08.02.2007

Edition 2006

 

RED CARDELL, PREMIER GROUPE LAUREAT DU GRAND PRIX DU DISQUE DU TELEGRAMME

Après Denez Prigent (pour l’album « Sarac’h »), Miossec (« 1964 ») et Yann Tiersen (« Les retrouvailles »), précédents vainqueurs du Grand Prix du Disque du Télégramme, Red Cardell devient le premier groupe à inscrire son nom au palmarès. Avec son opus « Naître », le trio gagne une quatrième édition particulièrement relevée. Elle a été marquée par la participation record de 70 albums.
Tous remplissaient les critères d’admission : être sorti au cours de l’année 2006 et posséder un lien avec la Bretagne. Un lien à définition ouverte puisqu’il peut être aussi bien du sang (si le groupe est breton, quel que soit son style), du son (il vient d’ailleurs mais intègre des éléments de musique bretonne à son répertoire) que du cœur (condition : posséder de réelles affinités avec notre région).
L’ambition du Grand Prix du Disque est de refléter et partager les goûts des lecteurs du Télégramme passionnés de musique. D’où leur indispensable présence dans le jury. Quatre femmes et trois hommes âgés de 16 à 56 ans ont ainsi été sélectionnés sur lettre de motivation. Ils formaient la moitié du jury, l’autre étant constituée de disquaires, président de festival et journalistes-chroniqueurs du Télégramme.
Red Cardell est un superbe gagnant. Au fil de délibérations où plus de trente albums ont été mis en exergue, le trio s’est échappé d’un quinté de tête éclectique. En effet, le chanteur traditionnel Yann-Fañch Kemener (« Dialogues »), l’Ensemble Matheus (opéra « Griselda »), le jazzman Pierrick Pédron (« Deep in a dream ») et Renan Luce (« Repenti ») le complétaient.
Dernier nommé, le jeune chanteur morlaisien ne rentre pas bredouille puisqu’il remporte le prix du meilleur premier album. Da Silva (« Décembre en été ») l’an passé, et Sheer.K (« Elovation ») en 2005, avaient préalablement reçu cette distinction.

07.02.2007

Red Cardell. "Naître"

 

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ETHNO ROCK CHANSON

(KELTIA MUSIQUE) 

 

Après deux live rapprochés, le nouveau bébé de Red Cardell est un « pré-mature-live » du bal-spectacle, dans le désordre et sans les images. Mais « Naître » est d'abord et surtout un virage pour le groupe. Et moins par le concept que par l'ouverture sur de nouveaux - et grands - espaces : ceux que dévoilent les choeurs « balkaniques » ou orientaux - non, non, Penfleps n'est pas mort... -, la fusion magique entre les voix ukrainiennes et celle de Louise Ebrel, des cuivres chaleureux, le talentueux touche-à-tout instrumentiste Pierre Sangra, des scratchs incisifs et, plus lumineux que jamais, un accordéon-caméléon multiculturel (Europe de l'Est, Bretagne, Argentine, Maghreb...). Autant de moyens pour éclairer des morceaux unis dans la diversité des styles (rock, rap, valse, kazaktchok, techno-world...), et pour en sublimer certains (« Coeur léger », « Poitou », « Là où je vais »). Si l'on savait déjà que Jean-Pierre Riou, dont « Voir » magnifie l'émotion à fleur de peau, et Jean-Michel Moal - le silence qui suit « Le sable » est encore de lui - avaient besoin l'un de l'autre pour se révéler, on sait aussi maintenant que Red Cardell avait besoin de Manu Masko pour être mis aux - nouveaux - mondes. Re- « naître » et devenir grand.

Pascal Cabioch

 

ALBUM LAUREAT DU GRAND PRIX DU DISQUE DU TELEGRAMME 2006

 

RED CARDELL :  "CA DONNE LA PECHE !"

