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07.02.2007
Red Cardell. "Naître"
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ETHNO ROCK CHANSON
(KELTIA MUSIQUE)
Après deux live rapprochés, le nouveau bébé de Red Cardell est un « pré-mature-live » du bal-spectacle, dans le désordre et sans les images. Mais « Naître » est d'abord et surtout un virage pour le groupe. Et moins par le concept que par l'ouverture sur de nouveaux - et grands - espaces : ceux que dévoilent les choeurs « balkaniques » ou orientaux - non, non, Penfleps n'est pas mort... -, la fusion magique entre les voix ukrainiennes et celle de Louise Ebrel, des cuivres chaleureux, le talentueux touche-à-tout instrumentiste Pierre Sangra, des scratchs incisifs et, plus lumineux que jamais, un accordéon-caméléon multiculturel (Europe de l'Est, Bretagne, Argentine, Maghreb...). Autant de moyens pour éclairer des morceaux unis dans la diversité des styles (rock, rap, valse, kazaktchok, techno-world...), et pour en sublimer certains (« Coeur léger », « Poitou », « Là où je vais »). Si l'on savait déjà que Jean-Pierre Riou, dont « Voir » magnifie l'émotion à fleur de peau, et Jean-Michel Moal - le silence qui suit « Le sable » est encore de lui - avaient besoin l'un de l'autre pour se révéler, on sait aussi maintenant que Red Cardell avait besoin de Manu Masko pour être mis aux - nouveaux - mondes. Re- « naître » et devenir grand.
Pascal Cabioch
ALBUM LAUREAT DU GRAND PRIX DU DISQUE DU TELEGRAMME 2006
RED CARDELL : "CA DONNE LA PECHE !"
«Recevoir le Grand Prix du Disque du Télégramme, c’est valorisant, on en est très fier. La première chose qu’on s’est dite en apprenant qu’on était les lauréats, ça a été : ça donne la pêche ! ». Juste retour des choses puisque donner une pêche d’enfer à son public est l’une des caractéristiques du trio breton. Et cela dure depuis quinze ans.
Le mélange d’ethno-rock-chanson française propre à Red Cardell fait mouche à tout coup. Le Locquirécois Jean-Pierre Riou (chant, guitare, bombarde), le Quimpérois Jean-Michel Moal (accordéon chromatique et MIDI) et le Niortais Manu Masko (batterie, programmations) en sont à leur troisième participation au Grand Prix du Disque du Télégramme. A chaque fois, ils ont fait chavirer le jury. En 2004, il lui a décerné un coup de cœur pour l’album « Sans fard », puis un autre l’année suivante pour le live « Bal à l’Ouest ». L’obtention du Grand Prix apparaît comme un aboutissement logique.
Indépendance
La satisfaction des membres de Red Cardell est d’autant plus légitime qu’ils ont conçu « Naître » à 100 %. En plus de l’écriture et de la composition des morceaux, ils ont réalisé seuls la production, l’enregistrement et le mixage de cet album paru sous licence chez Keltia Musique.
Est-ce le signe d’une farouche volonté d’indépendance ? « Le choix nous a été un petit peu imposé par un marché où il est de plus en plus difficile de trouver une production », constate Jean-Pierre Riou. « Au-delà de l’idée d’indépendance qui relève d’un concept plus philosophique, nous avons conçu un système garantissant la pérennité du groupe. Le principe, c’est de créer l’actualité en sortant un album tous les ans. Cela permet de maintenir vivant tout un réseau de gens qui s’intéressent à notre travail ».
1.500 concerts
Depuis sa création en 1992, Red Cardell (la traduction de ce nom anglo-breton est « Fumier Rouge ») a conquis son public sur scène grâce à des prestations rayonnant d’énergie et de créativité. Avec 1.500 concerts au compteur, le groupe a fidélisé des inconditionnels en Bretagne, dans toute la France, à l’étranger également. Ainsi, en 2006, le trio s’est produit en Allemagne, en Suisse et en Ukraine. Une véritable histoire d’amour semble lier Red Cardell à l’ancienne république soviétique. Tout a commencé par l’invitation qu’un groupe ukrainien rencontré à Douarnenez 2004 a lancée aux Bretons. Ils ont alors participé à un festival à Kiev devant 30.000 personnes conquises. Depuis, ils retournent régulièrement jouer dans ce pays où les médias les suivent de près.
