20.11.2009
Le Off du Grand Prix. Faites vous connaître !
La sélection officielle réunit trente albums marquants de l'année, mais elle est loin d'être exhaustive. De nombreux autres disques sortis en 2009 et possédant un lien avec la Bretagne recèlent des trésors. Pour leur permettre de se faire mieux connaître dans l'environnement du Grand Prix du Disque du Télégramme, nous créons cette année un espace « Off ».
Les artistes concernés sont invités à nous envoyer un lien vers un site où l'on pourra écouter des extraits de leur nouvel opus. Pour se faire connaître, rien de plus simple, il suffit de déposer le message (Titre de l'album, nom de l'auteur, lien vers le site officiel, descriptif de l'album)dans la zone de commentaire ci-dessous.
Les internautes seront bientôt invités à voter sur le site du Telegramme.com pour donner leurs coups de coeur, sucités aussi bien par les albums de la « Liste officielle 2009 » que par ceux présentés sur le « Off 2009 ».
10:00 Publié dans Edition 2009 | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : le off, grand prix du disque du télégramme
13.11.2009
Le jury
Quinze personnes composent le jury du Grand Prix du Disque du Télégramme. Jean-Christophe Spinosi et l’Ensemble Matheus vont présider la septième édition.
10:31 Publié dans Edition 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : prix du disque, jury
Grand prix du disque du Télégramme 2009. La septième édition est lancée
Qui succédera à l’Ensemble Matheus au palmarès du Grand Prix du Disque du Télégramme ? La septième édition est lancée, avec toujours la participation active des lecteurs de notre journal.
10:00 Publié dans Edition 2009 | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ensemble matheus, prix du disque, le télégramme
Pierrick Pédron. "Omry"

(PLUS LOIN MUSIC)
Le saxophoniste compositeur briochin Pierrick Pédron est l'une des figures les plus attachantes de la nouvelle génération du jazz hexagonal. Avec humilité et émotion, il aime à rendre hommage à ses influences musicales. Après deux puissants disques consacrés à ses racines be-bop, cet amoureux des mélodies présente une autre facette de son héritage: la pop et le rock progressif. Si le clin d'oeil à Pink Floyd est évident, avec parfois des solos «gilmouriens» de Chris de Pauw, on entend aussi dans cet «Omry» («La vie» en arabe), le côté sec et nerveux des enregistrements de Jim Black ou de Tim Berne à New York.
Totalement de son temps par sa manière de bâtir des passerelles entre jazz et sonorités d'aujourd'hui (une douce tonalité électro éclairée par la production d'Éric Legnini), Pierrick Pédron, avec la complicité du pianiste Laurent Coq et de Vincent Artaud, fait indéniablement bouger les lignes.
Jean-Luc Germain
06:15 Publié dans Edition 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jazz, saxophone, pierrick pédron, "omry", grand prix du disque du télégramme
Ars'ys. "Arcabaleno"

(COOP BREIZH)
« Arcobaleno » veut dire « arc-enciel » en italien. Mais c’est plus à un ciel breton, ensoleillé avec passages nuageux, que font rêver les nouvelles compositions du Quimpérois Hervé Lesvenan. Les dix instrumentaux du troisième album de l’inclassable Ars’ys portent des noms de couleurs.L’« ambre » y est réjouissant,le « vert » guilleret, le « bleu » mystérieux,le « blanc » paradoxalement sombre... Complexes et poétiques,subtils et dynamiques, les morceaux se développent en conciliant de multiples langages : contemporain,jazz, baroque, musique de film... Marta Giozzi (orgue positif),Loïc Bléjean (uilleann pipes, flûtes),Dominique Molard (percussions) et Vincent Guérin (contrebasse) sont les compagnons de voyage d’un Hervé Lesvenan (piano, célesta) libre et inspiré.
