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26.01.2008
Da Silva. "De beaux jours à venir"
(TOT OU TARD)
INTERVIEW D'EMMANUEL DA SILVA PARUE LE 18 AVRIL 2007 DANS SORTIES
Lauréat du meilleur premier album du Grand Prix du Disque du Télégramme 2005, Emmanuel Da Silva est passé à l'étape suivante. Dans son nouvel opus, « De beaux jours à venir », l'artiste à la voix chaude et éraillée fait beaucoup mieux que confirmer les promesses. Il livre en douze chansons un album arc-en-ciel, entre pluie et soleil, dont la force poétique touche au coeur de chacun.
Est-ce pour délivrer un message positif que vous avez intitulé votre album « De beaux jours à venir » ?
J'avais envie d'énoncer une forme d'interrogation tout en avançant qu'il existe des espoirs dans ce qui va venir. Mais quand ? Demain, dans une semaine, dans un an, dans cinq ? Parce qu'on ne peut pas affirmer que maintenant nous vivions de beaux jours.
Avez-vous voulu composer un album sur la vulnérabilité et le réconfort ?
Exactement. C'est un disque sur la facilité qu'on a ou pas à faire des deuils, sur la séparation, sur les retrouvailles, sur pas mal de choses en fait.
La nostalgie occupe une place importante dans ce disque.
Je crois que c'est dans ma nature, je suis un mélancolique. Même si cet album est moins intimiste, plus ouvert que le précédent, plus lumineux et plus rythmé aussi, je n'arrive toujours pas à faire de la musique festive.
Vos mélodies sont accrocheuses, votre musique acoustique est nerveuse. Est-ce votre marque de fabrique ?
Je crois effectivement que j'ai trouvé mon son avec ces guitares folk nerveuses et tendues. Et puis je continue à cultiver l'art des ritournelles, cela me fait toujours autant plaisir.
Vos textes sont ciselés. Sont-ils spontanés ou le fruit d'un long et patient travail ?
Pour le premier album, j'avais écrit de façon assez instinctive, viscérale. Je jetais les morceaux comme ça, sans chercher à vraiment les pousser plus loin. Sur ce disque, je suis allé plus au fond des choses pour mieux unir le fond et la forme. J'ai beaucoup plus travaillé. Et j'en suis vraiment content parce que je crois que ce sont les meilleures chansons que j'ai écrites depuis que je fais de la musique. Je suis vraiment allé cette fois là où j'en avais envie.
Les divers instruments de Pierre Sangra et les cordes de Raphaël Chevalier contribuent largement à l'atmosphère de vos chansons. Leur vocation est-elle d'apporter couleur et légèreté ?
Tout à fait. Moi je construis quelque chose avec la guitare et la voix, eux viennent apporter leur art propre de la ritournelle. Raphaël a une patte très spéciale au violon. Il fait partie intégrante du projet et contribue pleinement à mon son.
Un batteur vous a rejoint. Qu'apporte-t-il à votre univers ?
On a fait une grande tournée de 107 dates sans batteur et ça nous a fait très plaisir de défendre le premier album ainsi. Mais, là, quand je me suis remis à composer, j'avais vraiment une batterie dans la tête. Lorsqu'elle est arrivée, elle a libéré des tas de choses.
Le premier extrait de « De beaux jours à venir » téléchargeable sur votre site est « L'averse ». Pourquoi ce choix ?
Parce que c'est une histoire sur les masques que l'on porte à l'intérieur de la société et que j'aimerais bien voir tomber au profit de plus d'humanité. Lorsque je dis « J'aurais aimer te voir un peu moins fier, j'aurais aimé te connaître un peu moins en enfer », ça s'adresse à une personne en particulier, mais aussi à tout le monde. Cela questionne sur les rapports que l'on peut avoir les uns avec les autres.
Dans « Tout va pour le mieux », le contenu de la chanson dément son titre...
C'est mon côté un peu ironique. J'aime parfois prendre les choses graves avec un peu de légèreté. C'est aussi une chanson qui groove.
De quoi traite « Le retour du rose » ?
C'est une chanson sur l'immigration, le fait de devoir partir comme ça, dans l'inconnu, sans savoir à quoi s'attendre. Mais ce n'est dit aussi explicitement. J'aime bien brouiller les pistes, ne pas trop donner les clés. Tout est dans dans les chansons et tout le monde peut s'y retrouver, je crois.
Propos recueillis par Frédéric Jambon
Site : www.myspace.com/dasilvaemmanuel
12:25 Publié dans Edition 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chanson, Grand Prix du Disque du Télégramme
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