Toujours gourmand de nouveaux métissages, Red Cardell a intégré une parcelle d’Ukraine dans « Naître », et pas seulement sur la pochette qu’illustre une jeune fille en habit traditionnel.
Le groupe projette de tourner cet été dans les festivals français avec des musiciens ukrainiens présents sur l’album.
L’année 2007 sera décidément un grand cru. Pour fêter ses quinze ans d’existence, Red Cardell sortira son dixième album en compagnie d’invités avec lesquels des sympathies se sont nouées au fil du temps. Marcel Azzola, Dan Ar Braz, Stéphane Mellino des Négresses Vertes, Gérard Blanchard en seraient... Mais c’est déjà une autre histoire.
Frédéric Jambon
INTERVIEW DE RED CARDELL
" NOTRE FORCE, C'EST D'ETRE UN GROUPE DE SCENE "
Red Cardell a le don d’intégrer toutes sortes d’influences sans jamais y perdre son âme. Dressé depuis longtemps, le constat n’a jamais été aussi vrai qu’avec « Naître ». Jean-Pierre Riou revient sur l’histoire de ce disque magistral.
Comment est né « Naître » ?
C’est l’album-studio du spectacle « Red Cardell fait son bal », même si les morceaux ne sont pas présentés dans le même ordre. On a pu l’élaborer à Quimper grâce à la confiance du Théâtre de Cornouaille. Pendant un an et demi, on s’y est retrouvé à raison de trois ou quatre jours de répés par mois. On y a créé et enregistré tous les titres. C’est là aussi que j’ai écrit les textes.
Quel est le thème du spectacle et de l’album ?
La transmission. On s’est dit que ce serait bien de bâtir une histoire et on a choisi d’illustrer la vie d’un individu, depuis le moment où il est dans le ventre maternel jusqu’à celui où lui-même devient parent. L’idée a permis de cadrer les thèmes des chansons ainsi que l’évolution du spectacle.
La transmission renvoie également à toutes les influences musicales qui nourrissent les trois membres de Red Cardell. Nos goûts à chacun, notre façon d’interpréter, sont aussi le résultat de ce qui nous a été légué. L’identité du groupe résulte de notre manière de réunir toutes ces influences en nous mettant d’accord sur les couleurs, les sons, les productions.
Ukrainiennes, bretonnes, rock, hip hop, africaines... : les influences à l’intérieur de « Naître » sont multiples. Comment procédez-vous pour créer un morceau ?
La grande force de Red Cardell, c’est d’être un groupe de scène dont les membres jouent ensemble depuis très longtemps. On sait que sur trois jours de répés, on aura toujours la faculté de sortir des nouveaux titres parce qu’ils s’appuient sur le travail effectué en concert et pendant les balances qui les précèdent. Quand une balance marche bien, on règle notre son de scène en dix minutes. Et comme une séance dure une heure et quart, on en profite alors pour tenter de nouvelles expériences. Manu envoie un sample qu’on n’a encore jamais entendu et on commence à tricoter dessus. Cela va donner une idée de mélodie à Jean-Michel et on va bosser dessus pendant une demi-heure. Du coup, lorsqu’on se retrouvera plus tard en répétition, on pourra s’appuyer sur ces bases-là.
Quelle est l’histoire de « Poitou », le morceau réjouissant qui ouvre l’album ?
Le point de départ est une trouvaille de Manu au Cerdo de Parthenay, qui est l’équivalent en Poitou de Dastum en Bretagne. Comme on faisait un travail sur la transmission, on a essayé de trouver des choses dans ces lieux de mémoire. Manu est tombé sur le sample d’un paysan nommé Léonce Létang, enregistré en 1972 par un collecteur. Léonce chante à son cheval. Il lui interprète un chant de labour où l’on ne sait pas trop s’il crie, parle ou chante. On entend bien une harmonie dans sa voix, alors on a commencé à bœufer dessus. On a ensuite essayé de mélanger ça à un plinn, puis d’y ajouter un riff un peu groove. Cela fonctionnait et a suggéré à Jean-Michel une autre mélodie. Il l’a travaillée de son côté et quand il nous en a montré la grille on s’est tous dit, bien sûr, évidemment, c’est ça !
Vous n’aviez jamais fait appel à des invités dans vos précédents albums. Sur « Naître », ils sont 14 ! Pourquoi ?
Le premier invité a été Pierre Sangra, qui joue souvent avec Thomas Fersen. Nous souhaitions qu’il nous apporte les couleurs de ses violon, ukulélé, mandoline et oud sur plusieurs morceaux.