Frédéric Jambon
06:00 Publié dans Edition 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ars'ys, arcabaleno, grand prix du disque du télégramme
Ar Vreudeur Morvan
(COOP BREIZH)
Page "Interview" du Télégramme du 13 mai 2009
Les frères Morvan. "C'est la marche du temps"
Les frères Morvan sont les symboles des traditions vivantes en Bretagne. Pour marquer leurs 50 ans de kan ha diskan, Coop Breizh sort un double CD le 15 mai 2009. Il contient 32 morceaux, dont des trésors issus d’anciens collectages. On peut ainsi écouter la voix de leur mère, qui a transmis à ses fils son riche répertoire.
François, Henri et Yvon sont restés fidèles à la ferme familiale de Botcol, en Saint-Nicodème, en centre-Bretagne.
Dix ans après « Fest-noz à Botcol », vous allez sortir un nouvel album, le double CD « Un demi-siècle de Kan ha Diskan ». À quelle envie correspond ce disque ?
HENRI. Ce n’est pas nous qui l’avons demandé.
YVON. En fait, c’est Coop Breizh qui nous poussait depuis longtemps à sortir un nouveau disque pour marquer nos 50 ans à chanter.
D’où viennent les 32 morceaux ? Êtes-vous allés en studio en enregistrer de nouveaux ?
Y. Il n’y a pas vraiment de nouveautés. Il ne peut pas y en avoir d’ailleurs, puisque tout ce que nous chantons, c’est ce que nous a transmis notre mère qui le tenait elle-même de nos grands-pères. Ce qu’on peut quand même considérer comme des « nouveautés », ce sont des enregistrements qu’a retrouvés Jean-Yves Le Corre, de Coop Breizh.
H. Il y en a même qui avaient été enregistrés à notre insu. On ne savait pas qu’ils existaient.
Y. C’est le cas du « Bloavezh mat » que chante notre mère, seule. On ne l’avait jamais entendu. Il vient probablement d’un collectage qu’avait fait Claudine Mazéas ici même, à la maison, à la fin des années 50. C’est elle qui avait organisé notre tout premier enregistrement et aussi le disque « En passant par la Bretagne » de 1962. Elle a donné tous ses collectages à Dastum Rennes.
C’est émouvant d’entendre la voix de votre mère...
H. Ah oui alors.
Y. En plus de « Bloavezh mat », il y a le morceau que la mère chante avec Henri, mais celui-là, on le connaissait déjà.
H. Peut-être le regret, c’est de ne pas avoir de kan ha diskan avec elle comme on le pratique maintenant. On n’en a pas d’enregistrement alors qu’on l’interprétait ensemble.
Y. J’ai commencé à aider ma mère à traire les vaches à l’âge de 13 ans et je me rappelle que, dans l’étable, on chantait. C’est comme ça que j’ai appris. Le soir aussi, après la soupe. On ne peut pas se rendre compte étant jeune comme ça peut venir vite ! En deux ou trois soirs, on connaissait une chanson.
H. Et si on se trompait, la mère disait : « Attention, vous avez passé un couplet ! ». Et elle nous montrait.
Parmi les chansons que l’on trouve dans le nouveau disque, quelles sont la plus récente et les plus anciennes ?
Y. La chanson sur la guerre 39-45 est la plus récente, c’est sûr.
H. Il y en a beaucoup du XIXe siècle, voire avant. Comme la gwerz « Ar plac’h libertin ». Elle raconte un drame qui s’est passé en 1743. Une jeune fille avait mis au monde cinq enfants et les avait tous tués. Elle avait été jugée à Rennes.
La chanson « Menez Bre » est un chant à danser, mais ce n’est pas du kan ha diskan. Comment appelez-vous ce style ?
Y. « A-bep eil poz ». C’est le système ancien tel que le pratiquaient ensemble nos grands-pères, dans les années 1870/1875. Ça ne date pas d’hier ! Un commençait, et l’autre, au lieu de répéter la phrase comme dans le kan ha diskan, la continuait.