«Recevoir le Grand Prix du Disque du Télégramme, c’est valorisant, on en est très fier. La première chose qu’on s’est dite en apprenant qu’on était les lauréats, ça a été : ça donne la pêche ! ». Juste retour des choses puisque donner une pêche d’enfer à son public est l’une des caractéristiques du trio breton. Et cela dure depuis quinze ans.

Le mélange d’ethno-rock-chanson française propre à Red Cardell fait mouche à tout coup. Le Locquirécois Jean-Pierre Riou (chant, guitare, bombarde), le Quimpérois Jean-Michel Moal (accordéon chromatique et MIDI) et le Niortais Manu Masko (batterie, programmations) en sont à leur troisième participation au Grand Prix du Disque du Télégramme. A chaque fois, ils ont fait chavirer le jury. En 2004, il lui a décerné un coup de cœur pour l’album « Sans fard », puis un autre l’année suivante pour le live « Bal à l’Ouest ». L’obtention du Grand Prix apparaît comme un aboutissement logique.


Indépendance


La satisfaction des membres de Red Cardell est d’autant plus légitime qu’ils ont conçu « Naître » à 100 %. En plus de l’écriture et de la composition des morceaux, ils ont réalisé seuls la production, l’enregistrement et le mixage de cet album paru sous licence chez Keltia Musique.
Est-ce le signe d’une farouche volonté d’indépendance ? « Le choix nous a été un petit peu imposé par un marché où il est de plus en plus difficile de trouver une production », constate Jean-Pierre Riou. « Au-delà de l’idée d’indépendance qui relève d’un concept plus philosophique, nous avons conçu un système garantissant la pérennité du groupe. Le principe, c’est de créer l’actualité en sortant un album tous les ans. Cela permet de maintenir vivant tout un réseau de gens qui s’intéressent à notre travail ».

1.500 concerts

Depuis sa création en 1992, Red Cardell (la traduction de ce nom anglo-breton est « Fumier Rouge ») a conquis son public sur scène grâce à des prestations rayonnant d’énergie et de créativité. Avec 1.500 concerts au compteur, le groupe a fidélisé des inconditionnels en Bretagne, dans toute la France, à l’étranger également. Ainsi, en 2006, le trio s’est produit en Allemagne, en Suisse et en Ukraine. Une véritable histoire d’amour semble lier Red Cardell à l’ancienne république soviétique. Tout a commencé par l’invitation qu’un groupe ukrainien rencontré à Douarnenez 2004 a lancée aux Bretons. Ils ont alors participé à un festival à Kiev devant 30.000 personnes conquises. Depuis, ils retournent régulièrement jouer dans ce pays où les médias les suivent de près.
Toujours gourmand de nouveaux métissages, Red Cardell a intégré une parcelle d’Ukraine dans « Naître », et pas seulement sur la pochette qu’illustre une jeune fille en habit traditionnel.
Le groupe projette de tourner cet été dans les festivals français avec des musiciens ukrainiens présents sur l’album.
L’année 2007 sera décidément un grand cru. Pour fêter ses quinze ans d’existence, Red Cardell sortira son dixième album en compagnie d’invités avec lesquels des sympathies se sont nouées au fil du temps. Marcel Azzola, Dan Ar Braz, Stéphane Mellino des Négresses Vertes, Gérard Blanchard en seraient... Mais c’est déjà une autre histoire.

Frédéric Jambon

 

INTERVIEW DE RED CARDELL

" NOTRE FORCE, C'EST D'ETRE UN GROUPE DE SCENE "

 

Red Cardell a le don d’intégrer toutes sortes d’influences sans jamais y perdre son âme. Dressé depuis longtemps, le constat n’a jamais été aussi vrai qu’avec « Naître ». Jean-Pierre Riou revient sur l’histoire de ce disque magistral.