Par ailleurs, nos voyages en Ukraine nous ont donné l’amour des musiques de ce pays, et tout particulièrement de ses chœurs. Ils arrangent les voix d’une façon très particulière. On a eu envie d’en intégrer à l’album. On a demandé à notre ami ukrainien Oleg, le chanteur du groupe Vopli Vidopliassova, de nous aiguiller vers des musiciens. Il nous a présenté des virtuoses de la trompette, du violon, du cymbalum ainsi que le groupe de chanteuses qui intervient sur « Naître ». Nous avons demandé aux filles d’interpréter un morceau en breton.
Les enregistrements ont été effectués à Kiev. A notre retour en Bretagne, on a proposé à Louise Ebrel, fille et nièce des sœurs Goadec, de chanter dessus. Elle a accepté et le résultat était hyper-magique ! Alors on s’est dit que ce serait bien de solliciter Farid Aït Siameur pour qu’il vienne poser des vocalises de chant arabo-andalou...
Quel accueil les Ukrainiens réservent-ils à votre musique ?
Fantastique ! Le public des gros festivals où nous avons joué, et où nous étions d’ailleurs le seul groupe d’Europe de l’Ouest à l’affiche, s’est montré enthousiaste. Il découvre les musiques du monde. Par exemple, il ne connaissait pas la musique maghrébine. La richesse mélodique de la musique bretonne ou le son de la bombarde lui plaisent énormément. Les Ukrainiens aiment l’idée du mélange. Et comme on intègre beaucoup de chanson française dans la musique de Red Cardell, voilà encore un aspect différent qui les séduit.
Etes-vous médiatisés dans ce pays ?
On passe à la télé, nos concerts sont retransmis... C’est étrange parce qu’en France, ça fait quinze ans qu’on a beaucoup de mal à avoir accès aux médias nationaux alors que là-bas, en seulement deux ans, on bénéficie d’une belle reconnaissance.
F.J.
COMMENTAIRE DE YANN TIERSEN : "UN VRAI SENS DE L'OUVERTURE"
Le lauréat du Grand Prix du Disque du Télégramme se voit proposer la présidence de l’édition suivante. Comme ses prédécesseurs Denez Prigent et Christophe Miossec, Yann Tiersen a accepté le rôle. Et c’est un président heureux qui a entériné la victoire de l’album « Naître » de Red Cardell.
« Je trouve ça génial que le prix revienne à un groupe qui tourne depuis très longtemps et a déjà enregistré plein d’albums, s’enthousiasme Yann Tiersen. Surtout que dans "Naître", notamment par ses échanges avec des musiciens ukrainiens, Red Cardell témoigne encore d’un vrai sens de l’ouverture. Sa victoire me fait vachement plaisir ».
Les musiciens de Red Cardell ont accepté de devenir les présidents du cinquième Grand Prix du Disque du Télégramme qui consacrera le meilleur album possédant un lien avec la Bretagne sorti en 2007.
Site officiel : www.redcardell.com
23:10 Publié dans Edition 2006 | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rock, rap, valse, kazaktchok, techno-world, grand prix du disque, fusion
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Commentaires
Les Red Cardell ont toujours su se renouveller et prendre des risques, et avec succés à chaque fois !
Un grand groupe !
Ecrit par : Gaël | 07.12.2006
REALISER UN CLIP DE RED CARDELL
Les lauréats 2006 du Grand Prix du Disque du Télégramme soumettent la proposition suivante aux amateurs d'excellente musique et de vidéo :
"Tu veux réaliser l' un des clips de Red Cardell, et voir ta vidéo sur la nouvelle version cd/dvd de leur album "Naître"?
Ben rien de plus simple. Tu choisis et télécharges un des 3 titres suivants :
"POITOU" / "GARE DE GUER" / "Remix- LA FETE AU VILLAGE" ( clic droit, enregistrer la cible sous )
Tu filmes, réalises et montes le tout, puis l' envoies sur le compte spécial créé sur "youtube". Pour obtenir les pass d'accès, et autres questions, envoie un mail à concoursclipredcardell@yahoo.fr
Les sélectionnés seront ensuite soumis à l' impitoyable "vote du public".
Les gagnants auront leur film sur la ré-édition collector de l'album et sûrement quelques surprises en plus ...
Tu as jusqu'au 10 septembre.
Concours A L'Aise Breizh / RED CARDELL "
+ d'infos : www.redcardell.com
Ecrit par : Sorties | 18.07.2007