H. Il faut vraiment que les compères connaissent bien la chanson et s’appliquent, parce que c’est assez compliqué de reprendre juste après l’autre.
Le livret d’une soixantaine de pages présente toutes les paroles, des dessins et des photos récentes et anciennes. Comme celle de votre maman près de la cheminée, ou celle d’Yves, le quatrième frère Morvan aujoud’hui décédé, chantant avec vous.
Y. C’est pour imager un petit peu ces cinquante ans. C’est la marche du temps !
Est-ce que ce « demi-siècle de Kan ha Diskan » a passé vite ?
H. Oui ! Les premières années, c’était plus cool bien sûr. On chantait deux trois fois dans l’année, en hiver, et puis c’est tout. Puis tous les ans, ça a augmenté.
Y. On n’aurait jamais pu imaginer que 50 ans après, on aurait sillonné la Bretagne comme on l’a fait, et que le public continuerait à venir danser comme ça.
H. Non, ça, on ne pouvait pas l’imaginer, c’est formidable. D’autant plus que juste après la guerre, ceux qui chantaient en breton dans les mariages n’étaient plus toujours écoutés, et hués parfois ! À ce moment-là, les gens voulaient du français.
Grâce à des gens comme vous, le patrimoine culturel a pu perdurer...
Y. Maintenant, on se rend compte qu’on a pu transmettre un patrimoine régional, même s’il n’existait pas partout. Il y avait des endroits où on ne trouvait pas de chanteurs de kan ha diskan. Déjà juste au nord de chez nous, vers Bulat-Pestivien, ce n’était pas vraiment connu.
H. Nous, nous avons eu la chance qu’ici, il y avait un noyau de villages, quelques fermes, où plusieurs familles de chanteurs avaient gardé la tradition de l’ancien temps.
L’interprétation des frères Morvan possède une cohésion et une couleur uniques. Comment l’expliquez-vous ?
Y. Par le fait que nous soyons toujours restés ensemble. Si chacun avait eu sa maison, sa famille, on n’aurait pas pu faire ce que l’on a fait. François a arrêté d’aller au fest-noz avec nous, mais pendant 41 ans, à part peut-être deux ou trois fois où l’on n’avait chanté qu’à deux, nous avons été tout le temps tous les trois.
Samedi 18 juillet 2009 , vous jouerez avec Les Tambours du Bronx sur la plus grande scène du Festival des Vieilles Charrues à Carhaix, qui souhaitait vous rendre hommage. Que préparez-vous alors ?
Y. Pour l’instant, on ne prépare rien, on attend. Jean-Jacques Toux et Jean-Philippe Quignon (NDLR : les programmateurs des Vieilles Charrues), sont venus nous voir au mois de novembre avec une question : « Si on vous demandait de monter une fois sur la grande scène, accepteriez-vous ? ». Alors Henri a répondu : « Oh, je crois qu’elle ne sera pas assez solide pour moi ! » (rires).
H. Il fallait bien aussi que je dise quelque chose (rires) !
Y. Ils ont ajouté : « Vous jouerez avec Les Tambours du Bronx ». Nous, on se regardait : on se demandait ce que ça allait être. On ne les connaît pas. Les deux nous ont demandé de prendre le temps de réfléchir, mais je leur ai dit : ce n’est pas la peine d’attendre, je vais vous donner une réponse tout de suite. Parce que ça ne sert à rien de rester huit jours à se demander ce qu’on va décider, on n’en saura pas plus que maintenant. Puisque vous venez pour nous demander d’aller, je suis presqu’obligé de dire oui.
Si on avait promis de chanter dans un autre endroit ce jour-là, on n’aurait pas pu. Mais puisqu’on était libre, alors on a accepté.
Qu’est-ce que vous chanterez alors ?
Y. Ce qui est prévu, c’est de faire une répétition avant avec Les Tambours du Bronx. Jean-Jacques Toux leur a envoyé des enregistrements de nous, ils vont choisir dans nos morceaux ceux auxquels ils ont envie de s’adapter.
