans Edition 2004 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Marthe Vassallo, Philippe Ollivier, musique bretonne, grand prix du disque
Pierrick Pédron. "Classical faces"
JAZZ
(NOCTURNE)
Jusque dans l’allure, le saxophoniste briochin Pierrick Pédron semble cultiver l’homme dévot à ses héros de cuivre, Art Pepper par exemple. Son « Classical faces », habité et prenant, est tout sauf conventionnel. Il y fait entendre son amour du be-bop bien sûr, mais surtout son talent de compositeur, de bâtisseur de sons et de mélodies belles comme des cathédrales (« Meriem », « Classical faces »). S’il faut une raison supplémentaire d’écouter d’urgence ce disque magnifique de maturité et de sérénité, alors ce sera « La chanson d’Hélène ». A pleurer.
ALBUM COUP DE COEUR 2004
18:50 Publié dans Edition 2004 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jazz, saxophone, Art Pepper, grand prix du disque
Marlu. "Les valses machines"
CHANSON FRANCAISE
(FRENCHSONG)
Un album de Philipe Marlu se déguste comme un grand cru millésimé. Parce que c’est rare et que ça taquine la perfection. L’auteur-compositeur-interprète costarmoricain possède une plume en or. Souvent chantés par d’autres (Casse-pipe, Les Soupeurs, Etienne Grandjean…), ses mots libèrent la plénitude de leurs saveurs dans la voix chaude et désinvolte de leur créateur. Lequel n’hésite pas à les relever d’une pointe de gouaille. Capable de repatiner pendant des années un texte jusqu’à ce qu’il ait atteint son seul d’exigence d’orfèvre, Marlu livre quatorze chansons dans « Les valses machines ». Elles ont l’imagination débridée et la poésie noire. Leurs entêtantes mélodies ont le swing java, tango ou manouche. Chanter les amours interlopes et la beauté du crime n’est peut-être pas politiquement correct mais cela offre des bijoux à la beauté tranchante comme un cutter. Marlu sait aussi trousser une chanson cubique lorsqu’il veut louer le génie de Picasso et tournebouler son auditoire en plongeant « Une sirène dans ma baignoire ».
ALBUM COUP DE COEUR 2004
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Matmatah. "Archie Kramer"
ROCK
(LA OUACHE PROD / BARCLAY)
Avec ce troisième album studio, Matmatah dévoile une nouvelle facette, loin de l’ambiance potache de « La ouache » (1998) ou des atmosphères plus intimistes de « Rebelote » (2001). Cette fois-ci, pas de référence celtique, encore moins de touches électro : les Brestois se taillent des histoires à même le rock, avec d’incontournables clins d’œil aux icônes des seventies (Gainsbourg, Stones, Beatles). Un peu comme au cinéma, Matmatah déroule les 12 séquences de ce rock-movie fiévreux où l’on suit les aventures d’un certain Archie Kramer, tiraillé entre confidences veloutées (« Anita », « Le souvenir », « Tombé des nues ») et élans musclés (« Casi el silencio », « Gotta go now », « Radio edit », « Il fait beau sur la France », « Broke Lover »). Fidèle à Brest, le groupe a convié sur cet album quelques stars du cru : le saxophoniste Nobby Clarke, le pianiste Jacky Bouilliol et le chanteur Steven B. Francis. Et, cerise sur le gâteau : Curro Savoy, siffleur attitré d’Ennio Morricone, est venu siffler sur « Alzheimer », poignante chanson en forme de ballade western.
ALBUM COUP DE COEUR 2004
18:35 Publié dans Edition 2004 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rock, la ouache, grand prix du disque
Lamour. "Shamans of Brittany"
ETHNO-ELECTRO
(BNC PRODUCTIONS)
« La transe rejoint la danse chamanique, la tradition rejoint la modernité, la folie rejoint le cœur », affirme Pascal Lamour. Le créateur vannetais le démontre tout au long de cet album ensorcelant, hypnotique, passerelle ethno-électro entre les rites de la Bretagne ancestrale et un futur excitant.
ALBUM COUP DE COEUR 2004
18:00 Publié dans Edition 2004 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : transe, électro, Bretagne, grand prix du disque
Les Glochos. "Plein la djeule pour pas un rond"
PECHNO
(COOP BREIZH)
Depuis une dizaine d’années, Les Glochos régalent la Bretagne rurale de leurs talents chansonniers. Leur premier véritable album était donc très attendu. Conditionné dans une boîte type Pont-l’Evêque, il présente douze morceaux à reprendre goulûment, avec l’accent de terroir bien sûr. Sans perdre le cap de la rigolade, ils portent les valeurs du groupe : « défense du petit », tolérance et sens méga braz de la fiesta ! Le tout est habillé de musique « pechno » : un euphorisant cocktail-maison de flûtes de pan sud-américaines, de guitares rock, de chants et de polyphonies vocales.
ALBUM COUP DE COEUR 2004
17:20 Publié dans Edition 2004 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pechno, pont-l'évêque, fiesta-noz, grand prix du disque