 

Comment est né « Naître » ?
C’est l’album-studio du spectacle « Red Cardell fait son bal », même si les morceaux ne sont pas présentés dans le même ordre. On a pu l’élaborer à Quimper grâce à la confiance du Théâtre de Cornouaille. Pendant un an et demi, on s’y est retrouvé à raison de trois ou quatre jours de répés par mois. On y a créé et enregistré tous les titres. C’est là aussi que j’ai écrit les textes.
Quel est le thème du spectacle et de l’album ?
La transmission. On s’est dit que ce serait bien de bâtir une histoire et on a choisi d’illustrer la vie d’un individu, depuis le moment où il est dans le ventre maternel jusqu’à celui où lui-même devient parent. L’idée a permis de cadrer les thèmes des chansons ainsi que l’évolution du spectacle.
La transmission renvoie également à toutes les influences musicales qui nourrissent les trois membres de Red Cardell. Nos goûts à chacun, notre façon d’interpréter, sont aussi le résultat de ce qui nous a été légué. L’identité du groupe résulte de notre manière de réunir toutes ces influences en nous mettant d’accord sur les couleurs, les sons, les productions.
Ukrainiennes, bretonnes, rock, hip hop, africaines... : les influences à l’intérieur de « Naître » sont multiples. Comment procédez-vous pour créer un morceau ?
La grande force de Red Cardell, c’est d’être un groupe de scène dont les membres jouent ensemble depuis très longtemps. On sait que sur trois jours de répés, on aura toujours la faculté de sortir des nouveaux titres parce qu’ils s’appuient sur le travail effectué en concert et pendant les balances qui les précèdent. Quand une balance marche bien, on règle notre son de scène en dix minutes. Et comme une séance dure une heure et quart, on en profite alors pour tenter de nouvelles expériences. Manu envoie un sample qu’on n’a encore jamais entendu et on commence à tricoter dessus. Cela va donner une idée de mélodie à Jean-Michel et on va bosser dessus pendant une demi-heure. Du coup, lorsqu’on se retrouvera plus tard en répétition, on pourra s’appuyer sur ces bases-là.
Quelle est l’histoire de « Poitou », le morceau réjouissant qui ouvre l’album ?
Le point de départ est une trouvaille de Manu au Cerdo de Parthenay, qui est l’équivalent en Poitou de Dastum en Bretagne. Comme on faisait un travail sur la transmission, on a essayé de trouver des choses dans ces lieux de mémoire. Manu est tombé sur le sample d’un paysan nommé Léonce Létang, enregistré en 1972 par un collecteur. Léonce chante à son cheval. Il lui interprète un chant de labour où l’on ne sait pas trop s’il crie, parle ou chante. On entend bien une harmonie dans sa voix, alors on a commencé à bœufer dessus. On a ensuite essayé de mélanger ça à un plinn, puis d’y ajouter un riff un peu groove. Cela fonctionnait et a suggéré à Jean-Michel une autre mélodie. Il l’a travaillée de son côté et quand il nous en a montré la grille on s’est tous dit, bien sûr, évidemment, c’est ça !
Vous n’aviez jamais fait appel à des invités dans vos précédents albums. Sur « Naître », ils sont 14 ! Pourquoi ?
Le premier invité a été Pierre Sangra, qui joue souvent avec Thomas Fersen. Nous souhaitions qu’il nous apporte les couleurs de ses violon, ukulélé, mandoline et oud sur plusieurs morceaux.
Par ailleurs, nos voyages en Ukraine nous ont donné l’amour des musiques de ce pays, et tout particulièrement de ses chœurs. Ils arrangent les voix d’une façon très particulière. On a eu envie d’en intégrer à l’album. On a demandé à notre ami ukrainien Oleg, le chanteur du groupe Vopli Vidopliassova, de nous aiguiller vers des musiciens. Il nous a présenté des virtuoses de la trompette, du violon, du cymbalum ainsi que le groupe de chanteuses qui intervient sur « Naître ». Nous avons demandé aux filles d’interpréter un morceau en breton.
Les enregistrements ont été effectués à Kiev. A notre retour en Bretagne, on a proposé à Louise Ebrel, fille et nièce des sœurs Goadec, de chanter dessus. Elle a accepté et le résultat était hyper-magique ! Alors on s’est dit que ce serait bien de solliciter Farid Aït Siameur pour qu’il vienne poser des vocalises de chant arabo-andalou...
Quel accueil les Ukrainiens réservent-ils à votre musique ?
Fantastique ! Le public des gros festivals où nous avons joué, et où nous étions d’ailleurs le seul groupe d’Europe de l’Ouest à l’affiche, s’est montré enthousiaste. Il découvre les musiques du monde. Par exemple, il ne connaissait pas la musique maghrébine. La richesse mélodique de la musique bretonne ou le son de la bombarde lui plaisent énormément. Les Ukrainiens aiment l’idée du mélange. Et comme on intègre beaucoup de chanson française dans la musique de Red Cardell, voilà encore un aspect différent qui les séduit.
Etes-vous médiatisés dans ce pays ?
On passe à la télé, nos concerts sont retransmis... C’est étrange parce qu’en France, ça fait quinze ans qu’on a beaucoup de mal à avoir accès aux médias nationaux alors que là-bas, en seulement deux ans, on bénéficie d’une belle reconnaissance.
F.J.