Vous chanterez tous les deux sur le devant de la scène Glenmor ?
H. Oui, et Les Tambours du Bronx seront autour. Ils joueront certainement seuls aussi à certains moments. Le concert durera une heure.
Vous êtes des habitués des Vieilles Charrues : c’est toujours vous qui tracez le premier sillon marquant l’ouverture du festival...
H. Oui, et on le fera cette année encore. Mais ça au moins, ce n’est pas compliqué !
Propos recueillis par Frédéric Jambon
REPERES
Naissance. Les frères Morvan sont nés dans leur village de Botcol, en Saint-Nicodème : François le 4 décembre 1923, Henri le 5 octobre 1931 et Yvon le 30 septembre 1934.
Discographie. « Ar Vreudeur Morvan » (1974), « Fest-noz à Botcol » (1999). Ils apparaissent sur d’autres disques dont « En passant par la Bretagne » (1962). Sortie officielle du double CD « Un demi-siècle de Kan ha Diskan » (Coop Breizh) le vendredi 15 mai 2009.
05:00 Publié dans Edition 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : les frères morvan, musique bretonne, "un demi-siècle de kan ha diskan", grand prix du disque du télégramme
Chapi Chapo & les petites musiques de pluie. "Chuchumuchu"

(CHAPIMUSIC RECORDS)
Peut-être êtes-vous passés à côté de ses albums précédents. L'artiste finistérien qui se cache derrière Chapi Chapo cultive le mystère et reste discret... Peut-être plus pour très longtemps, car ce 4e opus «Chuchumuchu» relève de l'orfèvrerie musicale.
Chapi Chapo est un artiste pluriel qui compose et joue d'une centaine de jouets à musique à la manière d'un peintre impressionniste. Mais jamais la superposition de ces petites touches sonores, mêlées aux instruments, ne noie la ligne mélodique.
Enregistrés avec une dizaine d'invités, ses 17 instrumentaux et chants ne se contentent pas de nous caresser les oreilles, ils nous enveloppent tout entier. Ils réussissent à percer l'intimité de nos souvenirs d'enfance, font défiler les images d'un film fantastique à la Tim Burton... Un petit bonheur.
Catherine Richard
04:00 Publié dans Edition 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chapi chapo et les petites musiques de pluie, "chuchumuchu", toy-music
Monsieur Roux. "Un été caniculaire"
(MERCURY)
En 2006, MonsieurRoux, alias Erwan Roux, se voyait grand et beau. Trois ans plus tard, il nous annonce «Un été caniculaire» (puisse-t-il être entendu). Musicalement plus fouillé («Tant de chiens») et plus riche (le piano déglingué sur «C'était mieux avant», les vagues électriques sur «Fais-moi peur»), ce nouvel opus est également plus abouti.
Comme à son habitude, le garçon s'appuie sur des textes qui égratignent. Quitte à se fâcher avec l'ancien hôte de la maison blanche («Le Cow-Boy Bling Bling»). Un brin malpoli, le bonhomme dénonce tout de go, le JT anxiolytique de Pernaut («Fais-moi peur») comme les adeptes du «C'était mieux avant».
Dans leur construction, les mots ou la mélodie de certains titres, comme «Dans la lune», «Monsieur Berger» ou encore l'anthropophage «Marie-Chantal», évoquent Thomas Fersen. Comme lui, Monsieur Roux raconte des histoires horribles en attendant le purgatoire sur le très Lennonien «Bienvenue au paradis» et se fait provocateur («Un été caniculaire»). Est-ce la faute «Des Araignées au Plafond», qui évoque quant à lui l'ami Paul Mc Cartney ? Peut-être.
Stéphane Guihéneuf
03:00 Publié dans Edition 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : monsieur roux, "un été caniculaire", chanson rock, grand prix du disque du télégramme
Miossec. "Finistériens"

(PIAS)
Article paru le 12 septembre 2009 en dernière page du Télégramme
Le septième album de Christophe Miossec, «Finistériens», sort lundi. Un opus resserré, intense, co-composé avec un partenaire unique: YannTiersen.
