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22.01.2008
Les Souillés de fond de cale. "L'échappée belle"
(COOP BREIZH)
INTERVIEW DES SOUILLES DE FOND DE CALE PARUE LE 1ER AOUT 2007 DANS SORTIES
A quand remonte la fondation de votre groupe ?
Elle correspond à notre première prestation lors de la Fête de la Musique de 1991 alors que
nous étions une bande de copains amateurs, là pour rigoler. A l'époque, on connaissait déjà bien les organisateurs du
festival du Chant de Marin de Paimpol. Comme nous étions le seul groupe local, ils nous ont laissé faire l'ouverture de la fête sur un bateau-scène.
Pourquoi le nom Les Souillés de Fond de Cale ?
Il y a plusieurs versions, dont l’une est plus littéraire. Dans le groupe, on lit beaucoup d'histoires maritimes dans lesquelles on retrouve un équipage. Personne ne connaît l’existence des souillés. Ces derniers n'étaient pas appréciés car ils avaient la réputation de prédire l'avenir. Ils pouvaient donc être à la source de révoltes sur le bateau. C’est pourquoi une fois leurs travaux exécutés, on les envoyait en fond de cale.
L'autre version est en lien avec les thèmes grivois abordés dans les chants de marins. Lors d'une représentation, un spectateur s’est exclamé : « Je ne veux pas me souiller à ce genre de répertoire ».
A propos d'équipage, des changements au sein du vôtre ?
A la base, nous étions une dizaine. Aujourd'hui, il ne reste plus que deux membres originaux : Jean-Claude Morvan, l'instigateur, l’accordéoniste, le chanteur du groupe et Gilles Pagny (chant, perscussions et bodhran).
Au fil du temps, l'esprit du groupe a-t-il changé ?
Non. Il n'a pas changé car notre but a toujours été de défendre et transmettre le patrimoine
maritime et culturel dans la joie et la bonne humeur.
Le groupe lit beaucoup d'ouvrages d’histoires maritimes, y en a-t-il un qui collerait à son image ?
Non. C'est le titre du dernier album qui nous correspond le mieux finalement. « L'échappée belle » a beaucoup de
sens.
On aime bien s'évader, ce qui est le cas lorsque nous rentrons en scène. On a alors l'impression de monter sur un bateau, à la rencontre de gens dans différents ports.
Selon vous, que représente le chant de marin en 2007 ?
Une grosse évolution. Lorsque l'on a débuté, on entendait les chansons habituelles. De nombreux groupes copiaient Cabestan et Djiboudjep, tout comme nous d’ailleurs. Depuis cinq ans, on trouve une évolution musicale, une recherche dans le travail des voix. Une autre grande évolution réside dans la multiplication des compositions personnelles. Les groupes se démarquent les uns des autres.
Où en est votre discographie ?
Nous avons sorti quatre albums dont le troisième, « 12 ans d'âge », une bonne année pour le whisky, reste pour 'instant
la meilleure performance avec plus de 5.000 ventes. Sorti à la mi-mai, « L'échappée belle » ne démarre pas trop mal avec un millier de disques vendus.
Comment expliquer la présence de la chanson « Mon p'tit garçon » de Michel Tonnerre ?
C'est un clin d'oeil fait à un membre de notre groupe, Michel Pinc, emporté l'an dernier par la maladie. Le titre de
l’album est d'ailleurs aussi en relation avec sa disparition. Nous sommes très proches les uns des autres. A ce qui paraît, cela se ressent sur scène. Puis, c’est une des plus belles chansons qui existe et Michel Tonnerre, c'est quand même quelqu'un.
Quelle est la particularité des chansons traditionnelles interprétées sur cet album ?
On les adapte. Par exemple, « Mettant la chaloupe à l'eau » dispose, à l’origine, d'une mélodie un peu ouin-ouin, alors on a essayé d'en faire une musique un peu biguine. Notre choix se dirige vers les chansons que personne n'utilise
pour se démarquer et ne pas lasser le public.
Pourquoi clôturer l'album sur un morceau en collaboration avec le bagad de Plouha ?
C'est encore un clin d'oeil à Michel Pinc, un « brezonneg » de la première heure, toujours de noir vêtu avec un tas de
médailles bretonnes qui, lorsque nous allions à l'aéroport, sonnaient aux détecteurs de métaux. Il était obligé de passer et repasser (rires), d'où ce titre « Pinc ar breloque » (petits bijoux). De plus, Michel a fait partie du bagad de Plouha.
Le goupe a-t-il des rapports particuliers avec la mer ?
A part un qui ne supporte pas de mettre le pied sur un bâteau (rires), on est tous marins ou passionnés de voile.
Propos recueillis par Aurélie Daniel
12:15 Publié dans Edition 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Les Souillés de fond de cale, chant de marins, Grand Prix du Disque du Télégramme
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