 

COMMENTAIRE DE YANN TIERSEN : "UN VRAI SENS DE L'OUVERTURE"

Le lauréat du Grand Prix du Disque du Télégramme se voit proposer la présidence de l’édition suivante. Comme ses prédécesseurs Denez Prigent et Christophe Miossec, Yann Tiersen a accepté le rôle. Et c’est un président heureux qui a entériné la victoire de l’album « Naître » de Red Cardell.
« Je trouve ça génial que le prix revienne à un groupe qui tourne depuis très longtemps et a déjà enregistré plein d’albums,  s’enthousiasme Yann Tiersen. Surtout que dans "Naître", notamment par ses échanges avec des musiciens ukrainiens, Red Cardell témoigne encore d’un vrai sens de l’ouverture. Sa victoire me fait vachement plaisir ».
Les musiciens de Red Cardell ont accepté de devenir les présidents du cinquième Grand Prix du Disque du Télégramme qui consacrera le meilleur album possédant un lien avec la Bretagne sorti en 2007.

 

Site officiel : www.redcardell.com

 

 

 

 

Renan Luce. "Repenti"

 

 

medium_CDLUCE06.jpgCHANSON FRANCAISE

(BARCLAY/UNIVERSAL) 

 

Dès son premier album, l’ex Morlaisien Renan Luce a su se concilier les bonnes grâces des auditeurs et de la critique. Des débuts prometteurs illustrés par « Les voisines », premier titre très enlevé actuellement diffusé sur les ondes. Cette singulière histoire de voyeurisme est un bel échantillon de l’imaginaire débridé du chanteur. Voix éraillée, ambiance folk voire country, Renan Luce décline, avec une sorte de mélancolie joyeuse, une galerie de personnages atypiques : un ancien affranchi de Little Italy planqué dans la banlieue de Dijon (« Repenti »), un fossoyeur narcoleptique (« Monsieur Marcel »), une « Camelote » ou… une feuille (« Je suis une feuille »). Renan Luce a pris son envol mais il n’a pas tourné le dos à sa Bretagne. « Je garde une boussole pour revenir sur mes pas », assure-t-il dans « Mes racines », son titre le plus personnel, et le plus réussi.

Samuel Uguen

 

DISQUE ELU MEILLEUR PREMIER ALBUM 2006

 

"UN GRAND BONHEUR"

« Ce prix du Télégramme du meilleur premier album me procure un grand bonheur, savoure Renan Luce. Parce que le disque contient pas mal de chansons que j’ai écrites en Bretagne. Il concrétise en quelque sorte le rêve que j’ai nourri pendant longtemps en grandissant près de Morlaix ».
Le chanteur ajoute modestement avoir « beaucoup de chance» En constatant l’accueil que lui réserve le public depuis des mois.