Depuis la sortie de «Boire» en 1995, ChristopheMiossec a chamboulé le paysage de la chanson française avec son écriture poétique à vif. Chacun de ses albums est devenu une référence. Sorti chezPIAS France, son septième opus sera disponible lundi. Un disque, cette fois, construit à deux, avec le musicien Yann Tiersen. Son nom: «Finistériens». «Le titre tombait sous le sens, confie ChristopheMiossec. Yann est né à Brest, moi aussi. Le fait que je sois revenu vivre au bout du Finistère a également joué. Et puis c'est un joli mot. On n'a pas passé des nuits à gamberger».
Tension retenue
Un sens de l'évidence qui a marqué toute la réalisation de l'album. Dès que Yann Tiersen a proposé à Christophe Miossec de faire un disque ensemble, celui-ci a acquiescé, sans autre forme de discussion. «Mais je ne pensais pas que ça se passerait comme ça, rapporte-t-il. J'imaginais monter un groupe. Seulement, Yann a dit, non, on le fait vraiment à deux! Je savais qu'il jouait de nombreux instruments, mais quand même pas à ce point-là. Où il m'a bluffé, c'est lorsqu'il s'est mis aussi à la batterie!». Yann Tiersen a habillé les mots de son ami d'un pop-rock mélodique, où intros de piano, harmonies de cordes et gimmicks de guitare électrique naviguent entre mélancolie et tension retenue. Les chansons ont pris forme au studio parisien de Yann, celui d'Ouessant, pressenti au départ, ne disposant pas encore du matériel suffisant. ChristopheMiossec a amené des paroles et des notes et ciselé d'autres textes sur les thèmes qu'apportait YannTiersen. «J'aime bien écrire sur une musique, avoue le chanteur. Je ne le vis pas comme une contrainte. C'est même mieux, on sait dans quelle direction aller». Les directions qu'il a empruntées dans «Finistériens» l'éloignent parfois de son registre habituel. «Je n'avais pas envie de revenir à mon fonds de commerce du bluesman malheureux, sourit-il. C'est facile de radoter. J'ai essayé de diversifier le propos».
Onze chansons
Sur les onze chansons de l'album, le sentiment amoureux demeure une source d'inspiration vive. Parce qu'il permet d'éclairer au plus profond l'âme humaine. Miossec chante la rupture, subie (avec rage dans «A Montparnasse»), ou choisie (la fuite sans désespoir de «Seul ce que j'ai perdum'appartient à jamais»). L'usure des vieux couples s'exprime à travers plusieurs morceaux: «Nos plus belles années»; «Fermer la maison», qu'il avait d'abord prévu pour Alain Bashung; «Hais-moi», avec son refrain «L'amour et la haine ne font qu'un parfois».
Dimension sociale
Le chanteur livre aussi des interrogations: sur la quête de chacun («Les joggers du dimanche»), sur l'avenir dans sa chanson «C.D.D.». Elle ouvre sur un inquiétant: «Jusqu'à présent, tout va bien». Autre titre à dimension sociale, «Les chiens de paille» plonge dans les tourments d'employés au bout du rouleau. Sans lourdeur, ni pathos. L'écriture de Miossec est trop fine et sensible pour enfoncer des portesouvertes. «Depuis le début, j'essaie de faire des chansons sociales, mais c'est super casse-gueule, commente-t-il... Il faut vraiment trouver un angle pour éviter une certaine démagogie. Je préfère le filigrane ou l'arrière-plan». Parsemés d'images fulgurantes, les mots de Christophe Miossec puisent ici leur force dans leur concision et leur simplicité. «Le fait d'avoir travaillé à deux donne quelque chose de très compact.J'ai l'impression que si on n'aime pas une chanson, on n'aimera pas l'album», pronostique-t-il. Mais si on en aime une...
