20.10.2009
Jean-Christophe Spinosi. « S’ils viennent du coeur, trois mots suffisent »
Vous avez déjà obtenu les plus prestigieuses récompenses internationales et françaises en musique classique.
Qu’est-ce que le fait d’être lauréat du dernier Grand Prix du Disque du Télégramme vous a apporté ?
Ça nous a fait extrêmement plaisir parce que, mine de rien, c’est l’approbation des gens les plus proches qui est la plus importante. Ce prix est différent des autres parce qu’il est breton, et qu’il est généraliste. Il aura permis à des gens qui ne s’intéressent pas du tout à la musique classique ou à l’opéra de se demander ce qu’on pouvait bien faire avec les Miossec, Tiersen, et autres. En éveillant sa curiosité, il nous aura aidé à étonner un public inhabituel, auquel on veut aussi donner accès à ces musiques.
Quelle est votre définition d’un bon disque ?
Ce doit être un disque qui me touche et me re-touche. Certains albums sont spectaculaires seulement à la première écoute. Pour moi, ce qui caractérise les grands disques, c’est que le choc initial qu’on ressent en les découvrant se perpétue encore des années plus tard, même si ce n’est plus à la même échelle. Le mystère tient au fait qu’on peut être touché par des formes de musiques tellement différentes ! Aussi bien le grand répertoire classique que les musiques traditionnelles ou les musiques actuelles. On a beaucoup parlé des Beatles ces derniers temps. S’ils avaient correspondu aux critères de sélection, leurs disques auraient sans nul doute été primés au Grand Prix du Télégramme ! La moitié du jury que vous allez présider sera composée de représentants des lecteurs du Télégramme.
Quels conseils leur donneriez-vous au moment d’écrire leur lettre de motivation ?
Je pense qu’il faut faire ressentir dans sa lettre tout l’amour, la passion qu’on éprouve pour la musique, ne pas hésiter à se mouiller en donnant de soi, de son âme. Parce qu’en écoutant les disques sélectionnés, les jurés iront entendre combien les artistes ont donné d’eux-mêmes. Ça n’a rien à voir avec le fait de « bien » écrire. S’ils viennent du coeur, trois mots suffisent, on les repérera. L’Ensemble Matheus va donner en Bretagne une série de concerts dits de proximité consacrés à Haydn *.
Quelle importance leur accordezvous ?
Très grande parce que ces concerts nous permettent de retrouver le public devant lequel on a grandi et d’aller en même temps à la rencontre de nouveaux spectateurs. C’est bien de pouvoir sortir la musique classique du cercle des théâtres, opéras et festivals dans lesquels elle est généralement servie. Nous, nous essayons de la « libérer ». Nous vivons comme une chance le fait de pouvoir faire régulièrement ce type de concerts.
Quels autres rendez-vous importants se profilent ?
« L’oratorio de Noël » de Bach qu’on va faire à Brest, au Luxembourg et au théâtre des ChampsÉlysées à Paris fin novembre début décembre. Et puis « La Norma » de Bellini que nous allons monter en janvier au Châtelet à Paris et qui se présente comme un sacré défi. Ça va être une petite révolution (rires) !
Propos recueillis par Frédéric Jambon
* « Les Sept dernières paroles du Christ en croix de Haydn ». Octobre : le 23 à Daoulas, le 24 à Kergloff, le 30 à Trégunc, le 31 à Lesneven. Novembre : le 6 à Morlaix, le 13 à Plozévet et le 14 à Crozon. www.ensemble-matheus.fr
10:16 Publié dans Edition 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note









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