Créer une ambiance


Ses admirateurs (trices) se recrutent parmi les amateurs d’une chanson française en plein renouveau. Beaucoup de spectateurs l’ont découvert dans l’exercice périlleux des premières parties de Bénabar ou Thomas Fersen. A chaque fois, ils sont entrés avec délice dans le monde du Morlaisien qui sait si bien capter leur imaginaire.
Les treize chansons de son album « Repenti » se dégustent comme autant de petites nouvelles.
De sa voix chaude, légèrement éraillée, Renan Luce sait vous faire partager les pensées d’un mafioso repenti, vivre les émois que procure la vision des lingeries d’une voisine, exprimer l’angoisse de la page blanche telle que la feuille de papier elle-même la ressent…
« J’aime faire rentrer les gens dans un univers un peu particulier, rapporte l’artiste. Dès les premiers mots, il faut créer une ambiance, essayer de situer le lieu, la personne. L’intention est d’embarquer l’auditeur dans une histoire le plus souvent imaginaire, en utilisant les images poétiques les plus à même d’exprimer un sentiment ».
Ses premiers concerts en tant qu’auteur-compositeur-interprète datent d’il y a huit ans, lorsque le patron du bar le Sablier à Rennes lui a ouvert sa petite scène. C’était la concrétisation d’une vocation de chanteur sans cesse affirmée. « Depuis vraiment petit, c’est toujours ce que j’ai voulu faire le plus », se souvient le musicien aujourd’hui âgé de 26 ans.
Après un passage par Toulouse, Renan Luce part à la conquête de Paris. Pendant un an, il interprète ses chansons tous les dimanches dans un petit théâtre à Paris. Un directeur artistique de chez Barclay/Universal l’y repère. « Repenti » sera le fruit de leur collaboration.
C’est la première balise d’une carrière qu’on souhaite aussi riche à Renan Luce que fut celle de ses modèles : Brassens, Brel et Nougaro.

Frédéric Jambon

Site officiel : http://renanluce.artistes.universalmusic.fr

Pierrick Pedron. "Deep in a dream"

                                        

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JAZZ

(NOCTURNE)

 

Sur les photos de la pochette, le musicien regarde avec humilité son alto avec l’air de lui dire « merci, mon ami fidèle, je te dois tant ». De fait, d’un souffle presque magique, le bon génie enfermé dans ce saxophone en forme de lampe merveilleuse a transporté le Briochin de l’autre côté de l’Atlantique. A New-York, un rêve bercé de mélodies d’Irvin Berlin et Rodgers and Hart l’attendait : deux jours d’enregistrement avec deux pointures américaines du jazz, le batteur
Lewis Nash et le pianiste Mulgrew Miller, ainsi que le contrebassiste Thomas Bramerie. Il en résulte un distillat de swing, de l’essence de feeling velouté, un concentré de partage et de connivence qui donnent le sentiment que ce quartet écume les clubs depuis des lustres. « Deep in a dream », disque magnifiquement produit, confirme la place nullement usurpée de Pierrick Pedron dans le très haut de gamme.
Jean-Luc Germain

ALBUM COUP DE COEUR 2006

 

Coup de coeur de Franck Geiswiller, directeur de Paroles & Musique à Vannes

« C’est tout ce que j’aime dans le jazz : un mélange de standards et de compositions. Pierrick Pédron appartient à cette nouvelle génération de jazzmen qui sont à la hauteur des Américains. Il a un phrasé extraordinaire, élégant, à la fois chaud et sensible, fluide et fiévreux. Je pense qu’il compte parmi les vrais espoirs du jazz français ».

 

 

Site officiel : www.pierrickpedron.com

 

Plantec

medium_CDPLANTEC06.2.jpgMUSIQUE BRETONNE

 (NOROIT/COOP BREIZH)

eux ans après son excellent «Reverzhi», Plantec signe et persiste dans sa démarche «festnozhard».
Compositeurs de l’ensemble de ce CD sans autre nom que celui du groupe, les cinq musiciens - à savoir les frères Odran (bombarde) et Yannick Plantec (guitare), Nicolas Le Millier (biniou), Christophe Hellec (basse) et le dernier arrivé Marc Gauvin «M-Kanik» (programmations) - réalisent encore une judicieuse alchimie. Celle de l’essence traditionnelle de morceaux dansants (andro, laridés, plinn, valse, ronds, scottish...) et de leur habillage aux couleurs rock.
A danser donc (soyez en bonne condition physique !), mais aussi à écouter comme le titre «Tant d’aime» que ne renierait en rien un certain Yann Tiersen.
Un nouvel opus bien dans la lignée innovante d’un groupe aussi attachant dans ses sillons que sur les scènes des festoù-noz.
Gérard Classe 