Frédéric Jambon
02:00 Publié dans Edition 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : christophe miossec, yann tiersen, grand prix du disque du télégramme, chanson française
Renan Luce. "Le clan des miros"
(BARCLAY)
Article paru le 12 octobre 2009 en dernière page du Télégramme
Discrètement sorti en 2006, l'opus de RenanLuce «Repenti» a d'abord été élu meilleur premier album au Grand Prix du Disque du Télégramme. Petit à petit, les chansons malicieusement troussées du Morlaisien se sont emparées des ondes, tandis que ses tournées le menaient dans des salles de plus en plus grandes. Aujourd'hui, ses succès «La lettre» ou «Les voisines» ont déjà pris des allures de classique. Deux Victoires de la Musique ont accompagné l'artiste dans une ascension défiant les lois du marché. Avec ses 750.000 exemplaires vendus, «Repenti» fait à la crise du disque un pied de nez que le petit Nicolas trouverait très chouette.
Son successeur, «Le clan des miros», est cette fois très attendu. Il sera dès aujourd'hui dans les bacs. Cet été, RenanLuce avait dépêché «La fille de la bande» en éclaireuse: une de ces chansons en cinémascope où le Breton conte une histoire à rebondissements, entre amour et polar. Les treize morceaux du nouvel album recèlent d'autres récits à suspense, dont «Nantes», véritable road-movie. «L'histoire est venue d'une mélodie que je jouais à la guitare, rapporte RenanLuce. Je me suis laissé guider par les images de mouvementsque me suggérait la musique». L'auteur-compositeur-interprète de 29 ans a abordé son second disque par sa face musicale. «J'avais envie de quelque chose de très acoustique et chaleureux, même s'il y a des morceaux énergiques, confie-t-il. Dès que j'ai commencé l'écriture de nouvelles chansons, on se faisait tous les mois une semaine de studio avec le groupe, à la recherche de ces couleurs de son».
Parmiles autres morceaux du «clan des miros», il y a ceux qu'on qualifierait volontiers de chansons de garnement: «On n'est pas à une bêtise près», bien sûr, le générique du film «Le petit Nicolas», mais aussi «Les gens sont fous» et «Rue de l'oiseau-lyre». RenanLuce n'en disconvient pas: «C'est mon tempérament de rester un petit peu ancré dans les souvenirs de l'enfance, son insouciance, son imaginaire. En grandissant, on doit faire le deuil de s'inventer une histoire à laquelle on croit totalement. Moi, j'essaie de retrouver cet état d'esprit avec une feuille, un stylo et ma guitare». Le chanteur taquine l'humour noir avec ses deux versions de «Grand-père». Dans «Ridicule», «Aux timides anonymes» et la chanson qui a donné son nom à l'album, il se fait (auto)portraitiste piquant. «J'ai eu envie d'aborder le registre de l'intime, d'exprimer des choses plus personnelles, des états d'âme. La chanson Le clan des miros parle de moi, mais j'espère aussi que d'autres se retrouveront dans cette espèce de non-clairvoyance sur les événements et les rencontres que l'on peut faire. On se sent un peu ballotté. Maintenant, c'est aussi le fait de se cogner dans ce qu'on ne voit pas arriver qui rend la vie intéressante». La chanson qui clôt l'album renvoie à l'une de ses plus heureuses rencontres: celle de Lolita Séchan, fille du chanteur Renaud, qu'il a épousée cet été. Pas à Saint-Jean-du-Doigt (29) comme l'avait annoncé la presse people. «C'était une info étrange, commente sobrement RenanLuce. Je me suis bien marié, mais à Paris». L'ultime titre du disque s'appelle «Femme à lunettes». Une bonne façon «de finir sur un clin d'oeil», s'amuse l'artiste.
Frédéric Jambon
http://renanluce.artiste.universalmusic.fr
01:00 Publié dans Edition 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : renan luce, "le clan des miros", chanson française