ALBUM COUP DE COEUR 2006

 

Coup de coeur de Jean-Philippe Quignon (président du Festival des Vieilles Charrues)

« Avec les frères Plantec et leurs complices, les festoù-noz que l’on dit parfois moribonds s’inventent un avenir. On adhère totalement à leur palpitant mélange de musique celtique et d’électronique. Si son inspiration est solidement amarrée à la Bretagne, Plantec sait prendre le large avec une hardiesse et un enthousiasme qui nous font vibrer. Un joli tourbillon musical qui retient notre attention de bout en bout ».

 

Site officiel : www.plantec.new.fr

Calibistrixe. "There won't be dead flowers in paradize anymore"

medium_CDCALIBISTRIX06.jpgELECTRO-ROCK

(BOCAL MUSIC)

 

Les Quimpérois de Calibistrixe livrent un premier album d’électro-rock déjà  mature. Leurs influences revendiquées vont de Sonic Youth à Abstrackt Keal Agram en passant par Radiohead,  Nirvana ou encore Archive.
Elles sont bien assimilées.  Le quartet habille ses textes en anglais de guitares et de machines. Il développe des atmosphères en clair-obscur, planantes et énergiques. Et si les textes s’interrogent sur le sens de la vie, ils demeurent porteurs d’espoir.

Frédéric Jambon

ALBUM COUP DE COEUR 2006

 

Coup de coeur de Patrice Le Berre (Le Télégramme)

«Intrigant, incisif, le premier album de ce jeune groupe d’électro-pop constitue une carte de visite singulièrement séduisante. Les compos, baignées d’éclairs rageurs et de lignes mélodiques lumineuses, surprennent par leur maturité et leur fluidité. Les influences sont évidentes mais bien digérées et jamais trop envahissantes. Avec autant de rares qualités en main, Calibistrixe semble promis à jouer rapidement des coudes en première division de la scène rock régionale ».

 

 

 

Site officiel : www.calibistrixe.com

 

Ensemble Matheus. "Griselda"

OPERA 

(NAIVE)

 

ALBUM COUP DE COEUR 2006

 

Coup de coeur d'Yvon Jézéquel, directeur de Dialogues Musiques à Brest

« Depuis le début, l’Ensemble Matheus crée quelque chose d’inédit dans le classique, invente une nouvelle façon de jouer Vivaldi. Pour ce triple album, l’orchestre brestois a fédéré une équipe de chanteurs fabuleuse. Les arias procurent une émotion absolue, l’énergie et le plaisir de jouer sont communicatifs. Cette production s’avère très aboutie, très mature. C’est vraiment du grand Matheus ».

 

medium_pochette_griselda.2.jpgNouvelle première mondiale pour l’Ensemble Matheus. La formation brestoise vient de sortir un triple CD de l’intégrale de l’opéra d’Antonio Vivaldi, « Griselda ». Une fois encore, la critique internationale applaudit à tout rompre. Entretien avec Jean-Christophe Spinosi, l’incandescent chef d’un orchestre que le monde des mélomanes nous envie.



A peine sortie, votre version discographique de l’opéra de Vivaldi « Griselda » concentre les honneurs de la critique. Qu’est-ce qui lui plaît tant chez vous ?

Je préfèrerais que ce soit elle qui réponde. Mais dans ce qu’on peut lire, on note qu’elle apprécie le travail très important de recherche qu’on effectue avant d’enregistrer une oeuvre ainsi que l’interprétation personnelle et l’investissement émotionnel qu’on y met. Ce qui revient  régulièrement dans les commentaires, c’est le mélange à la fois scientifique et intuitif qui caractérise notre travail. Il est présenté comme de la mécanique de très grande précision, mais pas de la froide mécanique.

En quoi « Griselda » diffère des deux autres opéras de Vivaldi que vous avez déjà enregistrés ?

Le premier, « La verita in cimento », écrit en 1720, était une oeuvre de jeunesse, même si elle est très achevée. C’est un opéra spectaculaire où la musique instrumentale tient un rôle de protagoniste. « Orlando Furioso » a été créé en 1727. Vivaldi y a développé son sujet préféré, l’histoire d’un chevalier très puissant trahi par son amoureuse et qui va sombrer dans le désespoir et la folie totale. Pour suivre les divagations psychologiques du héros, il a fait exploser toutes les conventions de l’époque. On peut dire qu’il s’est complètement lâché pour montrer comment lui voyait l’opéra. Le résultat est génial. Seulement à sa création, l’oeuvre n’a pas remporté de succès. Du coup, Vivaldi est revenu à la forme en vogue, celle de l’opéra napolitain. Mais si « Griselda », en 1735, suit ces codes de l’opéra napolitain, le compositeur le fait sans jamais baisser sa culotte. C’est comme s’il jouait à toiser la mode en prenant le parti de multiplier les airs très virtuoses,faisant alors encore mieux et plus dingue que ses contemporains.

Vous avez confié le rôle-titre de « Griselda » à la contralto canadienne Marie-Nicole Lemieux, qu’« Orlando Furioso » avait révélée à l’échelle internationale. Devient-elle une vraie Matheus ?

Si l’on veut ! C’est vrai qu’avec Marie-Nicole, mais aussi le contre-ténor Philippe Jaroussky (comme d’ailleurs les autres chanteurs lyriques), on arrive à former une vraie équipe. L’Ensemble Matheus a lancé ces deux solistes dans le grand bain et on est vraiment très fier d’avoir pu contribuer à leur reconnaissance sur les grandes scènes.

Vous avez obtenu la Victoire du meilleur album de  musique classique avec « Orlando Furioso ». Quel i mpact cela a-t-il eu en terme de vente de disques et de dates de concerts ?

L’impact a été formidable. Je ne connais pas les chiffres exacts parce qu’on a vendu aussi beaucoup de disques à l’étranger, mais le total s’élève à plusieurs dizaines de milliers. Outre la Victoire, le disque a obtenu beaucoup de récompenses : son équivalent allemand, des prix importants en Espagne, en Belgique, en Angleterre, aux Etats-Unis... Et pour ce qui est des concerts, on est obligé d’en refuser sans cesse.

Les jeunes générations semblent encore réfractaires à la musique classique : que faire ?

Il ne faut pas laisser le carcan de la présentation bouffer le contenu. Nous, nous essayons d’être simples dans notre attitude scénique et dans notre interprétation : que la musique vive ! Et on a constaté en dix ans un important renouvellement du public qui vient à nos concerts. Il a beaucoup rajeuni. Je pense que les gens sentent que tous les projets qu’on entreprend nous tiennent vraiment à coeur : on ne fera jamais de l’alimentaire. Bientôt, on jouera à Suresnes avec Herwann Asseh, le chorégraphe de hip hop avec qui on collabore régulièrement. On présentera « Expérience 4 » à cette manifestation qui est un peu l’équivalent du Festival de Bayreuth en matière de danse de rue ! L’année dernière, quand on avait joué le spectacle au Quartz de Brest, de jeunes rappeurs venus spécialement pour Herwann Asseh m’avaient dit à la fin : « Je croyais que tu faisais de la musique de grand-mère, mais c’est trop bien ! ».


Propos recueillis par Frédéric Jambon


 


Mon Automatique. "Un autre cortège"

medium_CDMONAUTOMAT06.jpg ELECTRO-ROCK

(AUTOPRODUCTION)

Eux-mêmes définissent leur musique comme étant de l’« électro rock combat » sans qu’on y trouve à redire. Jean-Marc Le Droff (guitare, machines) et David Jestin (chant déclamatoire en français) ont fondé Mon Automatique fin 2002 à Brest. Depuis, le duo impose la force tendue de son univers original, surréaliste et inquiet. Les mots décollent d’une rampe de lancement balançant entre élans punk et sonorités bruitistes. Neuf textes engagés et ciselés forment « Un autre cortège ». Ils s’intitulent « Et moi je rigole », « Extranimal », « Demain sera jour de fête »...
Frédéric Jambon

 

ALBUM COUP DE COEUR 2006

 

Coup de coeur de Bruno Parage (lecteur de Guipavas)

« Le disque est cohérent entre la pochette au design style Bilal et la musique électro-rock à la fois mélodique, lourde et prenante. Les textes sont à l’image de la musique. Je pense qu’il y a peu de groupes de cet acabit en France ».
 

 

Site officiel : www.monautomatique.com

 

Trévidy. "Les confessions d'un con"

medium_CD_trevidy.jpgCHANSON CONTESTATAIRE

(LAURE PRODUCTION/AVEL OUEST)

 

ans la lignée des chanteurs engagés tels Ferré, Ferrat, Brel ou Brassens, le troubadour bigouden Olivier Trévidy sculpte le verbe et les mots pour tailler le portrait de la société. Quatre ans après « Et si un jour », il sort un second opus, « Les confessions d'un con ». Quatorze titres colorent cet album à la fois contestataire et plein d'amour, sur lequel il reprend avec Gilles Servat « Les talus de bruyère » devenus « Kleuzioù brug ».

 

 

ALBUM COUP DE COEUR 2006

Coup de coeur de Frédéric Duprez (lecteur de Quimper)

« Dès que j’ai écouté cet album, son style m’a plu. J’ai senti une force, un engagement dans les textes. Cela m’a fait penser à "Laisse béton" de Renaud. Trévidy chante pour des causes justes, je suivrai pas à pas son parcours ».

 

Site officiel : www.trevidy.fr

 

Urban Trad. "Elem"

medium_Cd_Urban.jpgTRAD-WORLD

(MERCURY/COOP BREIZH)

 

Déjà disque d'or dans plusieurs pays européens, cet album balaye avec une aisance stupéfiante tous les cloisonnements musicaux. Ce n'est pas le premier groupe à s'y essayer, mais rares sont les musiciens traditionnels de différentes nationalités qui s'unissent et maîtrisent à ce point une telle diversité de styles, dynamisés par une puissante rythmique drum'n bass, poussant le vice jusqu'à nous faire un rap bien charpenté (« De l'air ») et un titre divinement jubilatoire pour night-club branché (« Vodka time »), le tout avec le même bonheur ! Véritable éponge, Urban Trad s'imbibe joyeusement de tout ce qui se fait de mieux en matière de musique festive et en fait une improbable et flamboyante synthèse. On remarque sur plusieurs titres l'évidente influence du groupe écossais Shooglenifty, sur d'autres celle du groupe breton Den, de l'Irlandais Davy Spillane, des Galiciens Carlos Nuñez, Celtas Cortos, etc. Les messages délivrés dans les chansons sont en français, espagnol, galicien et néerlandais. Dans cette Europe inquiète qui se cherche, voilà donc une super bouffée d'espoir avec cette jeunesse rayonnante, ouverte et talentueuse, qui s'affiche, avant toute chose, éprise de liberté et de plaisir de communiquer dans un monde en devenir où racines et modernité fusionnent leurs richesses.
Michel Baron

ALBUM COUP DE COEUR 2006

Coup de coeur d'Euriell Le Berre (lectrice de Rouen)

« Cet album est une bonne surprise pour moi. Il mêle esprit traditionnel et arrangements modernes. C’est vraiment original par rapport à d’autres atmosphères traditionnelles. J’ai aussi beaucoup apprécié le mélange des langues. Je ne me lasse pas de l’écouter ».

Site officiel : www.urbantrad.com

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